41 ans après, Buzz signe toujours, Neil beaucoup moins

Il y a 41 ans jour pour jour – pour la première fois dans l’histoire de l’humanité – deux hommes posaient leurs quatre pieds sur la Lune.

 

Pas de célébration cette année, « 41 » n’a rien de « rond », or les rondeurs de la Lune appellent à la célébration des dizaines…40 étant passé, ce sera donc 50, dans 9 ans, pour le demi siècle. Une célébration que l’on entrevoit grandiose… on aura droit sans doute à une nouvelle réplique de l’Omega Speedmaster « 50th birthday », la célèbre montre de Neil et Buzz… peut être un nouveau poste de radio mondiale, signé « Buzz Aldrin »… pourquoi pas des « moon boots » Armstrong, et j’en passe.  Echappera-t-on à une campagne d’autographes à prix d’or si nos vétérans astronautes sont encore en état de les signer (ce que bien sûr nous leurs souhaitons) ?

 ( Buzz en plein boulot )



Les autographes de Buzz et surtout de Neil ( qui n’en signe plus, et qui mathématiquement fait flamber sa cote ) sont des denrées rares qui se vendent sur l’internet, principalement sur des sites américains spécialisés. 

C’est dans ce business qu’ont tenté de s’engouffrer deux américains : à l’aéroport international Logan de Boston le 13 mars 2010, un agent des douanes a ainsi proposé à Neil Amstrong  de l’aider à porter ses bagages alors que Neil revenait d’un voyage à l’étranger où il était allé rendre visite à des troupes américaines. Mais au lieu de rendre les papiers officiels de l’ex astronaute au département de la Sécurité Intérieure, le douanier (pas très futé) les a gardés dans sa poche… avec un complice présumé, il aurait ensuite tenté de mettre en vente un document signé par Neil, sur un site d’enchères en ligne.

 (signature de Neil ci-contre )

signature de Neil

Mais voilà. Les deux voleurs de signature se sont faits pincer. Ils ont été inculpés le 20 juillet ( tout un symbole ! ) pour vol de documents douaniers. S’ils sont reconnus coupables de vol et de transport illégal d’un document officiel, ils risquent théoriquement jusqu’à 10 ans de prison et 250 000 dollars d’amende…

Pour la petite histoire, il y a un an, j’ai passé une dizaine de minutes avec Buzz, en tête à tête. Un privilège qui m’a véritablement secoué. A la fin de l’entretien, lui jurant sur les écorces terrestre et lunaire réunies, que je ne revendrai JAMAIS son autographe s’il acceptait de me signer sa photo, Buzz a refusé.

Lune ou pas, business is business.

 

Précision : d’autres moonwalkers développent un commerce plus sympathique et plus abordable de leurs signatures. Je pense tout particulièrement à Charlie Duke (Apollo 16) et Edgar Mitchell (Apollo 14).

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Buzz dézingue le programme Constellation

2ème homme à avoir marché sur la Lune lors de la mission historique d’Apollo 11 en juillet 1969, Buzz Aldrin est sans doute le marcheur lunaire le plus facile à approcher. Globe-trotter, toujours prêt pour causer    (rarement gratuitement, nous dit-on ) et signer des autographes (jamais gratuitement, j’ai essayé ! ) , Aldrin bénéficie de cette étiquette de héros de la conquête spatiale qui fait de lui un surhomme. Une légende.  Au-delà, Mr Aldrin fut aussi un expert. Un vrai scientifique. Surnommé Dr Rendez-Vous, il a travaillé sur les techniques de rendez-vous en orbite entre engins spatiaux, et surtout il les a expérimentées ces techniques,  dans l’espace. En vrai !

Dans un récent article, publié début novembre outre Atlantique, et intitulé « Voici pourquoi nous avons besoin de meilleures fusées », Aldrin s’énerve contre le programme Constellation, qui est pour lui un très mauvais choix. Venant d’un moonwalker, la charge prend toute sa dimension. Voici l’essentiel de son analyse:

Le lancement d’Ares 1-X était spectaculaire, reconnait Buzz Aldrin.

Oui, c’est vrai, la fusée qui a décollé du pas de tir 39B fin octobre 2009 ressemblait bien à une Ares 1. Mais voilà, la ressemblance pour Aldrin s’arrête là.

La propulsion d’Ares n’étant pas prête, la Nasa a utilisé le système de propulsion de la navette spatiale. Le reste de la fusée n’étant pas prêt, un étage et un sommet factice ont été installés au dessus du premier étage. Pas davantage de capsule habitée Orion en haut de la fusée : elle n’est pas prête. Le système de guidage pour Ares n’étant pas prêt non plus, le programme du lanceur Atlas a été installé à la place. Ah si ! les parachutes pour récupérer le premier étage dans l’océan était prêts et bien réels… si ce n’est – ironise Aldrin – que l’un des trois parachutes ne s’est pas ouvert normalement et a causé des dommages au lanceur qui est tombé un peu trop vite dans la grande bleue au terme de son vol. Alors pourquoi continuer à dépenser des milliards de dollars dans un programme qui s’annonce si mal ?  Aldrin n’y voit qu’une réponse : des hommes politiques qui ne prennent pas les bonnes décisions.

Aldrin voit dans le lancement d’Ares 1-X une volonté de façade de montrer que le programme Constellation suit son chemin, alors qu’en réalité, il fait  selon lui, du sur place. Rien n’est prêt insiste-t-il, ni Ares 1, ni Ares 5 – le lanceur lourd – qui est encore sur les planches à dessin, plaisante l’astronaute d’Apollo 11. Pour Buzz, développer deux lanceurs est en soi une aberration : deux systèmes à préparer et surtout deux fois plus de dépenses. En plus, Ares 1 est trop petit, et Ares 5 trop faible pour propulser dans l’espace tous les éléments nécessaires à un hypothétique retour sur la Lune.

Alors que faut-il faire ? s’interroge Buzz.  Tout d’abord arrêter de dépenser l’argent du contribuable en annulant les programmes Ares 1 et Ares 5. Ensuite, avec l’argent économisé, construire une énorme fusée pour l’espace lointain, sorte de « retour vers le futur », plaisante l’astronaute qui avait volé dans la légendaire Saturn V.  Enfin, laisser les entreprises privées mettre au point des lanceurs susceptibles d’emmener les hommes en orbite basse, notamment vers la station spatiale internationale.

Aldrin apollo 11

Aldrin affirme avoir travaillé sur le sujet avec ses collaborateurs. Il propose un projet baptisé « Aquila » qui utilise au maximum les infrastructures existantes de la navette spatiale. Il reprend aussi le système de propulsion et le design des navettes, s’appuyant si nécessaire sur des moteurs existants fabriqués par Boeing. Pour Aldrin, pas besoin de dépenser beaucoup pour atteindre l’espace, à condition que le boulot soit fait correctement.

( Photo : Aldrin sur la Lune le 21 juillet 1969. La photo la plus célèbre de l’histoire de la conquête spatiale  )

Voici donc un point de vue bien tranché. Reste à savoir si la théorie de Buzz Aldrin – économiquement intéressante – correspond ou non aux exigences et aux réalités de l’espace aujourd’hui.