43 ans après, les vestiges de Saturn V réveillent le souvenir d’Apollo 11

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A la tête d’une mission de récupération de vestiges de la mission Apollo 11, le fondateur d’Amazon Jeff Bezos a annoncé ce mercredi avoir récupéré au fond de l’Océan Atlantique, les moteurs de la fusée de la légendaire mission lunaire.

Saturn V au décollage - à droite, gros plan moteurs F1

Saturn V au décollage – à droite, gros plan moteurs F1

La fusée, c’était bien sûr Saturn V, le monstre qui avait envoyé Neil Armstrong, Buzz Aldrin, et Michael Collins en orbite, première étape de leur voyage historique à bord de Columbia.

Les vestiges du lanceur, repérés grâce à des sonars, se situaient à 4267 mètres de profondeur.

L'un des 5 propulseurs F-1 de Saturn V, au fond de l'océan

L’un des 5 propulseurs F-1 de Saturn V, au fond de l’océan (crédit : Bezos Expedition)

Un moteur F-1 sorti de l'océan (crédit : Bezos expedition)

Un moteur F-1 sorti de l’océan (crédit : Bezos expedition)

Le milliardaire Jeff Bezos patron de cette expédition qui porte son nom et financée par des fonds privés, affirme sur son blog avoir  » découvert une merveille sous-marine –une incroyable sculpture de moteurs entrelacés, qui raconte l’histoire d’une fin violente et explosive, qui sert de testament au programme Apollo ». « Les objets en eux-mêmes sont magnifiques », écrit-il. « Nous avons photographié beaucoup de très beaux objets in situ, et nous avons maintenant récupéré de nombreuses pièces de premier choix ».

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Le concepteur du lanceur Wernher Von Braun posant devant sa machine dans les années 60

Jeff Bezos et son équipe comptent exposer deux des moteurs de Saturn V de la mission Apollo 11, une fois leur restauration terminée. Et forcément, après plus de 43 ans trempés dans l’océan, y a du boulot !

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Neil Armstrong est mort, vive Neil Armstrong !

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Neil Armstrong, l’homme qui ne signe pas d’autographe, n’en signera plus pour de bon.

Neil Armstrong premier homme sur la lune est mort sur terre de complications cardiaques.

Ainsi va la vie.

Sur ce blog, nous rendons hommage à l’homme. Celui qui a su choisir sa vie après l’exploit dont il a été l’auteur. Malgré lui, disait-il.

Neil Armstrong est mort, et cela ne changera rien à l’histoire de la conquête spatiale.

Son nom est inscrit en lettres d’or dans l’histoire, à jamais.

Il le savait.

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Voici Neil en quelques mots, si vous ne le connaissiez pas, quelques mots en forme d’hommage :

Neil Armstrong, né en 1930 à Wapakoneta dans l’Ohio a fait la guerre de Corée, il  était aviateur puis pilote d’essai avant de mener son premier vol spatial à bord du vaisseau Gemini 8  en 1966… l’une des missions qui précédait le programme Apollo qui devait mener l’homme sur la lune… c’est lui qui fut désigné commandant de la mission Apollo 11, la première pour laquelle un alunissage était prévu ce 21 juillet 1969. Lors de cette mission, lui et Buzz Aldrin sont descendus à la surface de la Lune et ont passé près de 2 heures et demi à se promener sur un sol extraterrestre…2 heures, rien à voir avec Gene Cernan et Harrisson Schmitt qui y ont passé 3 jours terrestres dans la mission Apollo 17 3 ans plus tard, mais voilà, c’est le premier pas qui compte. Armstrong est devenu un héros. Son nom est inscrit a jamais dans l’histoire de l’humanité

Neil homme ordinaire

Je ne méritais pas une telle attention disait Neil Armstrong lors d’une interview en 2005. Neil Armstrong était le premier, mais surtout le plus discret des 12 hommes qui ont foulé le sol lunaire. Suite à son exploit ce 21 juillet 69, il aura tout fait  pour protéger son image et sa vie privée. Il quitte d’ailleurs la Nasa dès août 1971, et se retire de la vie publique. Il  devient enseignant puis porte parole d’entreprises et figure aux conseils d’administration de plusieurs sociétés. Pas facile cependant pour ce héros absolu de passer inaperçu, dans sa ville et dans son milieu professionnel… il participe ainsi  aux commissions d’enquête sur les accidents d’ Apollo 13 en 1970 puis sur le drame de la navette Challenger en 86…depuis 2002, Armstrong  n’avait plus d’activités professionnelles et vivait dans la discrétion avec son épouse Carol… c’est un homme ordinaire qui nous quitte, l’histoire s’occupera du reste.

