Guennadi Padalka : l’espace est sa maison !

Il s’appelle Guennadi Padalka. Ce cosmonaute russe de 57 ans commande actuellement la 44ème expédition de l’ISS, la station spatiale internationale.

Padalka dans l'espace comme dans son salon ( crédit Ria Novosti)

Padalka dans l’espace comme dans son salon (crédit Ria Novosti)

Si je vous parle de lui aujourd’hui, c’est que cet homme vient de battre le record absolu de temps passé dans l’espace : 803 jours au total. Il détrône le précédent record de son compatriote Sergueï Krikalev, surnommé le « dernier citoyen de l’URSS »… parti dans l’espace comme soviétique, il était revenu sur terre après l’effondrement de l’Union Soviétique…

Guennadi Padalka va en fait pulvériser le record de Krikalev : à son retour prévu le 11 septembre 2015, il aura passé plus de 877 jours au-dessus de nos têtes, soit 2 ans et 4 mois, mais pas en une seule fois : 5 vols spatiaux au total dont 4 dans l’ISS et 199 jours à bord de la regrettée station Mir.

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Pékin poursuit sa longue marche vers la Lune

Qui après Gene Cernan – le dernier américain à avoir posé le pied sur la Lune en 1972 – deviendra le 13è homme à fouler le sol de notre lumineuse voisine ? la compétition reste ouverte et les Chinois semblent toujours les mieux placés.

En ce début du mois de décembre 2014, la presse officielle chinoise annonce que Pékin a commencé ses travaux pour se doter d’un lanceur lourd capable d’amener des hommes sur la Lune. Cette nouvelle fusée – baptisée Longue Marche 9 – pourra placer 130 tonnes terrestres en orbite basse à l’horizon 2030.

La conception d’un nouveau moteur est nécessaire pour obtenir la poussée nécessaire. Actuellement les Chinois en sont à la version « Longue Marche 5 » de leur fusée dont un lancement est prévu prochainement. Pas de date annoncée côté chinois, le secret reste de mise, comme toujours.

Une fusée Longue Marche ( ici, la CZ-2F )

Une fusée Longue Marche ( ici, la CZ-2F )

Cet engin fera 8 à 10 mètres de diamètre et pèsera au moins 3000 tonnes au moment de son décollage. On pourra le comparer à terme avec le SLS (Space Launch System) actuellement en développement à la Nasa, et qui doit faire son premier vol fin 2018 selon les prévisions (optimistes) de l’agence spatiale américaine.

Que l’on soit en Europe, aux Etats-Unis ou en Asie, une tendance se dégage pour les années à venir : celle des lanceurs de grande capacité : SLS, Longue Marche 9, mais aussi Ariane 6. Que vont faire ces fusées ? rester en orbite basse ? nous faire retourner sur la Lune ? viser Mars ? En tout cas le chemin reste long et semé d’embuches. Longue Marche porte bien son nom.

Premier vol réussi pour la capsule Orion

Un vol qui rappelle aux nostalgiques les premières heures de la conquête de la Lune… la Nasa a testé pour la première fois  sa capsule Orion. Orion c’est le premier vaisseau américain depuis la capsule Apollo il y a près d’un demi-siècle qui avait emmené les hommes vers la Lune. Orion, c’est aussi le nouveau « ticket » des américains pour l’accès à l’espace…

La capsule Orion (partie en cône du dessin - vue d'artiste)

La capsule Orion (partie en cône du dessin – vue d’artiste)

Après une première tentative infructueuse le jeudi 4, Orion a été lancé avec succès ce vendredi 5 décembre 2014 de Cap Canaveral en Floride à bord d’une fusée à deux étages Delta IV, élaborée par la société ULA (United Launch System). Au programme : 2 tours de la Terre, avant un amerrissage en douceur et avec parachutes dans l’Océan Pacifique. Pour ce premier vol d’essai, il s’agissait de tester son bouclier thermique, et le vol d’essai est réussi. Les américains sont donc de nouveaux capables (en théorie du moins) d’envoyer des hommes dans l’espace. Ils ne l’étaient plus depuis l’abandon de la navette spatiale, et sont aujourd’hui encore, totalement dépendants des russes.

