D’où vient l’eau lunaire ?

Question désaltérante : d’où provient l’eau découverte récemment sur la Lune ?

Cette eau a été découverte sur les pierres ramenées par les légendaires missions Apollo mais aussi et surtout -très récemment- par le puissant crash de la sonde LCROSS sur un pôle lunaire. Voyez à ce sujet mes posts dédiés.

Crash de la sonde LCROSS sur la Lune et projections d’eau et de pierres… vue d’artiste

Une partie de cette eau pourrait provenir du Soleil, plus précisément du vent solaire. C’est ce que révèle une étude scientifique de l’université américaine de Knoxville, dans le Tennessee. Qu’est ce que le vent solaire ? c’est un flot continu de particules qui fait maigrir le soleil d’un million de tonnes par seconde. Beaucoup pour nous, mais insignifiant pour notre étoile, rassurons-nous.

Ces particules, des ions d’hydrogène mais aussi de l’hélium et de l’oxygène n’atteindront jamais la surface de la Terre, protégées par l’atmosphère et le champ magnétique. Mais sur la Lune, il n’y a pas ces boucliers, et le sol est intensément bombardé… cet hydrogène semé à la surface sélène peut être transformé en H2O molécules d’eau, ou en hydroxyle HO, molécule proche. On ignore encore par quel processus.

Néanmoins, le débat reste ouvert sur l’origine et la répartition de cette eau lunaire…

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L’eau lunaire : sous la régolite, la plage !

L’an dernier, on découvrait un peu d’eau sur la Lune, en 2010, cette découverte est à un tel point confirmée que l’on n’est pas loin de s’y baigner ! C’est une récente étude financée par la NASA, et publiée le 14 juin 2010 qui l’affirme : les sous-sols de la Lune abritent plus d’eau que toute l’eau contenue dans la région des Grands Lacs ! ( à la frontière du Canada et des Etats-Unis )

Plusieurs experts américains, dont ceux de l’ Institut Carnegie de géophysique de Washington, ont établi que l’élément liquide était présent déjà au moment de la formation de la Lune. Cela signifie que l’essentiel de l’eau contenue dans le sous-sol ne provient pas comme on le pensait dans un premier temps, d’astéroïdes, de comètes ou d’autres projectiles célestes qui se sont écrasés sur notre voisine au fil des millénaires.

 Pour en arriver à cette conclusion étonnante, l’auteur en chef de cette étude, Francis McCubbin, a analysé notamment 3 échantillons lunaires : une météorite et 2 roches ramenées par les missions Apollo. Sans entrer dans des détails chimiques qui m’échappent ( mais dont vous pouvez trouver des précisions en cliquant ici si ça vous intéresse ), notre chercheur a travaillé plus particulièrement sur l’hydroxyle , un composé avec un atome d’oxygène lié à l’hydrogène, et l’apatite, un minéral contenant de l’eau.

Selon les travaux de cette équipe de scientifiques, l’origine de la Lune serait le résultat de l’impact d’un objet de la taille de Mars, qui aurait percuté la Terre il y a 4 milliards et demi d’années. L’impact a mis une quantité énorme de matière en orbite autour de la Terre. Cette matière s’est progressivement compactée pour former l’astre de nos nuits. Au cours du refroidissement du magma lunaire, l’eau s’est en partie échappée, mais une autre partie a été conservée sous forme de molécules d’hydroxyle dans la cristallisation des minéraux.

Taurus Littrow Apollo 17



Sous cette forme, l’eau est donc présente en grande quantité chez notre sœur. Dans ses roches, dans son sous-sol. Partout. Une fois que l’on saura extraire cette eau, on pourra envisager de s’installer pour de bon au bord de la mer des Crises, dans la vallée de Taurus Littrow ou sur les hauteurs du Mont Leibniz.

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( ci-contre la vallée de Taurus-Littrow photographiée lors de la mission Apollo 17 en 1972 )

Que d’eau ! Que de larmes !

L’an dernier, la fantastique mais bien réelle sonde américaine LRO aidée de son impacteur L-Cross permirent à la NASA de démontrer de façon fiable, la présence d’eau gelée « en grande quantité » sur la Lune. C’est un cratère du pôle sud qui était visé. Avec succès.

Et au pôle nord, alors ?

D’autres observations, menées cette fois  par le satellite indien Chandrayaan-1, permettent désormais de confirmer et d’appuyer la découverte de L-Cross. Même si Chandrayaan-1 est inactif depuis août 2009 ( mais toujours en orbite lunaire ), ce sont les données antérieures à cette date qui ont permis aux scientifiques de démontrer la présence d’eau :  un radar baptisé Mini-SAR, construit par la Nasa, mais embarqué sur la sonde Chandrayaan-1, a  réalisé l’an dernier la cartographie des cratères polaires, tous ceux qui sont invisibles de la Terre car plongés en permanence dans l’obscurité. La technique de la polarisation des ondes radio a permis d’enfin les « voir ».

