Un lapin à 6 roues attendu sur la Lune

Confirmation ce 26 novembre 2013 des autorités chinoises : Pékin va bien lancer dans quelques jours sa première sonde spatiale destinée à se poser sur la Lune.

Il s’agira d’un engin tout terrain à 6 roues –  sorte de Curiosity version lunaire et modèle réduit – doté de panneaux solaires, et surnommé « Lapin de jade ».

Lapin de jade

Tiens, un lapin ! ( vue d’artiste )

Ce rover  sera chargé d’effectuer des analyses scientifiques et d’envoyer vers la Terre des images en trois dimensions. D’un poids terrestre de 120 kilos, l’engin devrait alunir dans la baie des Arcs-en-ciel (Sinus Iridum), site choisi pour son côté « inexploré », et sa bonne localisation pour l’ensoleillement et la communication avec la Terre. Site situé sur la face visible, en gros en haut à gauche quand on regarde la lune dans le ciel, voici le zoom :

Baie des arcs en ciel - site d'alunissage prévu

Baie des arcs en ciel – site d’alunissage prévu

Le rover Chinois devrait rester opérationnel trois mois, et parvenir à se déplacer à une vitesse maximale de 200 mètres à l’heure.

Quel intérêt scientifique ? aucun ? peut-être pas tout de même !

En tout cas très limité. On l’a compris, la Chine vise la Lune depuis des années pour son image de nouvelle puissance spatiale. Elle est en compétition (avec l’Inde notamment ) pour devenir le premier pays d’Asie à poser un homme sur la Lune… qui dit prestige en tout cas, dit « petit nom » sympathique… le rover lunaire radioguidé a donc été baptisé « Lapin de Jade ».

Pourquoi « lapin de Jade » ?

Selon la légende chinoise, le lapin lunaire (ou lièvre de la lune) vit sur l’astre de nos nuits et y pile l’élixir d’immortalité dans son mortier… il a pour compagne Chang’E, célèbre déesse chinoise de la Lune. Cela nous ramène à l’ensemble des missions lunaires chinoises menées à ce jour : la sonde Chang E 1 lancée avec succès en octobre 2007,  puis Chang E 2 en octobre 2010 ( voyez plus bas dans ce blog, moult détails sur le sujet ! ) et maintenant Chang E 3, qui transporte précisément le « Lapin de jade », premier destiné à l’alunissage.

Rendez- vous donc dans quelques jours ( les Chinois entretiennent le mystère sur la date exacte) pour le lancement de Chang E 3. Ici-même.

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La ruée des petits engins vers Mars

Il y a eu une sonde indienne il y a 2 semaines, et voici venir Maven.

Maven en orbite - vue d'artiste

Maven en orbite – vue d’artiste

La Nasa a lancé de Cap Canaveral en Floride, à bord d’une fusée Atlas V, la sonde Maven pour « Mars Atmosphere et Volatile Evolution ». Comme son nom anglais l’indique, cet engin de 11 mètres de long et 2500 kilos terrestres, va analyser les couches de la haute atmosphère de la planète rouge, afin de tenter de comprendre pourquoi la plus grande partie de l’atmosphère martienne s’est perdue dans l’espace au lieu de rester autour de la planète, ce qui aurait permis à Mars de demeurer un environnement propice à la vie… ce grand changement s’est produit il y a près de 4 milliards d’années peu après la création du système solaire, transformant Mars en un désert rouge où l’eau s’est raréfiée…

Maven – qui a coûté 671 millions de dollars – est équipée de 8 instruments et 9 capteurs. Parmi ces équipements, un appareil français – un analyseur de vent solaire baptisé SWEA – a été mis au point par l’Institut Français de recherche en astrophysique et planétologie.

La sonde Maven devrait atteindre l’orbite martienne au terme d’un voyage de 10 mois.

L’Inde vise Mars, territoire quasi-exclusif de la Nasa.

C’est de la base de Shiharikota dans le golfe du Bengale que l’Inde a réussi à 10h08 heure française ce mardi 5 novembre 2013, le lancement de « Mangalyaan» (engin martien en hindi) ,  sa première sonde à destination de la planète rouge.

Rien à voir avec l’ambitieux robot américain Curiosity, il s’agit là d’une mission low cost, destinée avant tout à marquer les esprits et à tenter de casser le quasi-monopole de la Nasa : les américains sont à ce jour les seuls à avoir réussi à poser avec succès des robots sur la lointaine Mars, planète de tous les rêves des hommes, et première planète du système solaire potentiellement colonisable.

Mangalyaan - vue d'artiste

Mangalyaan – vue d’artiste

Alors, cette sonde indienne, c’est quoi ?

C’est un engin d’1,3 tonnes au décollage, d’un coût de 55 millions d’euros (c’est très peu pour une mission de ce type). La sonde est munie de capteurs destinés à mesurer la présence de méthane dans l’atmosphère martienne. Pas d’amarsissage prévu, mais une mise en orbite. La présence de méthane accréditerait l’hypothèse d’une forme de vie primitive, et ferait donc « jaser » sur Terre.  ( Mal barré à priori – voyez l’un de mes posts précédents – Curiosity en matière de méthane martien, a fait chou blanc ! Les indiens estiment que ce résultat n’est pas probant et ils comptent balayer l’ensemble de la planète pour montrer qui est le plus fort. ) Après un mois en orbite terrestre, période destinée à lui faire prendre son élan, Mangalyaan est attendu sur Mars dans un an.

L'engin en construction !

L’engin en construction !

L’engin a été conçu et produit en un temps record, il fait suite à l’échec d’une mission chinoise ( le satellite Yinghuo-1 , emporté par la sonde russe Phobos-Grunt, avait raté sa trajectoire vers Mars). Résultat : l’Inde a mis les bouchées doubles pour tenter de devenir le premier pays d’Asie à atteindre Mars.

Il s’agit donc pour l’Inde de rappeler ses ambitions spatiales, après une mission lunaire réussie en 2008, qui avait permis de révéler la présence d’eau sur la Lune. En termes d’image, l’Inde cherche à s’imposer comme leader mondial de l’innovation low cost ( la voiture la moins chère du monde est indienne).

La mission « Mangalyaan » (appelée aussi Mars Orbiter) risque d’être rapidement oubliée puisque dans deux semaines, la Nasa volera la vedette aux Indiens en  lançant une nouvelle sonde : la dénommée « Maven » sera chargée d’étudier la haute couche atmosphérique de la planète rouge. Nous en reparlerons.