L’eau coule sur Mars, la Nasa en est (presque) certaine.

Récemment, la Nasa annonçait que la quasi-moitié de l’hémisphère nord de Mars avait été autrefois un océan, atteignant des profondeurs de plus de 1,6 kilomètres. mais que la quasi-totalité de cet océan a été perdu dans l’espace. De l’eau il y en avait. Aujourd’hui rien de liquide en surface, à première vue…

Ce lundi 28 septembre 2015, conférence de presse à la NASA ! Elle met un terme à plusieurs jours de « buzz » sur l’internet. L’agence spatiale américaine annonce la présence très probable d’eau salée liquide à la surface de la planète rouge.

Mars vue d'artiste

Mars vue d’artiste

Plus précisément, les lignes qui entaillent les pentes de Mars pourraient être des ruisseaux de saumure, une solution aqueuse saturée en sel, condition préalable à la vie.

Des scientifiques américains et français ont fait cette découverte s’appuyant sur des images fournies par la NASA, notamment par le biais de la sonde américaine « Mars Reconnaissance Orbiter ». Ils y ont vu de supposés sels minéraux hydratés. Ceux-ci ont besoin d’eau pour leur formation.

Ces images détaillent des pentes de Mars pendant les saisons chaudes, qui s’allongent puis disparaissent quand les températures chutent. Des résultats qui suggèrent un lien entre les stries sur les pentes martiennes et l’écoulement de saumure liquide, estiment ces scientifiques.

Mars vue d'artiste

Mars vue d’artiste

En avril dernier déjà, d’autres scientifiques avaient rapporté que des perchlorates de calcium étaient présents sur la surface de Mars. Le perchlorate, un type de sel, est très absorbant et abaisse le point de congélation de l’eau de sorte qu’elle reste liquide à des températures plus froides.

Il y aurait donc probablement, aujourd’hui encore et c’est bien cela la nouveauté, de l’eau liquide sur la planète rouge, et cela en surface. Plouf.

Sur Mars, fin de partie de cache-cache pour Beagle 2

Faisons aujourd’hui un bond en arrière de 11 années. Nous sommes à Noël 2003 – ce blog n’existe pas encore – et la sonde Beagle 2 de l’Agence Spatiale Européenne entame sa descente finale sur la planète Mars. La sonde, équipée notamment d’une bonne grosse foreuse, devait effectuer diverses analyses du sol martien pour y rechercher des traces de vie éventuelle. Mais voilà la sonde disparaît alors qu’elle est approche finale. Elle est déclarée définitivement perdue le 6 février 2004…

Beagle 2 tel qu'il aurait dû se déployer sur Mars (vue d'artiste)

Beagle 2 tel qu’il aurait dû se déployer sur Mars (vue d’artiste)

Janvier 2015… Beagle 2 réapparait ! C’est l’agence spatiale britannique – qui a conçu l’essentiel de l’engin – qui vient d’en faire l’annonce officielle. Cette découverte, on la doit à la vue exceptionnelle en haute définition de la sonde américaine MRO ( Mars Reconnaissance Orbiter ), l’un des engins terrestres actuellement en orbite autour de la planète rouge. MRO a repéré Beagle 2 – apparemment en un seul morceau – à 5km du bassin poussiéreux d’Isidis Planitia, le lieu prévu de son amarsissage. Voyez la photo ci-dessous. Bon d’accord, on ne voit rien. Faites un effort d’imagination.

Beagle 2 tel que vu par MRO. Son probable parachute et son bouclier arrière. (Crédit: University of Leicester/ Beagle 2/Nasa/JPL/University of Arizona)

Beagle 2 tel que vu par MRO. Son probable parachute et son bouclier arrière. (Crédit: University of Leicester/ Beagle 2/Nasa/JPL/University of Arizona)

Beagle 2 faisait partie de la mission Mars Express, première exploitation d’une autre planète du système solaire lancée par l’ESA, l’agence spatiale européenne. Sa découverte en un seul morceau (alors qu’on la pensait disloquée) est une bonne nouvelle : cela prouve à ses concepteurs que les phases complexes d’approche, de descente et d’atterrissage s’étaient bien déroulées, contrairement à ce que l’on pensait. Ce n’est que vers la fin de la procédure que Beagle 2 a connu un problème non identifié. Il aurait dû – une fois posé – déployer ses pétales et commencer à émettre. Peut-être que les martiens l’en ont empêché…

Pékin poursuit sa longue marche vers la Lune

Qui après Gene Cernan – le dernier américain à avoir posé le pied sur la Lune en 1972 – deviendra le 13è homme à fouler le sol de notre lumineuse voisine ? la compétition reste ouverte et les Chinois semblent toujours les mieux placés.