Orion ne devrait embarquer des astronautes qu’en 2021. Un survol de la Lune n’est pas exclu, mais évidemment pas d’alunissage… à terme , Orion pourrait ouvrir la voie à un voyage vers Mars, mais nous en sommes encore très loin.

Capsule Orion - vue intérieure

Capsule Orion – vue intérieure

En fait, les futures missions d’Orion au-delà de l’orbite basse dépendront du développement d’un nouveau lanceur de très grande capacité : le SLS, comprenez Space Launch System. Toute cette technologie coûte cher, très cher : la Nasa a déjà dépensé plus de 9 milliards de dollars pour financer Orion (qui faisait partie à l’origine du projet Constellation censé renvoyer des hommes sur la Lune, projet abandonné par l’administration Obama, voir au début de ce blog).

Mise aux enchères du seul appareil photo revenu de la Lune !

Ce samedi 22 mars 2014, l’unique appareil photo de la Nasa revenu sur Terre après une mission sur la Lune sera mis aux enchères à Vienne en Autriche. C’est la galerie Westlicht qui organise cette vente – l’une des galeries les plus réputées au monde dans le domaine de la photo – c’est aussi une galerie connue pour avoir vendu aux enchères en 2012 l’appareil photo le plus cher du monde, un prototype Leica de 1923, adjugé pour 2 millions 160 mille euros !

Cette fois-ci , l’appareil photo à vendre est le fameux boîtier argenté qui était attaché à l’avant de la combinaison des marcheurs lunaires.

L'appareil Hasselblad au coeur des missions Apollo

L’appareil Hasselblad au coeur des missions Apollo

L’exemplaire qui cherche acquéreur est un Hasselblad (marque suédoise réputée pour sa qualité) porté par l’astronaute Jim Irwin, appareil avec lequel l’astronaute américain a pris 299 photos en trois jours sur la Lune lors de la mission Apollo 15 en juillet 1971. Il est mis en vente par un collectionneur italien qui l’avait racheté à un américain, et est estimé entre 150 000 et 200 000 euros.

Appareil Hasselblad des missions Apollo

Appareil Hasselblad des missions Apollo

Au total, 14 appareils photo ont voyagé sur la Lune lors des missions Apollo 11 à 17, mais cet exemplaire est le seul qui en est revenu, probablement parce que les astronautes (Jim Irwin et Dave Scott) n’ont pas réussi à en extraire le film ! Les 13 autres sont tous restés sur la Lune ( où ils se trouvent toujours, quel gâchis ! ) , pour permettre aux astronautes de ramener à la place davantage de pierres lunaires (voyez donc mon article précédent).

Alors comment être CERTAIN que l’appareil vendu aux enchères est bien CELUI qui est revenu de la Lune ? pas évident… selon le fondateur de la galerie autrichienne,  une petite plaque à l’intérieur du Hasselblad, contenant le numéro 38, est la même que celle qui apparaît sur les photos lunaires de la mission Apollo 15. C’est la preuve irréfutable ! ouaaais !  Bon, on lui croit sur parole… on n’a pas le choix… comment faire autrement ?

Une véritable pierre lunaire visible à Paris

Si vous débarquez sur ce blog, c’est probablement que la Lune et l’histoire de sa conquête vous intéressent… si en plus, vous habitez en France, et particulièrement en région parisienne, ce qui va suivre va sans doute retenir votre attention.

Une exposition se tient depuis le 12 février 2014 au Muséum National d’Histoire Naturelle, au jardin des Plantes à Paris. Elle s’intitule sobrement « Nuit ». L’occasion de découvrir la vie des animaux la nuit, et de s’initier à l’astronomie.  Plutôt sympa comme idée,  surtout pour y amener nos enfants, mais bon on ne va pas sauter au plafond.