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Neil un homme silencieux

Neil Armstrong premier homme sur la lune était l’homme qui détestait les interviews. Impossible ou presque de le faire parler de son histoire, ce qui ne manquait pas d’alimenter l’imagination des négationnistes de la marche lunaire. S’il ne parle pas, c’est peut être que finalement la conquête spatiale n’était qu’une gigantesque mise en scène orchestrée par les américains pour ne pas perdre la face devant les russes et l’exploit de Gagarine en pleine guerre froide… Neil Armstrong surtout, était discret, et ce que la Nasa n’avait peut être pas considéré à l’époque, c’était à quel point la vie de cet homme allait être bouleversée par ce petit pas qui est un bond de géant pour l’humanité. Neil comme ses 11 camarades marcheurs lunaires se relèvera de son aventure avec des séquelles… célébrité subite, divorce, perte de repère… des 12 hommes qui ont marché sur la Lune, Neil restera le premier, et aussi le plus effacé d’entre eux.

Eh oui les amis… sur les 12 marcheurs lunaires il n’en reste plus que 8 en vie. Quel décompte morbide !

Pour me contacter n’hésitez pas, il suffit de cliquer ici !

41 ans après, Buzz signe toujours, Neil beaucoup moins

Il y a 41 ans jour pour jour – pour la première fois dans l’histoire de l’humanité – deux hommes posaient leurs quatre pieds sur la Lune.

 

Pas de célébration cette année, « 41 » n’a rien de « rond », or les rondeurs de la Lune appellent à la célébration des dizaines…40 étant passé, ce sera donc 50, dans 9 ans, pour le demi siècle. Une célébration que l’on entrevoit grandiose… on aura droit sans doute à une nouvelle réplique de l’Omega Speedmaster « 50th birthday », la célèbre montre de Neil et Buzz… peut être un nouveau poste de radio mondiale, signé « Buzz Aldrin »… pourquoi pas des « moon boots » Armstrong, et j’en passe.  Echappera-t-on à une campagne d’autographes à prix d’or si nos vétérans astronautes sont encore en état de les signer (ce que bien sûr nous leurs souhaitons) ?

 ( Buzz en plein boulot )



Les autographes de Buzz et surtout de Neil ( qui n’en signe plus, et qui mathématiquement fait flamber sa cote ) sont des denrées rares qui se vendent sur l’internet, principalement sur des sites américains spécialisés. 

C’est dans ce business qu’ont tenté de s’engouffrer deux américains : à l’aéroport international Logan de Boston le 13 mars 2010, un agent des douanes a ainsi proposé à Neil Amstrong  de l’aider à porter ses bagages alors que Neil revenait d’un voyage à l’étranger où il était allé rendre visite à des troupes américaines. Mais au lieu de rendre les papiers officiels de l’ex astronaute au département de la Sécurité Intérieure, le douanier (pas très futé) les a gardés dans sa poche… avec un complice présumé, il aurait ensuite tenté de mettre en vente un document signé par Neil, sur un site d’enchères en ligne.

 (signature de Neil ci-contre )

signature de Neil

Mais voilà. Les deux voleurs de signature se sont faits pincer. Ils ont été inculpés le 20 juillet ( tout un symbole ! ) pour vol de documents douaniers. S’ils sont reconnus coupables de vol et de transport illégal d’un document officiel, ils risquent théoriquement jusqu’à 10 ans de prison et 250 000 dollars d’amende…

Pour la petite histoire, il y a un an, j’ai passé une dizaine de minutes avec Buzz, en tête à tête. Un privilège qui m’a véritablement secoué. A la fin de l’entretien, lui jurant sur les écorces terrestre et lunaire réunies, que je ne revendrai JAMAIS son autographe s’il acceptait de me signer sa photo, Buzz a refusé.

Lune ou pas, business is business.

 

Précision : d’autres moonwalkers développent un commerce plus sympathique et plus abordable de leurs signatures. Je pense tout particulièrement à Charlie Duke (Apollo 16) et Edgar Mitchell (Apollo 14).