En ce début du mois de décembre 2014, la presse officielle chinoise annonce que Pékin a commencé ses travaux pour se doter d’un lanceur lourd capable d’amener des hommes sur la Lune. Cette nouvelle fusée – baptisée Longue Marche 9 – pourra placer 130 tonnes terrestres en orbite basse à l’horizon 2030.

La conception d’un nouveau moteur est nécessaire pour obtenir la poussée nécessaire. Actuellement les Chinois en sont à la version « Longue Marche 5 » de leur fusée dont un lancement est prévu prochainement. Pas de date annoncée côté chinois, le secret reste de mise, comme toujours.

Une fusée Longue Marche ( ici, la CZ-2F )

Une fusée Longue Marche ( ici, la CZ-2F )

Cet engin fera 8 à 10 mètres de diamètre et pèsera au moins 3000 tonnes au moment de son décollage. On pourra le comparer à terme avec le SLS (Space Launch System) actuellement en développement à la Nasa, et qui doit faire son premier vol fin 2018 selon les prévisions (optimistes) de l’agence spatiale américaine.

Que l’on soit en Europe, aux Etats-Unis ou en Asie, une tendance se dégage pour les années à venir : celle des lanceurs de grande capacité : SLS, Longue Marche 9, mais aussi Ariane 6. Que vont faire ces fusées ? rester en orbite basse ? nous faire retourner sur la Lune ? viser Mars ? En tout cas le chemin reste long et semé d’embuches. Longue Marche porte bien son nom.

La vie sur Mars. C’est reparti pour un tour.

De façon régulière dans l’actualité de notre système solaire, la planète rouge revient sur le devant de la scène comme pouvant abriter une forme de vie primitive. Sur place plusieurs robots américains – dont le célèbre Curiosity – ont gratté et creusent toujours à la recherche d’indices…

martien
La théorie d’une possible vie microbienne sur Mars est relancée cette fois par une petite météorite tombée sur Terre dans le village de Tissint dans le Sahara Marocain le 18 juillet 2011. Sa chute avait pu être observée par plusieurs témoins, et sa récupération avait été rapide. La pierre a été logiquement baptisée Tissint.

Tissint

Météorite martienne Tissint (credit: Michael Farmer)

Depuis, plusieurs équipes de chercheurs ont confirmé que Tissint venait bien de Mars, et surtout qu’elle pourrait contenir des traces de carbone d’origine biologique.

Le débat est ainsi relancé.

La NASA n’est plus seule sur Mars

Coût réduit et temps record. L’Inde a réussi l’exploit d’atteindre la planète rouge avec une sonde low-cost.

74 millions de dollars, c’est ce qu’a coûté la sonde MOM (Mars Orbiter Mission) surnommée Mangalyaan pour les intimes ( comparée aux 671 millions de MAVEN de la Nasa, voir mon article précédent). MOM a été élaborée en seulement 3 ans par l’ISRO, l’Agence Spatiale Indienne. De couleur dorée et de la taille d’une petite voiture, elle va mesurer la présence de méthane dans l’atmosphère martienne, un gaz qui est souvent le signe d’activité biologique. Evidemment on espère découvrir la trace d’une forme de vie primitive…

Mangalyaan est donc arrivée ce mercredi 24 septembre 2014 à 4h32 heure française, en orbite de Mars après 10 mois de voyage. Exemple parfait de propulsion low-cost : au début de son périple, Mars Orbiter avait tourné pendant un mois autour de la Terre afin de prendre assez de vitesse pour pouvoir échapper à la gravité terrestre. Une performance dont se félicite l’Inde, devenue ainsi le premier pays d’Asie à atteindre Mars…

MOM - vue d'artiste

MOM – vue d’artiste

Avec Mangalyaan, la planète Mars se trouve bien entourée. Si je fais les comptes et sauf erreur de ma part, 7 sondes sont actuellement en activité sur le sol et autour de la planète rouge :

  • Mangalyaan
  • Maven
  • Curiosity (au sol)
  • Opportunity (au sol)
  • Mars Express
  • Mars Odyssey
  • Mars Reconnaissance Orbiter

Curiosity proche de son terminus

 Depuis le 6 août 2012, date de son arrivée sur la planète Mars, Curiosity roule et roule encore.

