Guennadi Padalka : l’espace est sa maison !

Il s’appelle Guennadi Padalka. Ce cosmonaute russe de 57 ans commande actuellement la 44ème expédition de l’ISS, la station spatiale internationale.

Padalka dans l'espace comme dans son salon ( crédit Ria Novosti)

Padalka dans l’espace comme dans son salon (crédit Ria Novosti)

Si je vous parle de lui aujourd’hui, c’est que cet homme vient de battre le record absolu de temps passé dans l’espace : 803 jours au total. Il détrône le précédent record de son compatriote Sergueï Krikalev, surnommé le « dernier citoyen de l’URSS »… parti dans l’espace comme soviétique, il était revenu sur terre après l’effondrement de l’Union Soviétique…

Guennadi Padalka va en fait pulvériser le record de Krikalev : à son retour prévu le 11 septembre 2015, il aura passé plus de 877 jours au-dessus de nos têtes, soit 2 ans et 4 mois, mais pas en une seule fois : 5 vols spatiaux au total dont 4 dans l’ISS et 199 jours à bord de la regrettée station Mir.

Publicités

Sur Mars, fin de partie de cache-cache pour Beagle 2

Faisons aujourd’hui un bond en arrière de 11 années. Nous sommes à Noël 2003 – ce blog n’existe pas encore – et la sonde Beagle 2 de l’Agence Spatiale Européenne entame sa descente finale sur la planète Mars. La sonde, équipée notamment d’une bonne grosse foreuse, devait effectuer diverses analyses du sol martien pour y rechercher des traces de vie éventuelle. Mais voilà la sonde disparaît alors qu’elle est approche finale. Elle est déclarée définitivement perdue le 6 février 2004…

Beagle 2 tel qu'il aurait dû se déployer sur Mars (vue d'artiste)

Beagle 2 tel qu’il aurait dû se déployer sur Mars (vue d’artiste)

Janvier 2015… Beagle 2 réapparait ! C’est l’agence spatiale britannique – qui a conçu l’essentiel de l’engin – qui vient d’en faire l’annonce officielle. Cette découverte, on la doit à la vue exceptionnelle en haute définition de la sonde américaine MRO ( Mars Reconnaissance Orbiter ), l’un des engins terrestres actuellement en orbite autour de la planète rouge. MRO a repéré Beagle 2 – apparemment en un seul morceau – à 5km du bassin poussiéreux d’Isidis Planitia, le lieu prévu de son amarsissage. Voyez la photo ci-dessous. Bon d’accord, on ne voit rien. Faites un effort d’imagination.

Beagle 2 tel que vu par MRO. Son probable parachute et son bouclier arrière. (Crédit: University of Leicester/ Beagle 2/Nasa/JPL/University of Arizona)

Beagle 2 tel que vu par MRO. Son probable parachute et son bouclier arrière. (Crédit: University of Leicester/ Beagle 2/Nasa/JPL/University of Arizona)

Beagle 2 faisait partie de la mission Mars Express, première exploitation d’une autre planète du système solaire lancée par l’ESA, l’agence spatiale européenne. Sa découverte en un seul morceau (alors qu’on la pensait disloquée) est une bonne nouvelle : cela prouve à ses concepteurs que les phases complexes d’approche, de descente et d’atterrissage s’étaient bien déroulées, contrairement à ce que l’on pensait. Ce n’est que vers la fin de la procédure que Beagle 2 a connu un problème non identifié. Il aurait dû – une fois posé – déployer ses pétales et commencer à émettre. Peut-être que les martiens l’en ont empêché…

Pékin poursuit sa longue marche vers la Lune

Qui après Gene Cernan – le dernier américain à avoir posé le pied sur la Lune en 1972 – deviendra le 13è homme à fouler le sol de notre lumineuse voisine ? la compétition reste ouverte et les Chinois semblent toujours les mieux placés.

En ce début du mois de décembre 2014, la presse officielle chinoise annonce que Pékin a commencé ses travaux pour se doter d’un lanceur lourd capable d’amener des hommes sur la Lune. Cette nouvelle fusée – baptisée Longue Marche 9 – pourra placer 130 tonnes terrestres en orbite basse à l’horizon 2030.

