La NASA n’est plus seule sur Mars

Coût réduit et temps record. L’Inde a réussi l’exploit d’atteindre la planète rouge avec une sonde low-cost.

74 millions de dollars, c’est ce qu’a coûté la sonde MOM (Mars Orbiter Mission) surnommée Mangalyaan pour les intimes ( comparée aux 671 millions de MAVEN de la Nasa, voir mon article précédent). MOM a été élaborée en seulement 3 ans par l’ISRO, l’Agence Spatiale Indienne. De couleur dorée et de la taille d’une petite voiture, elle va mesurer la présence de méthane dans l’atmosphère martienne, un gaz qui est souvent le signe d’activité biologique. Evidemment on espère découvrir la trace d’une forme de vie primitive…

Mangalyaan est donc arrivée ce mercredi 24 septembre 2014 à 4h32 heure française, en orbite de Mars après 10 mois de voyage. Exemple parfait de propulsion low-cost : au début de son périple, Mars Orbiter avait tourné pendant un mois autour de la Terre afin de prendre assez de vitesse pour pouvoir échapper à la gravité terrestre. Une performance dont se félicite l’Inde, devenue ainsi le premier pays d’Asie à atteindre Mars…

MOM - vue d'artiste

MOM – vue d’artiste

Avec Mangalyaan, la planète Mars se trouve bien entourée. Si je fais les comptes et sauf erreur de ma part, 7 sondes sont actuellement en activité sur le sol et autour de la planète rouge :

  • Mangalyaan
  • Maven
  • Curiosity (au sol)
  • Opportunity (au sol)
  • Mars Express
  • Mars Odyssey
  • Mars Reconnaissance Orbiter

L’Inde vise Mars, territoire quasi-exclusif de la Nasa.

C’est de la base de Shiharikota dans le golfe du Bengale que l’Inde a réussi à 10h08 heure française ce mardi 5 novembre 2013, le lancement de « Mangalyaan» (engin martien en hindi) ,  sa première sonde à destination de la planète rouge.

Rien à voir avec l’ambitieux robot américain Curiosity, il s’agit là d’une mission low cost, destinée avant tout à marquer les esprits et à tenter de casser le quasi-monopole de la Nasa : les américains sont à ce jour les seuls à avoir réussi à poser avec succès des robots sur la lointaine Mars, planète de tous les rêves des hommes, et première planète du système solaire potentiellement colonisable.

Mangalyaan - vue d'artiste

Mangalyaan – vue d’artiste

Alors, cette sonde indienne, c’est quoi ?

C’est un engin d’1,3 tonnes au décollage, d’un coût de 55 millions d’euros (c’est très peu pour une mission de ce type). La sonde est munie de capteurs destinés à mesurer la présence de méthane dans l’atmosphère martienne. Pas d’amarsissage prévu, mais une mise en orbite. La présence de méthane accréditerait l’hypothèse d’une forme de vie primitive, et ferait donc « jaser » sur Terre.  ( Mal barré à priori – voyez l’un de mes posts précédents – Curiosity en matière de méthane martien, a fait chou blanc ! Les indiens estiment que ce résultat n’est pas probant et ils comptent balayer l’ensemble de la planète pour montrer qui est le plus fort. ) Après un mois en orbite terrestre, période destinée à lui faire prendre son élan, Mangalyaan est attendu sur Mars dans un an.

L'engin en construction !

L’engin en construction !

L’engin a été conçu et produit en un temps record, il fait suite à l’échec d’une mission chinoise ( le satellite Yinghuo-1 , emporté par la sonde russe Phobos-Grunt, avait raté sa trajectoire vers Mars). Résultat : l’Inde a mis les bouchées doubles pour tenter de devenir le premier pays d’Asie à atteindre Mars.

Il s’agit donc pour l’Inde de rappeler ses ambitions spatiales, après une mission lunaire réussie en 2008, qui avait permis de révéler la présence d’eau sur la Lune. En termes d’image, l’Inde cherche à s’imposer comme leader mondial de l’innovation low cost ( la voiture la moins chère du monde est indienne).

La mission « Mangalyaan » (appelée aussi Mars Orbiter) risque d’être rapidement oubliée puisque dans deux semaines, la Nasa volera la vedette aux Indiens en  lançant une nouvelle sonde : la dénommée « Maven » sera chargée d’étudier la haute couche atmosphérique de la planète rouge. Nous en reparlerons.