Planète numéro 9. Info ou intox ?

 

On l’a déjà baptisée « 9ème planète », mais existe-t-elle vraiment ? La réponse : c’est très probable, voici pourquoi.

Les chercheurs américains Konstantin Batygin et Mike Brown du Caltech (Institut de technologie de Californie) ont annoncé qu’une 9ème planète pourrait se trouver dans la partie la plus éloignée du système solaire. Elle aurait une masse d’environ 10 fois celle de la Terre et serait extrêmement éloignée : environ 20 fois plus éloignée que Neptune ! Neptune qui évolue déjà à la distance honorable de 4 milliards et demi de km du soleil, en moyenne. Un endroit où on ne fêterait pas souvent le nouvel an : cette 9ème planète aurait une orbite elliptique et mettrait entre 10 000 et 20 000 ans pour faire le tour du soleil.

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La « neuvième » vue d’artiste (crédit: Caltech)

Chouette, donc. Une 9ème planète. Problème toutefois : elle n’a jamais été vue ! même pas par nos deux chercheurs découvreurs ! Alors comment savent-ils ?

Eh bien Konstantin Batygin et Mike Brown se sont servis de modèles mathématiques et de simulations par ordinateur. Ils ont étudié en fait l’évolution mystérieuse de corps célestes connus – objets glacés ou débris divers – dans cette zone largement inexplorée, car très éloignée de nous. Zone dans laquelle se trouvent plusieurs planètes naines connues : Pluton, Eris, Makémaké ou Hauméa.  La présence, notamment la force gravitationnelle de la supposée 9ème planète permettrait d’expliquer l’alignement de divers objets dans la ceinture de Kuiper, ou encore le comportement de certains astres comme Sedna. Sedna, une planète naine transneptunienne qui ne s’approche jamais très près de Neptune ce qui indique l’influence gravitationnelle d’une « autre planète ».

« Autre planète » qui serait la fameuse 9ème. Les astronomes peaufinent donc leurs simulations informatiques et invitent la communauté des astronomes à scruter le ciel à sa recherche.

Le modèle mathématique est sur la table, mais il nous manque la vue. En astronomie aussi, on ne croira que ce que l’on verra !

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L’eau coule sur Mars, la Nasa en est (presque) certaine.

Récemment, la Nasa annonçait que la quasi-moitié de l’hémisphère nord de Mars avait été autrefois un océan, atteignant des profondeurs de plus de 1,6 kilomètres. mais que la quasi-totalité de cet océan a été perdu dans l’espace. De l’eau il y en avait. Aujourd’hui rien de liquide en surface, à première vue…

Ce lundi 28 septembre 2015, conférence de presse à la NASA ! Elle met un terme à plusieurs jours de « buzz » sur l’internet. L’agence spatiale américaine annonce la présence très probable d’eau salée liquide à la surface de la planète rouge.

Mars vue d'artiste

Mars vue d’artiste

Plus précisément, les lignes qui entaillent les pentes de Mars pourraient être des ruisseaux de saumure, une solution aqueuse saturée en sel, condition préalable à la vie.

Des scientifiques américains et français ont fait cette découverte s’appuyant sur des images fournies par la NASA, notamment par le biais de la sonde américaine « Mars Reconnaissance Orbiter ». Ils y ont vu de supposés sels minéraux hydratés. Ceux-ci ont besoin d’eau pour leur formation.

Ces images détaillent des pentes de Mars pendant les saisons chaudes, qui s’allongent puis disparaissent quand les températures chutent. Des résultats qui suggèrent un lien entre les stries sur les pentes martiennes et l’écoulement de saumure liquide, estiment ces scientifiques.

Mars vue d'artiste

Mars vue d’artiste

En avril dernier déjà, d’autres scientifiques avaient rapporté que des perchlorates de calcium étaient présents sur la surface de Mars. Le perchlorate, un type de sel, est très absorbant et abaisse le point de congélation de l’eau de sorte qu’elle reste liquide à des températures plus froides.