Le radar Mini-Sar  a ainsi repéré au pôle nord lunaire cette fois, plus d’une quarantaine de petits cratères, d’une taille d’1,6 à 15 kilomètres de diamètre, tous remplis de glace !

Les experts estiment qu’il pourrait y avoir là… plus de 600 millions de mètres cubes d’eau gelée… de l’eau estimée pure à 90 pour cent, nous précise Paul Spudis, chef de projet de l’expérience Mini-SAR à l’Institut lunaire et planétaire de Houston au Texas. Les données concernant l’autre pôle – le pôle sud – sont toujours en cours d’analyse, mais à la lumière de ce qu’a découvert L-Cross, on s’attend à une confirmation de présence massive d’eau gelée.

Mini SAR

( les cratères “glacés” sont marqués en rouge ci-dessus )

La lune sèche, ne l’est donc plus du tout. Cette découverte, ou plutôt sa confirmation, réveille nos espoirs de reconquête voire de colonisation. De l’eau pour boire, mais aussi pour produire de l’oxygène ou du carburant. Tous les espoirs de retour sont permis, et voilà que les américains ne sont plus de la partie… quelle ironie du sort… quelle douche froide !

Une conférence consacrée à l’espace sera organisée le 15 avril prochain en Floride, a annoncé la Maison Blanche. Le président Barack Obama y exposera  sa vision de l’avenir des vols habités, après l’annulation du programme Constellation. Que va-t-il penser de ce que les scientifiques lui apprennent aujourd’hui ? Comment pourra t il envisager de laisser les pays émergents aller décrocher la Lune, avec toute l’eau nécessaire pour s’y installer ?  Des preuves d’eau qui se multiplient comme autant de larmes d’une Lune inconsolable d’être ainsi abandonnée.

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L’eau lunaire : le rêve de la colonisation peut reprendre.

Moonlignt Le Vendredi 13 novembre 2009… eau

…la Nasa annonçait donc la présence d’eau en grande quantité sur notre satellite.

Là où nous imaginions une sècheresse absolue, sur la foi notamment des nombreuses pierres ramenées par les missions Apollo, se cache donc de l’eau glacée, dans des quantités qu’il faudra  préciser.

( Des traces d’eau avaient bien été découvertes dans les roches des missions Apollo, mais l’on pensait qu’il s’agissait d’une « contamination » liée au transport de ces pierres sur Terre ).

Avec l’eau ainsi découverte, c’est toute la vision que nous avons de la Lune qui s’en trouve bouleversée… tout son potentiel  est à redéfinir :

1.    L’eau, c’est l’élément clé pour de futures missions habitées. Elle servirait de matière première pour fournir de l’oxygène aux astronautes, et serait utile à tous les stades de la colonisation.

2.    Sur la surface de notre voisine, la régolite ( la poussière  créée par les chutes incessantes de météorites ou en gros, de la « terre » lunaire si l’on peut dire…  ) contient par ailleurs de l’oxygène et de l’hydrogène, jugés relativement faciles à extraire.  Ces deux éléments pourraient servir à fabriquer du carburant pour des moteurs de rover, voire pour des fusées, ce qui pourrait faire de la Lune la nouvelle « plateforme » de lancement pour l’exploration spatiale vers Mars et au-delà…  de telles destinations seraient moins coûteuses et plus faciles à élaborer, en partant de la Lune.

3.    La régolite contient aussi du silicium. Matière qui peut être utilisée pour concevoir des panneaux solaires, et fournir ainsi de l’électricité aux futurs résidents de ce monde hostile.

régolithe apollo 16

(ci-dessus, Charlie Duke effectue une prélèvement de régolite – mission Apollo 16)

4.    La « terre lunaire » contiendrait enfin un million de tonnes d’hélium 3, substance non radioactive très rare chez nous, et qui sert notamment pour la fusion nucléaire.  Si cette ressource parvenait à être exploitée, les ressources en énergie seraient phénoménales. L’hélium 3 lunaire n’intéresse d’ailleurs pas que les américains, d’autres pays s’en préoccupent, notamment les russes.

Affichant sa volonté d’extraire cette ressource, la société russe  S.P. Korolev Rocket and Space Corporation Energia a même dévoilé un projet de base permanente sur la Lune. L’installation des hommes débuterait en 2025, et l’extraction de l’hélium 3 en 2030. Ce géant de l’industrie spatiale sait de quoi il parle, il joue un rôle clé dans les missions habitées menées les Russes, notamment dans la construction des vaisseaux Soyouz.

Avec l’eau donc, tous les scénarios – y compris les plus délirants – sont de nouveau permis. Le pas vers la réalisation reste à franchir, et avant lui, celui de la décision de s’y mettre, pour de bon…

****** LUNE BLEUE *******

Le 9 octobre dernier, je vous contais le crash de la sonde “LCross” sur le pôle sud lunaire. Les ingénieurs de la Nasa, espéraient grace à cette sonde, lancée mi juin 2009 de Floride avec sa soeur Lunar Reconnaissance Orbiter, trouver de l’eau sur notre gris satellite.

