Une Déesse et un chien aux confins du système solaire

Grâce au téléscope spatial Hubble, notre vision de l’univers a connu un bond spectaculaire. On parle beaucoup de formations lointaines – d’exoplanètes notamment – mais plus près de nous, l’œil de Hubble a permis de dénicher de nouveaux cailloux.

Pluton, vue d'artiste

Pluton, vue d’artiste

La famille de Pluton s’est ainsi agrandie

Pluton, c’était l’ultime planète connue de notre système solaire, la « 9ème ». Planète tellurique de 2300 km seulement – située après la géante Neptune – et découverte en 1930 puis finalement reléguée en 2006 au rang de « planète naine » par le nouveau classement de l’UAI, l’union astronomique internationale. Donc déclassée de son rang de 9ème planète.

Pluton avait récemment encore, un seul satellite connu : Charon, découvert en 1978.

Depuis, l’œil de Hubble est passé par là, résultat : 2 nouveaux satellites de Pluton furent aperçus dès 2005, baptisés Nix et Hydra. Puis en 2011 et 2012, 2 nouvelles lunes encore !  Depuis leur découverte, elles n’avaient pas de nom, et portaient les étiquettes P4 et P5.

Alors un concours a été ouvert au siège de l’UAI à Paris, et deux noms ont été retenus : P4 et P5 sont devenus officiellement Kerberos et Styx, vient d’annoncer l’Union Astronomique Internationale.

Kerberos 

Le satellite Kerberos a un diamètre estimé de 13 à 34 km. Il se trouve entre les orbites de Nix et d’Hydra. Kerberos veut dire Cerbère en grec. Dans la mythologie antique, c’est le chien aux têtes multiples qui gardait la porte des Enfers, domaine du dieu Pluton.

Le Cerbère... prévoyez 3 colliers !

Le Cerbère… prévoyez 3 colliers !

Styx

Le satellite Styx mesurerait  10 à 25 km et aurait une forme patatoïde selon les astronomes. Il se trouve entre les orbites de Charon et de Nix.  Dans la mythologie, Styx est une déesse personnifiant la rivière Styx, censée séparer le monde terrestre des Enfers.

La traversée du Styx (Gustave Doré, 1861)

La traversée du Styx (Gustave Doré, 1861)

Conclusion : une déesse et un chien gardent les accès de notre système solaire !

Publicités

Voyager 1 flirte avec l’infini

Elle a été lancée il y a 35 ans, le 5 septembre 1977.

La sonde américaine Voyager 1 est désormais à plus de 18 milliards de km de la Terre. La Nasa vient d’annoncer que Voyager 1 est sur le point de quitter notre système solaire. La sonde devrait se retrouver dans « quelques jours, quelques mois ou quelques années », dans l’espace intersidéral.  Une information qui est d’une imprécision astronomique mais qui nous rappelle que l’échelle de grandeur spatiale n’est pas semblable à la notion de temps et d’espace que nous connaissons sur notre Terre.

Bref, Voyager 1 est déjà  ailleurs … dans un Espace inconnu et totalement inexploré. Cet Espace porte un nom : l’héliogaine qui précède l’héliopause. Il s’agit d’une région de transition entre notre système solaire et l’espace intersidéral. En gros, la sonde américaine est en train de sortir à tout jamais de la zone d’influence du soleil et du vent solaire, pour entrer dans le gaz interstellaire ou galactique, le même à partir duquel se forment les étoiles.

Vue d’artiste (crédit: NASA)

Etonnant voyage que celui de Voyager 1,  et celui de Voyager 2, autre sonde lancée à un mois d’intervalle, également en 1977, sur une autre trajectoire.

Ces 2 sondes ont embarqué des données, sortes de « bouteilles à la mer intersidérales »…  2 disques appelés « Voyager Golden Record ». Ils contiennent des images et des sons représentatifs de l’histoire de notre monde : un graphique positionnant la Terre dans l’Espace, une photo de fœtus, une structure de l’ADN, des cris d’animaux, de la musique… des messages également dans  55 langues.

La sonde et ses « disques »

Pour l’instant, la NASA maintient le contact avec ses deux engins qui continuent à collecter et à transmettre des données aussi précieuses que lointaines. Les ingénieurs espèrent pouvoir maintenir ce lien avec l’infini pendant encore une dizaine d’années…

Ensuite, les sondes poursuivront seules leur voyage…

Ça colle le vertige. Non ?
Me contacter, c’est ici.