La conception d’un nouveau moteur est nécessaire pour obtenir la poussée nécessaire. Actuellement les Chinois en sont à la version « Longue Marche 5 » de leur fusée dont un lancement est prévu prochainement. Pas de date annoncée côté chinois, le secret reste de mise, comme toujours.

Une fusée Longue Marche ( ici, la CZ-2F )

Une fusée Longue Marche ( ici, la CZ-2F )

Cet engin fera 8 à 10 mètres de diamètre et pèsera au moins 3000 tonnes au moment de son décollage. On pourra le comparer à terme avec le SLS (Space Launch System) actuellement en développement à la Nasa, et qui doit faire son premier vol fin 2018 selon les prévisions (optimistes) de l’agence spatiale américaine.

Que l’on soit en Europe, aux Etats-Unis ou en Asie, une tendance se dégage pour les années à venir : celle des lanceurs de grande capacité : SLS, Longue Marche 9, mais aussi Ariane 6. Que vont faire ces fusées ? rester en orbite basse ? nous faire retourner sur la Lune ? viser Mars ? En tout cas le chemin reste long et semé d’embuches. Longue Marche porte bien son nom.

Premier vol réussi pour la capsule Orion

Un vol qui rappelle aux nostalgiques les premières heures de la conquête de la Lune… la Nasa a testé pour la première fois  sa capsule Orion. Orion c’est le premier vaisseau américain depuis la capsule Apollo il y a près d’un demi-siècle qui avait emmené les hommes vers la Lune. Orion, c’est aussi le nouveau « ticket » des américains pour l’accès à l’espace…

La capsule Orion (partie en cône du dessin - vue d'artiste)

La capsule Orion (partie en cône du dessin – vue d’artiste)

Après une première tentative infructueuse le jeudi 4, Orion a été lancé avec succès ce vendredi 5 décembre 2014 de Cap Canaveral en Floride à bord d’une fusée à deux étages Delta IV, élaborée par la société ULA (United Launch System). Au programme : 2 tours de la Terre, avant un amerrissage en douceur et avec parachutes dans l’Océan Pacifique. Pour ce premier vol d’essai, il s’agissait de tester son bouclier thermique, et le vol d’essai est réussi. Les américains sont donc de nouveaux capables (en théorie du moins) d’envoyer des hommes dans l’espace. Ils ne l’étaient plus depuis l’abandon de la navette spatiale, et sont aujourd’hui encore, totalement dépendants des russes.

Orion ne devrait embarquer des astronautes qu’en 2021. Un survol de la Lune n’est pas exclu, mais évidemment pas d’alunissage… à terme , Orion pourrait ouvrir la voie à un voyage vers Mars, mais nous en sommes encore très loin.

Capsule Orion - vue intérieure

Capsule Orion – vue intérieure

En fait, les futures missions d’Orion au-delà de l’orbite basse dépendront du développement d’un nouveau lanceur de très grande capacité : le SLS, comprenez Space Launch System. Toute cette technologie coûte cher, très cher : la Nasa a déjà dépensé plus de 9 milliards de dollars pour financer Orion (qui faisait partie à l’origine du projet Constellation censé renvoyer des hommes sur la Lune, projet abandonné par l’administration Obama, voir au début de ce blog).

La vie sur Mars. C’est reparti pour un tour.

De façon régulière dans l’actualité de notre système solaire, la planète rouge revient sur le devant de la scène comme pouvant abriter une forme de vie primitive. Sur place plusieurs robots américains – dont le célèbre Curiosity – ont gratté et creusent toujours à la recherche d’indices…

martien
La théorie d’une possible vie microbienne sur Mars est relancée cette fois par une petite météorite tombée sur Terre dans le village de Tissint dans le Sahara Marocain le 18 juillet 2011. Sa chute avait pu être observée par plusieurs témoins, et sa récupération avait été rapide. La pierre a été logiquement baptisée Tissint.