Le crash consistait en un double impact dans la région du cratère Cabeus :

1 – une partie de la fusée Centaur percutait le sol sélène à plein régime soulevant une foule de débris.

2 – quelques minutes plus tard, la sonde Lcross réalisait la même opération kamikaze, mais après avoir collecté et expédié sur Terre moult informations scientifiques.

Le double crash se déroula donc, ce 9 octobre 2009, dans l’indifférence quasi générale. En France, les JT accordaient quelques secondes en fin de journal à un évènement, que manifestement le grand public ignorait…

Depuis ce 9 octobre, plus rien.

Mais que font ils ? me suis je demandé à plusieurs reprises. De l’eau ça se voit, non ? Depuis, les experts de la Nasa planchaient sur les informations collectées, car la mission -rappelons-le – avait pleinement réussi.

Depuis, plus rien. C’est sûr, ça traine trop : il n’ont rien trouvé.

Plus rien, jusqu’à ce soir, vendredi 13 novembre, 18h heure française… l’Agence France Presse annonce :

de l’eau présente en grande quantité sur la Lune !

C’est une blague ? et bien non. Les responsables de Lcross ont donné une conférence de presse pour annoncer cet évènement majeur :

Le crash le 9 octobre de l’étage de la fusée Centaur sur le cratère Cabeus a soulevé deux panaches de débris :

– d’une part de la vapeur et de la poussière

– d’autre part, des débris lourds, comprenez des débris rocheux qui n’ont pas vu la lumière depuis des millions d’années.

Lcross Centaur

(ci dessus Lcross et Centaur accrochés – image d’artiste )

Dans les deux cas, les spectromètres d’LCROSS ont révélé de façon formelle la présence d’eau gelée. Le spectromètre à ultraviolet a notamment détecté les signaux de la présence de vapeur d’eau en plein soleil, suite au crash de l’étage Centaur.

En quantité, nous ne sommes pas en présence d’un verre d’eau, mais plutôt d’une douzaine de seaux d’eau remplis ! La Nasa reste prudente cependant sur la quantité présente : la concentration de glace a besoin d’analyses complémentaires, et le travail des chercheurs va continuer.

Ce vendredi 13 octobre 2009 est historique.

la Lune que l’on croyait sèche et désolée, possède en fait, en elle, l’élément liquide. L’eau, indispensable à la vie et à la colonisation future de l’astre de nos nuits.

Merci la Nasa. La lune grise de notre ciel et de nos songes se teinte désormais… d’un peu du bleu de l’océan…

( Bon. Je vous avoue que “Lune Bleue” pour le titre de mon Post, je trouvais ça chouette. Mais c’est de la science fiction.  Au passage, si l’océan terrien est bleu, c’est grâce à l’atmosphère terrestre. Ne nous attendons à rien de similaire sur notre soeur la Lune… )

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LCROSS : l’invisible crash lunaire

La sonde LRO n’était pas la seule passagère du vol Atlas V lancé le 18 juin 2009 de Floride, dans le cadre du premier pas des américains dans la reconquête lunaire.

Il y avait abord également sa soeur la sonde LCROSS (Lunar Crater Observation and Sensing Satellite). Accompagnée de la fusée Centaur, elle a voyagé pendant près de 4 mois dans l’espace, avant d’être précipitée le 9 octobre dernier sur le pôle sud lunaire.

Lcross-Centaur

( vue d’artiste – “Lcross” sur le dessus et “Centaur” assemblés)

Une opération kamikaze qui consistait à provoquer un double crash dans le cratère “Cabeus”. A 13h31 heure française ce 9 octobre, la fusée Centaur percutait sa cible, soulevant un nuage de débris. Quelques minutes plus tard, la sonde LCROSS subissait le même sort, au même endroit, après toutefois avoir pris des clichés et récolté de nombreuses informations sur les débris projetés par le premier impact. C’était tout l’intérêt de cette mission, qui avait pour premier objectif de déterminer si le fond de ce cratère contenait ou non des traces de glace – donc d’eau – élément essentiel à une hypothétique colonisation de notre satellite.

Lcross avant le crash

( Vue d’artiste – “LCROSS” juste avant le crash )

La mission a atteint son objectif, même si la Nasa n’a rien pu montrer de l’impact, du moins en direct. Pas de trace du crash, pas d’images spectaculaires. Juste une salle de contrôle où quatre personnes applaudissent. Par comparaison aux années Apollo, on est en plein constraste !

La satisfaction viendra peut être des résultats de cette mission. Les experts y travaillent. Et nous attendons avec impatience d’en savoir plus sur les ressources en eau de notre voisine.

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