Le super robot de la Nasa, toujours niché dans le cratère Gale, est arrivé au pied du Mont Sharp en plein centre du cratère, une belle montagne de 5500 mètres d’altitude formée de couches sédimentaires que le rover américain va maintenant explorer jusqu’à rendre l’âme. Le Mont Sharp étant la destination finale de sa mission.

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Curiosity au pied du mont Sharp, autoportrait montage (crédit : Nasa/JPL)

On va grimper maintenant

L’ascension de Curiosity va commencer par l’exploration du socle de la montagne à un endroit baptisé « Pahrump Hills ». Initialement le robot devait emprunter une route plus longue, mais son parcours a été modifié en raison d’une usure excessive de ses roues. La traversée récente d’une région recouverte de roches tranchantes a provoqué des trous dans 4 des 6 roues du rover. Voyez la photo ci-dessous.

 

Des roues malmenées ! (Crédit: Nasa/JPL)

Des roues malmenées ! photo prise le 21 juillet 2014 (Crédit: Nasa/JPL)

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Priorité : forer

La priorité désormais pour les « pilotes » de la mission, est de mener des recherches scientifiques sur chaque strate de la montagne, avec des forages pour prélever des échantillons.

Curiosity doit encore faire la preuve de son utilité car un rapport publié en juillet par une commission indépendante au sein de la NASA a épinglé son travail : Curiosity coûte 2 milliards de dollars, mais l’ensemble de son travail représente selon ce rapport «  un rendement scientifique maigre ».

Le moment est donc venu pour le rover américain de croiser des martiens !

Un rover américain bat le record de distance sur sol extra-terrestre

Il s’appelle Opportunity.

Record de distance pour Opportunity (délire d'artiste crédit:NASA/JPL/Caltech)

Record de distance pour Opportunity (délire d’artiste crédit:NASA/JPL/Caltech)

Ce robot doté de 6 roues conçu par la NASA s’est posé sur Mars le 25 janvier 2004, dans la région équatoriale de Terra Meridiani. 21 jours plus tôt, son frère jumeau – le robot Spirit – se posait dans le cratère Gusev de l’autre côté de la planète rouge. Ces jumeaux robotisés de l’agence spatiale américaine ont mené de nombreuses expériences scientifiques. On leur doit notamment la découverte de traces d’un environnement humide sur Mars que l’on croyait totalement asséchée auparavant.

Si l’on reparle d’Opportunity aujourd’hui, c’est parce que contrairement à son frère Spirit désormais hors service, Opportunity roule toujours sur la planète rouge. Il vient même de battre le record absolu de distance parcourue sur un sol extraterrestre : 40 km ! L’engin avait été conçu pourtant pour ne rouler qu’un petit km…

40km, c’est un peu mieux que les 39 km parcourus en moins de 5 mois en 1973 par le robot soviétique Lunokhod 2, qui lui roulait non pas sur Mars, mais sur la Lune.

A titre de comparaison, la superstar martienne Curiosity – rover géant posé sur Mars depuis 2 ans et auquel on doit d’extraordinaires clichés (voir plus bas dans ce blog) – n’a roulé que 8km et demi jusqu’à présent.

« Opportunity est donc allé plus loin que n’importe quel autre véhicule roulant sur la surface d’un autre monde » se plait à déclarer John Callas du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA à Pasadena en Californie.

Opportunity poursuit d’ailleurs son exploration du cratère Endeavour, sur le sol rouge de Mars…un cratère de 22km de diamètre…

Depuis son arrivée sur Mars, Opportunity a donné beaucoup aux scientifiques : il a découvert la première météorite extraterrestre (baptisée « Heat Shield Rock »), il a étudié le spectaculaire cratère Victoria, puis le cratère Santa Maria. Récemment, avec l’analyse d’un rocher joliment baptisé Espérance, il a découvert les conditions les plus favorables au développement de la vie jamais mises au jour sur le sol de Mars.