Il y aurait donc probablement, aujourd’hui encore et c’est bien cela la nouveauté, de l’eau liquide sur la planète rouge, et cela en surface. Plouf.

Que penser de la découverte de Kepler-452b, planète sœur de la Terre ?

Ce jeudi 23 juillet 2015, la Nasa a donc annoncé en grande pompe la découverte de Kepler-452b.
Exoplanète en plusieurs points similaire à notre planète bleue. La découverte semble fantastique, mais l’agence spatiale américaine a surtout appris à maîtriser sa communication. Cette découverte – bien réelle – est à relativiser. Voici pourquoi.

Comparaison taille Terre/452b (crédit:Nasa)

Comparaison taille Terre/452b (crédit:Nasa)

D’abord, les faits

Les scientifiques de la NASA travaillent sur les analyses de données du satellite chercheur d’exoplanètes Kepler. L’engin détecte les chutes de luminosité d’étoiles et parvient ainsi à trouver des corps extrasolaires. Kepler est tombé en panne en mai 2013 mais les données collectées durant de longues années sont toujours en cours d’analyse, et c’est ainsi que les chercheurs sont tombés sur la dénommée 452b. Planète située à 1400 années-lumière de notre système solaire. Elle fait sa révolution autour de son soleil en 385 jours. Un soleil semblable au notre. Kepler 452b est à priori rocheuse et se trouve donc dans une zone « habitable » compatible notamment avec la présence d’eau sur sa surface. Compatible peut être avec la vie. Mais ni mer, ni lac, ni ruisseau, ni bactérie, ni homme vert ne peuvent être confirmés. On est dans la probabilité. Dans le domaine du possible compte tenu du système corps-étoile découvert.

Cependant Kepler-452b est une fois et demi plus grosse que la Terre, et son étoile et un milliard et demi d’années plus vieille que notre soleil. Son réchauffement a commencé et 452b doit subir actuellement des mutations climatiques majeures, peut-être même une « fin du monde ».

Ensuite, le contexte de cette découverte

La découverte de cette planète est tout ce que l’on veut… sauf une surprise. Depuis la découverte de la première exoplanète en 1995, leur nombre a littéralement explosé, avec les nouvelles techniques d’observation. Elles sont près de 2000 actuellement, et ça ne cesse d’augmenter. Il est donc assez logique de finir par tomber sur un système semblable au nôtre. Kepler 452b est présentée comme sœur de la Terre par la NASA, mais elle s’ajoute aussi à une douzaine d’exoplanètes « cousines » de la Terre, déjà connues.

Et les extra-terrestres dans tout ça ?

Il faut 1400 ans pour que la lumière de l’étoile de Kepler-452b nous parvienne. C’est-à-dire que l’étoile que l’on voit est celle qui existait en gros, en l’an 600 après JC… difficile avec cet éloignement d’établir une hypothétique forme de communication, du moins à l’échelle humaine. Bref. On n’est pas vraiment avancés.

Ce qui a fondamentalement changé en fait, c’est notre perception de l’univers. Les progrès immenses en matière d’observation nous replacent dans un système planétaire non unique, mais sans doute très banal, et ressemblant à des milliards d’autres.

Au moment de la conquète de la Lune, nous nous demandions si nous étions seuls dans l’univers. Aujourd’hui, la question n’est plus du tout de savoir si nous sommes seuls, mais QUAND nous découvrirons que nous ne le sommes pas…

Pluton juillet 2015 : premiers clichés historiques

Promesse tenue par la NASA. Les ingénieurs de l’agence spatiale américaine ont rendu publiques les premières photos de la planète naine Pluton et de ses satellites. Une extraordinaire performance que l’on doit au passage éclair de la sonde New Horizons dans son voisinage.

 

Nos yeux se posent pour la première fois dans l’histoire de l’humanité sur le sol de Pluton

Le survol au plus près de la planète la plus éloignée du système solaire s’est joué ce mardi 14 juillet à 13h49 heure française. New Horizons a littéralement mitraillé l’environnement du système plutonien : 22 heures de clichés et de récolte de données scientifiques. Tout cela va arriver sur Terre durant les prochains mois, au compte-goutte…

En attendant les vues haute définition, la NASA nous offre ces quelques photos splendides et pleines de promesses. Ci-dessous, Pluton au plus près.

