Pluton juillet 2015 : premiers clichés historiques

Promesse tenue par la NASA. Les ingénieurs de l’agence spatiale américaine ont rendu publiques les premières photos de la planète naine Pluton et de ses satellites. Une extraordinaire performance que l’on doit au passage éclair de la sonde New Horizons dans son voisinage.

 

Nos yeux se posent pour la première fois dans l’histoire de l’humanité sur le sol de Pluton

Le survol au plus près de la planète la plus éloignée du système solaire s’est joué ce mardi 14 juillet à 13h49 heure française. New Horizons a littéralement mitraillé l’environnement du système plutonien : 22 heures de clichés et de récolte de données scientifiques. Tout cela va arriver sur Terre durant les prochains mois, au compte-goutte…

En attendant les vues haute définition, la NASA nous offre ces quelques photos splendides et pleines de promesses. Ci-dessous, Pluton au plus près.

Premier zoom sur Pluton (crédit : NASA)

Premier zoom sur Pluton (crédit : NASA)

Des montagnes et des pics de 3500 mètres d’altitude. Pas ou peu de cratères, donc une région géologiquement active. Et des montagnes jeunes : moins de 100 millions d’années, les plus jeunes du système solaire. Selon les experts de la NASA, Pluton évoluant dans un contexte glacial (plus de 200 degrés en dessous de zéro) , ces montagnes et pics sont probablement composés de glace d’eau, ressemblant à s’y méprendre à de la pierre.

Une planète avec un coeur

Regardez ci-dessous ce premier cliché global de Pluton.( la partie encadrée correspond à la photo ci-dessus )

Pluton - premier cliché (crédit:NASA)

Pluton – premier cliché (crédit:NASA)

Ce qui est frappant à première vue, c’est cette couleur claire en forme de cœur. L’équipe de New Horizons veut la baptiser Tombaugh. Du nom de Clyde William Tombaugh, l’astronome américain qui fait partie du voyage : ces cendres sont dans la sonde. Tombaugh avait découvert Pluton en 1930… ceci expliquant cela.

L’étonnante Charon

Le plus gros satellite de Pluton, c’est Charon. Et voici sa première photo ci-dessous. Là aussi, beaucoup d’émotion : nos yeux d’humains s’y posent pour la toute première fois.

charon - première photo (crédit:NASA)

charon – première photo (crédit:NASA)

Falaises et crevasses constituent cet astre de 1200 mètres de diamètre, formé notamment de glace d’eau. En haut à droite, un immense canyon a une profondeur estimée de 7 à 9 km. La rareté des cratères laisse supposer l’existence d’une activité géologique.

Un autre satellite, Hydre, a également été photographié, mais l’image est imprécise pour l’instant. Pluton possède aussi trois autres lunes récemment baptisées Nyx, Cerbère, et Styx (voir l’un de mes articles précédents plus bas dans ce blog).

Dans les prochaines semaines, d’autres clichés et données scientifiques viendront nous l’espérons, compléter ces images historiques. Merci la NASA, on peut rêver de nouveau.

Objectif Pluton

Pluton a été découverte en 1930. Cette planète naine de 2300 km de diamètre possède une atmosphère formée d’azote, et est composée principalement de roches et de glace. Elle met près de 248 ans à faire le tour du soleil. Très lointaine, elle ne se prêtait que très peu à l’observation jusqu’à présent. Lancé il y a 9 ans par la Nasa, et après un voyage de 5 milliards de km, le petit vaisseau New Horizons va frôler Pluton dans les prochains jours…

vue d'artiste

vue d’artiste

C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que l’ultime planète connue de notre système solaire – rétrogradée depuis peu au rang de planète naine – va recevoir de la visite. C’est dire si l’évènement est attendu et suivi par les passionnés. D’autant que les dernières images retransmises le 2 juillet sont pleines de promesses ! On y voit notamment une série de taches sombres de 480 km de diamètre chacune, et qui sont espacées de façon régulière. Ces taches sont pour l’instant une véritable énigme. photo ci-dessous.

pluton

Pluton peut ainsi alimenter tous les rêves. Lointaine, mystérieuse, jamais observée. Nous allons en savoir beaucoup plus sur elle et sur ses 5 satellites. Le survol au plus près est prévu pour le 14 juillet 2015 : New Horizons, lancé à la vitesse affolante de 49 600 kmh, sera ce jour-là , à seulement à 12 500 km de Pluton… le vaisseau déclenchera alors ses sept instruments, notamment deux caméras à haute résolution. Rendez-vous sur ce blog pour les photos.