Et pourtant si.  Cette exposition qui se tient jusqu’au 3 novembre 2014 abrite une véritable pierre lunaire ramenée par l’une des missions Apollo.

L’objet – bien protégé dans un coffre-fort vitré – n’a pas spécialement été mis en valeur par les organisateurs de l’expo : il est placé dans un coin, dans la salle consacrée à l’astronomie. Tant mieux, on peut l’observer tranquillement. C’est l’occasion rêvée pour admirer une véritable roche lunaire sans aller aux Etats-Unis !

Elle est quasiment impossible à photographier dans son abri de verre illuminé :  les résultats sont désastreux, voyez ci-dessous, on n’y voit rien !

Des curieux admirent le caillou lunaire exposé à Paris

Des curieux admirent le caillou lunaire exposé à Paris

Impossible à photographier !

Impossible à photographier !

Des détails sur le caillou exposé

On apprend par les indications figurant sous la roche abritée par sa pyramide vitrée, qu’il s’agit en fait du fragment d’une roche lunaire de plus de 2 kilos terrestres. Elle fait partie des 77 kilos de roches lunaires ramenées en 1971 par la mission Apollo 15 à Rima Hadley.

Le fragment exposé à Paris correspond à une pierre ramassée par James Irwin lors de sa 2ème sortie extravéhiculaire (en compagnie de Dave Scott). Il a été collecté au point N.8 de leur sortie dans la plaine de Hadley. Cet endroit se situe en face de leur module lunaire Falcon.

in situ

Localisation 8 – mission Apollo 15 (crédit:NASA)

Mission Apollo 15, vue de la position 8. (crédit:NASA)

Mission Apollo 15, vue de la position 8. (crédit:NASA)

Selon mes observations de la roche Parisienne, (là,  je peux me tromper et je vous invite à me corriger !), il s’agirait d’un fragment de la Roche N°15058 (Roche surnommée Pink Rock)

fragment de la roche 15058-Apollo15 (crédit:NASA)

fragment de la roche 15058-Apollo15 (crédit:NASA)

Bref, tout cela pour dire qu’un coup d’oeil à cette roche vaut le coup. N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires.

Irwin et Scott en action sur la zone de collecte de la pierre (crédit:Nasa)

Irwin et Scott en action sur la zone de collecte de la pierre (crédit:Nasa)

Un lapin à 6 roues attendu sur la Lune

Confirmation ce 26 novembre 2013 des autorités chinoises : Pékin va bien lancer dans quelques jours sa première sonde spatiale destinée à se poser sur la Lune.

Il s’agira d’un engin tout terrain à 6 roues –  sorte de Curiosity version lunaire et modèle réduit – doté de panneaux solaires, et surnommé « Lapin de jade ».

Lapin de jade

Tiens, un lapin ! ( vue d’artiste )

Ce rover  sera chargé d’effectuer des analyses scientifiques et d’envoyer vers la Terre des images en trois dimensions. D’un poids terrestre de 120 kilos, l’engin devrait alunir dans la baie des Arcs-en-ciel (Sinus Iridum), site choisi pour son côté « inexploré », et sa bonne localisation pour l’ensoleillement et la communication avec la Terre. Site situé sur la face visible, en gros en haut à gauche quand on regarde la lune dans le ciel, voici le zoom :

Baie des arcs en ciel - site d'alunissage prévu

Baie des arcs en ciel – site d’alunissage prévu

Le rover Chinois devrait rester opérationnel trois mois, et parvenir à se déplacer à une vitesse maximale de 200 mètres à l’heure.

Quel intérêt scientifique ? aucun ? peut-être pas tout de même !

En tout cas très limité. On l’a compris, la Chine vise la Lune depuis des années pour son image de nouvelle puissance spatiale. Elle est en compétition (avec l’Inde notamment ) pour devenir le premier pays d’Asie à poser un homme sur la Lune… qui dit prestige en tout cas, dit « petit nom » sympathique… le rover lunaire radioguidé a donc été baptisé « Lapin de Jade ».