Premier zoom sur Pluton (crédit : NASA)

Premier zoom sur Pluton (crédit : NASA)

Des montagnes et des pics de 3500 mètres d’altitude. Pas ou peu de cratères, donc une région géologiquement active. Et des montagnes jeunes : moins de 100 millions d’années, les plus jeunes du système solaire. Selon les experts de la NASA, Pluton évoluant dans un contexte glacial (plus de 200 degrés en dessous de zéro) , ces montagnes et pics sont probablement composés de glace d’eau, ressemblant à s’y méprendre à de la pierre.

Une planète avec un coeur

Regardez ci-dessous ce premier cliché global de Pluton.( la partie encadrée correspond à la photo ci-dessus )

Pluton - premier cliché (crédit:NASA)

Pluton – premier cliché (crédit:NASA)

Ce qui est frappant à première vue, c’est cette couleur claire en forme de cœur. L’équipe de New Horizons veut la baptiser Tombaugh. Du nom de Clyde William Tombaugh, l’astronome américain qui fait partie du voyage : ces cendres sont dans la sonde. Tombaugh avait découvert Pluton en 1930… ceci expliquant cela.

L’étonnante Charon

Le plus gros satellite de Pluton, c’est Charon. Et voici sa première photo ci-dessous. Là aussi, beaucoup d’émotion : nos yeux d’humains s’y posent pour la toute première fois.

charon - première photo (crédit:NASA)

charon – première photo (crédit:NASA)

Falaises et crevasses constituent cet astre de 1200 mètres de diamètre, formé notamment de glace d’eau. En haut à droite, un immense canyon a une profondeur estimée de 7 à 9 km. La rareté des cratères laisse supposer l’existence d’une activité géologique.

Un autre satellite, Hydre, a également été photographié, mais l’image est imprécise pour l’instant. Pluton possède aussi trois autres lunes récemment baptisées Nyx, Cerbère, et Styx (voir l’un de mes articles précédents plus bas dans ce blog).

Dans les prochaines semaines, d’autres clichés et données scientifiques viendront nous l’espérons, compléter ces images historiques. Merci la NASA, on peut rêver de nouveau.

Objectif Pluton

Pluton a été découverte en 1930. Cette planète naine de 2300 km de diamètre possède une atmosphère formée d’azote, et est composée principalement de roches et de glace. Elle met près de 248 ans à faire le tour du soleil. Très lointaine, elle ne se prêtait que très peu à l’observation jusqu’à présent. Lancé il y a 9 ans par la Nasa, et après un voyage de 5 milliards de km, le petit vaisseau New Horizons va frôler Pluton dans les prochains jours…

vue d'artiste

vue d’artiste

C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que l’ultime planète connue de notre système solaire – rétrogradée depuis peu au rang de planète naine – va recevoir de la visite. C’est dire si l’évènement est attendu et suivi par les passionnés. D’autant que les dernières images retransmises le 2 juillet sont pleines de promesses ! On y voit notamment une série de taches sombres de 480 km de diamètre chacune, et qui sont espacées de façon régulière. Ces taches sont pour l’instant une véritable énigme. photo ci-dessous.

pluton

Pluton peut ainsi alimenter tous les rêves. Lointaine, mystérieuse, jamais observée. Nous allons en savoir beaucoup plus sur elle et sur ses 5 satellites. Le survol au plus près est prévu pour le 14 juillet 2015 : New Horizons, lancé à la vitesse affolante de 49 600 kmh, sera ce jour-là , à seulement à 12 500 km de Pluton… le vaisseau déclenchera alors ses sept instruments, notamment deux caméras à haute résolution. Rendez-vous sur ce blog pour les photos.