Une Déesse et un chien aux confins du système solaire

Grâce au téléscope spatial Hubble, notre vision de l’univers a connu un bond spectaculaire. On parle beaucoup de formations lointaines – d’exoplanètes notamment – mais plus près de nous, l’œil de Hubble a permis de dénicher de nouveaux cailloux.

Pluton, vue d'artiste

Pluton, vue d’artiste

La famille de Pluton s’est ainsi agrandie

Pluton, c’était l’ultime planète connue de notre système solaire, la « 9ème ». Planète tellurique de 2300 km seulement – située après la géante Neptune – et découverte en 1930 puis finalement reléguée en 2006 au rang de « planète naine » par le nouveau classement de l’UAI, l’union astronomique internationale. Donc déclassée de son rang de 9ème planète.

Pluton avait récemment encore, un seul satellite connu : Charon, découvert en 1978.

Depuis, l’œil de Hubble est passé par là, résultat : 2 nouveaux satellites de Pluton furent aperçus dès 2005, baptisés Nix et Hydra. Puis en 2011 et 2012, 2 nouvelles lunes encore !  Depuis leur découverte, elles n’avaient pas de nom, et portaient les étiquettes P4 et P5.

Alors un concours a été ouvert au siège de l’UAI à Paris, et deux noms ont été retenus : P4 et P5 sont devenus officiellement Kerberos et Styx, vient d’annoncer l’Union Astronomique Internationale.

Kerberos 

Le satellite Kerberos a un diamètre estimé de 13 à 34 km. Il se trouve entre les orbites de Nix et d’Hydra. Kerberos veut dire Cerbère en grec. Dans la mythologie antique, c’est le chien aux têtes multiples qui gardait la porte des Enfers, domaine du dieu Pluton.

Le Cerbère... prévoyez 3 colliers !

Le Cerbère… prévoyez 3 colliers !

Styx

Le satellite Styx mesurerait  10 à 25 km et aurait une forme patatoïde selon les astronomes. Il se trouve entre les orbites de Charon et de Nix.  Dans la mythologie, Styx est une déesse personnifiant la rivière Styx, censée séparer le monde terrestre des Enfers.

La traversée du Styx (Gustave Doré, 1861)

La traversée du Styx (Gustave Doré, 1861)

Conclusion : une déesse et un chien gardent les accès de notre système solaire !

Voyager 1 flirte avec l’infini

Elle a été lancée il y a 35 ans, le 5 septembre 1977.

La sonde américaine Voyager 1 est désormais à plus de 18 milliards de km de la Terre. La Nasa vient d’annoncer que Voyager 1 est sur le point de quitter notre système solaire. La sonde devrait se retrouver dans « quelques jours, quelques mois ou quelques années », dans l’espace intersidéral.  Une information qui est d’une imprécision astronomique mais qui nous rappelle que l’échelle de grandeur spatiale n’est pas semblable à la notion de temps et d’espace que nous connaissons sur notre Terre.

Bref, Voyager 1 est déjà  ailleurs … dans un Espace inconnu et totalement inexploré. Cet Espace porte un nom : l’héliogaine qui précède l’héliopause. Il s’agit d’une région de transition entre notre système solaire et l’espace intersidéral. En gros, la sonde américaine est en train de sortir à tout jamais de la zone d’influence du soleil et du vent solaire, pour entrer dans le gaz interstellaire ou galactique, le même à partir duquel se forment les étoiles.

Vue d’artiste (crédit: NASA)

Etonnant voyage que celui de Voyager 1,  et celui de Voyager 2, autre sonde lancée à un mois d’intervalle, également en 1977, sur une autre trajectoire.

Ces 2 sondes ont embarqué des données, sortes de « bouteilles à la mer intersidérales »…  2 disques appelés « Voyager Golden Record ». Ils contiennent des images et des sons représentatifs de l’histoire de notre monde : un graphique positionnant la Terre dans l’Espace, une photo de fœtus, une structure de l’ADN, des cris d’animaux, de la musique… des messages également dans  55 langues.

La sonde et ses « disques »

Pour l’instant, la NASA maintient le contact avec ses deux engins qui continuent à collecter et à transmettre des données aussi précieuses que lointaines. Les ingénieurs espèrent pouvoir maintenir ce lien avec l’infini pendant encore une dizaine d’années…

Ensuite, les sondes poursuivront seules leur voyage…

Ça colle le vertige. Non ?
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