Tissint

Météorite martienne Tissint (credit: Michael Farmer)

Depuis, plusieurs équipes de chercheurs ont confirmé que Tissint venait bien de Mars, et surtout qu’elle pourrait contenir des traces de carbone d’origine biologique.

Le débat est ainsi relancé.

Première spatiale : un robot se pose sur une comète !

Cela fait plus de 10 années que Rosetta a quitté la Terre pour mener à bien cette mission. La sonde européenne  a réussi ce mercredi 12 novembre 2014  à larguer et à poser un petit robot sur une comète. Une première dans l’histoire de la conquête spatiale.

L’atterrissage de la sonde Philae larguée par Rosetta a été confirmée ce mercredi à 17h03 heure française par le Centre Européen d’Opérations Spatiales (ESOC) de l’Agence Spatiale Américaine (ESA) de Darmstadt en Allemagne.

La comète 67/P photographiée par Rosetta en août 2014 à 285 km de distance (Crédit:ESA)

La comète 67/P photographiée par Rosetta en août 2014 à 285 km de distance (Crédit:ESA)

Rappelons le contexte

La sonde européenne Rosetta qui a déjà parcouru 6 milliards et demi de km, se trouve à 500 millions de km de la Terre. Elle escorte actuellement la comète 67/P Tchourioumov-Guérassimenko, qui file dans l’espace à plus de 65000km/heure, en direction du soleil.

Philae une fois posée, Rosetta au fond. (vue d'artiste)

Philae une fois posée, Rosetta au fond. (vue d’artiste)

La manœuvre d’atterrissage est totalement inédite

Rosetta s’est placée à environ 20km de la comète et a libéré Philae, un robot-laboratoire de 100 kg terrestres. Philae une fois largué, a entamé comme prévu une chute libre de 7 heures en direction de Tchourioumov-Guérassimenko, une chute lente car simplement provoquée par la faible gravité du noyau de la comète. Philae est équipé cependant d’un système interne qui lui a permis de garder sa verticalité pendant la descente et d’atterrir sur ses pieds, avec succès, ce mercredi 12 novembre 2014, à 16h35 heure française.

Atterrissage réussi !

Philae s’est posé dans une zone de la comète – baptisée Agilkia – sur laquelle il y a plusieurs centaines de rochers et des pentes importantes. 18 pour cent de cette zone était impropre à l’atterrissage et menaçait de faire échouer cette partie de la mission. Coup de chance, Philae a pu trouver un terrain propice pour s’accrocher à la comète avec ses 3 pattes.

Philae maintenant posé, a du boulot :  deux jours et demi d’analyses scientifiques intensives. Une opération de forage est même prévue. Ensuite le rythme sera adapté en fonction de la capacité de sa batterie. Philae pourrait fonctionner jusqu’au printemps 2015, avant de mourir de chaud quand la comète se rapprochera trop près du soleil.

 

Terre-Lune : les chinois tentent pour la première fois l’aller-retour

La Chine a lancé le 23 octobre 2014 une nouvelle sonde spatiale en direction de la Lune. L’engin a décollé de la base spatiale de Xichang dans la province du Sichuan (sud-ouest chinois ).

Pour la première fois, Pékin tente un aller-retour : faire atteindre à son engin ( Chang E 5 T-1)  l’orbite lunaire, et surtout le faire revenir sur Terre.

Le retour dans l’atmosphère devrait permettre un atterrissage en Mongolie Intérieure (nord chinois).

Capsule de retour sur Terre Chang E 5 T1 (crédit:CASC)

Capsule de retour sur Terre Chang E 5 T1 (crédit:CASC)

Objectif de l’opération : tester les technologies qui seront utilisées ensuite pour la véritable mission Chang E 5, prévue pour 2017. Il s’agira de ramener sur Terre des cailloux lunaires.

Cette mission fait suite à celle du « lapin de jade » (voir mes nombreux articles précédents ). Ce rover chinois s’était posé sur la Lune et avait commencé à y rouler, avant de rencontrer de sérieux problèmes mécaniques.

Les Chinois sont donc très actifs et ont toujours pour objectif de poser un homme sur la lune, près d’un demi-siècle après les Américains.