Sur Mars, fin de partie de cache-cache pour Beagle 2

Faisons aujourd’hui un bond en arrière de 11 années. Nous sommes à Noël 2003 – ce blog n’existe pas encore – et la sonde Beagle 2 de l’Agence Spatiale Européenne entame sa descente finale sur la planète Mars. La sonde, équipée notamment d’une bonne grosse foreuse, devait effectuer diverses analyses du sol martien pour y rechercher des traces de vie éventuelle. Mais voilà la sonde disparaît alors qu’elle est approche finale. Elle est déclarée définitivement perdue le 6 février 2004…

Beagle 2 tel qu'il aurait dû se déployer sur Mars (vue d'artiste)

Beagle 2 tel qu’il aurait dû se déployer sur Mars (vue d’artiste)

Janvier 2015… Beagle 2 réapparait ! C’est l’agence spatiale britannique – qui a conçu l’essentiel de l’engin – qui vient d’en faire l’annonce officielle. Cette découverte, on la doit à la vue exceptionnelle en haute définition de la sonde américaine MRO ( Mars Reconnaissance Orbiter ), l’un des engins terrestres actuellement en orbite autour de la planète rouge. MRO a repéré Beagle 2 – apparemment en un seul morceau – à 5km du bassin poussiéreux d’Isidis Planitia, le lieu prévu de son amarsissage. Voyez la photo ci-dessous. Bon d’accord, on ne voit rien. Faites un effort d’imagination.

Beagle 2 tel que vu par MRO. Son probable parachute et son bouclier arrière. (Crédit: University of Leicester/ Beagle 2/Nasa/JPL/University of Arizona)

Beagle 2 tel que vu par MRO. Son probable parachute et son bouclier arrière. (Crédit: University of Leicester/ Beagle 2/Nasa/JPL/University of Arizona)

Beagle 2 faisait partie de la mission Mars Express, première exploitation d’une autre planète du système solaire lancée par l’ESA, l’agence spatiale européenne. Sa découverte en un seul morceau (alors qu’on la pensait disloquée) est une bonne nouvelle : cela prouve à ses concepteurs que les phases complexes d’approche, de descente et d’atterrissage s’étaient bien déroulées, contrairement à ce que l’on pensait. Ce n’est que vers la fin de la procédure que Beagle 2 a connu un problème non identifié. Il aurait dû – une fois posé – déployer ses pétales et commencer à émettre. Peut-être que les martiens l’en ont empêché…

Pékin poursuit sa longue marche vers la Lune

Qui après Gene Cernan – le dernier américain à avoir posé le pied sur la Lune en 1972 – deviendra le 13è homme à fouler le sol de notre lumineuse voisine ? la compétition reste ouverte et les Chinois semblent toujours les mieux placés.

En ce début du mois de décembre 2014, la presse officielle chinoise annonce que Pékin a commencé ses travaux pour se doter d’un lanceur lourd capable d’amener des hommes sur la Lune. Cette nouvelle fusée – baptisée Longue Marche 9 – pourra placer 130 tonnes terrestres en orbite basse à l’horizon 2030.

La conception d’un nouveau moteur est nécessaire pour obtenir la poussée nécessaire. Actuellement les Chinois en sont à la version « Longue Marche 5 » de leur fusée dont un lancement est prévu prochainement. Pas de date annoncée côté chinois, le secret reste de mise, comme toujours.

Une fusée Longue Marche ( ici, la CZ-2F )

Une fusée Longue Marche ( ici, la CZ-2F )

Cet engin fera 8 à 10 mètres de diamètre et pèsera au moins 3000 tonnes au moment de son décollage. On pourra le comparer à terme avec le SLS (Space Launch System) actuellement en développement à la Nasa, et qui doit faire son premier vol fin 2018 selon les prévisions (optimistes) de l’agence spatiale américaine.

Que l’on soit en Europe, aux Etats-Unis ou en Asie, une tendance se dégage pour les années à venir : celle des lanceurs de grande capacité : SLS, Longue Marche 9, mais aussi Ariane 6. Que vont faire ces fusées ? rester en orbite basse ? nous faire retourner sur la Lune ? viser Mars ? En tout cas le chemin reste long et semé d’embuches. Longue Marche porte bien son nom.