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Buzz dézingue le programme Constellation

2ème homme à avoir marché sur la Lune lors de la mission historique d’Apollo 11 en juillet 1969, Buzz Aldrin est sans doute le marcheur lunaire le plus facile à approcher. Globe-trotter, toujours prêt pour causer    (rarement gratuitement, nous dit-on ) et signer des autographes (jamais gratuitement, j’ai essayé ! ) , Aldrin bénéficie de cette étiquette de héros de la conquête spatiale qui fait de lui un surhomme. Une légende.  Au-delà, Mr Aldrin fut aussi un expert. Un vrai scientifique. Surnommé Dr Rendez-Vous, il a travaillé sur les techniques de rendez-vous en orbite entre engins spatiaux, et surtout il les a expérimentées ces techniques,  dans l’espace. En vrai !

Dans un récent article, publié début novembre outre Atlantique, et intitulé « Voici pourquoi nous avons besoin de meilleures fusées », Aldrin s’énerve contre le programme Constellation, qui est pour lui un très mauvais choix. Venant d’un moonwalker, la charge prend toute sa dimension. Voici l’essentiel de son analyse:

Le lancement d’Ares 1-X était spectaculaire, reconnait Buzz Aldrin.

Oui, c’est vrai, la fusée qui a décollé du pas de tir 39B fin octobre 2009 ressemblait bien à une Ares 1. Mais voilà, la ressemblance pour Aldrin s’arrête là.

La propulsion d’Ares n’étant pas prête, la Nasa a utilisé le système de propulsion de la navette spatiale. Le reste de la fusée n’étant pas prêt, un étage et un sommet factice ont été installés au dessus du premier étage. Pas davantage de capsule habitée Orion en haut de la fusée : elle n’est pas prête. Le système de guidage pour Ares n’étant pas prêt non plus, le programme du lanceur Atlas a été installé à la place. Ah si ! les parachutes pour récupérer le premier étage dans l’océan était prêts et bien réels… si ce n’est – ironise Aldrin – que l’un des trois parachutes ne s’est pas ouvert normalement et a causé des dommages au lanceur qui est tombé un peu trop vite dans la grande bleue au terme de son vol. Alors pourquoi continuer à dépenser des milliards de dollars dans un programme qui s’annonce si mal ?  Aldrin n’y voit qu’une réponse : des hommes politiques qui ne prennent pas les bonnes décisions.

Aldrin voit dans le lancement d’Ares 1-X une volonté de façade de montrer que le programme Constellation suit son chemin, alors qu’en réalité, il fait  selon lui, du sur place. Rien n’est prêt insiste-t-il, ni Ares 1, ni Ares 5 – le lanceur lourd – qui est encore sur les planches à dessin, plaisante l’astronaute d’Apollo 11. Pour Buzz, développer deux lanceurs est en soi une aberration : deux systèmes à préparer et surtout deux fois plus de dépenses. En plus, Ares 1 est trop petit, et Ares 5 trop faible pour propulser dans l’espace tous les éléments nécessaires à un hypothétique retour sur la Lune.

Alors que faut-il faire ? s’interroge Buzz.  Tout d’abord arrêter de dépenser l’argent du contribuable en annulant les programmes Ares 1 et Ares 5. Ensuite, avec l’argent économisé, construire une énorme fusée pour l’espace lointain, sorte de « retour vers le futur », plaisante l’astronaute qui avait volé dans la légendaire Saturn V.  Enfin, laisser les entreprises privées mettre au point des lanceurs susceptibles d’emmener les hommes en orbite basse, notamment vers la station spatiale internationale.

Aldrin apollo 11

Aldrin affirme avoir travaillé sur le sujet avec ses collaborateurs. Il propose un projet baptisé « Aquila » qui utilise au maximum les infrastructures existantes de la navette spatiale. Il reprend aussi le système de propulsion et le design des navettes, s’appuyant si nécessaire sur des moteurs existants fabriqués par Boeing. Pour Aldrin, pas besoin de dépenser beaucoup pour atteindre l’espace, à condition que le boulot soit fait correctement.

( Photo : Aldrin sur la Lune le 21 juillet 1969. La photo la plus célèbre de l’histoire de la conquête spatiale  )

Voici donc un point de vue bien tranché. Reste à savoir si la théorie de Buzz Aldrin – économiquement intéressante – correspond ou non aux exigences et aux réalités de l’espace aujourd’hui.