Pourquoi « lapin de Jade » ?

Selon la légende chinoise, le lapin lunaire (ou lièvre de la lune) vit sur l’astre de nos nuits et y pile l’élixir d’immortalité dans son mortier… il a pour compagne Chang’E, célèbre déesse chinoise de la Lune. Cela nous ramène à l’ensemble des missions lunaires chinoises menées à ce jour : la sonde Chang E 1 lancée avec succès en octobre 2007,  puis Chang E 2 en octobre 2010 ( voyez plus bas dans ce blog, moult détails sur le sujet ! ) et maintenant Chang E 3, qui transporte précisément le « Lapin de jade », premier destiné à l’alunissage.

Rendez- vous donc dans quelques jours ( les Chinois entretiennent le mystère sur la date exacte) pour le lancement de Chang E 3. Ici-même.

Finalement, la Lune a une atmosphère. LADEE part l’étudier.

La lune va avoir de la visite…

Ce samedi 7 septembre 2013 au matin, la NASA a  lancé une fusée Minotaur V ( un missile intercontinental transformé ) du centre spatial de Wallops en Virginie.

Lancement LADEE (crédit:Nasa)

Lancement LADEE (crédit:Nasa)

A son bord, un vaisseau de la taille d’une voiturette de 383 kilos terrestres, baptisé LADEE, comprenez – in english – Lunar Atmosphere and Dust Environment Explorer. Un nom qui parle de lui-même, c’est un engin pour explorer l’atmosphère lunaire (ah bon, il y en a une ? ) et la poussière lunaire, dont on sait qu’elle est omniprésente. Plus précisément, il s’agit de récolter des données détaillées sur la structure et la composition chimique de la très ténue atmosphère sélène ( car il y en a une, oui oui !  ) , et de déterminer si de la poussière y reste en suspension.

LADEE - vue d'artiste

LADEE – vue d’artiste

3 instruments scientifiques dont deux spectromètres sont à bord.  LADEE n’est pas habité, en tout cas, il n’y a pas âme qui vive à bord, c’est rigolo de le préciser.  Coût de la mission : 280 millions de dollars.  LADEE va voyager pendant 1 mois, puis se placera en orbite lunaire pendant 140 jours pour faire son boulot.

Fusée Minotaur - Lancement LADEE (crédit: Nasa)

Fusée Minotaur – Lancement LADEE (crédit: Nasa)

Et alors pourquoi faire cet orbiteur ?  Voici 3 bonnes raisons.

1 – Les scientifiques espèrent recueillir des informations qui pourraient nous éclairer au-delà de la Lune, c’est-à-dire nous apporter des informations sur d’autres objets de notre système solaire, comme Mercure ou les grands astéroïdes.  Bref, mieux comprendre la diversité du système solaire et son évolution.

2 – L’histoire nous ramène aussi très loin en arrière : les experts veulent savoir si des grains de poussière pourraient expliquer le mystère de certaines lueurs observées par les astronautes des missions lunaires Apollo entre 1969 et 1972. Lueurs observées par les astronautes à l’horizon lunaire juste avant le lever du soleil.

3 – Enfin, il s’agit de mieux s’informer sur la Lune avant d’hypothétiques nouvelles missions humaines. Souvenez-vous à l’époque d’Apollo, on disait qu’il n’y avait pas d’atmosphère lunaire. La vérité est ailleurs : aujourd’hui – à la lumière des missions lunaires récentes – les scientifiques sont d’accord pour dire qu’il y a une « espèce » d’atmosphère, mais que celle-ci est si fine et fragile que même l’alunissage d’un nouvel engin pourrait l’affecter !  Or, les Chinois prévoient de faire alunir une sonde d’ici à fin 2014, et ils n’ont pas l’air de rigoler.  Alors, étudier cette atmosphère lunaire avant de reposer le pied, semble plutôt cohérent.