Mars, un désert gorgé d’eau !

On sait depuis longtemps qu’il y a de l’eau en abondance sur Mars, mais principalement sous forme de glace dans les régions polaires. Un permafrost qui s’étend sur des centaines de kilomètres.  Pour ce qui est du reste de la planète, la présence d’eau est moins flagrante, la planète rouge ressemble surtout à un gigantesque désert. Mais voilà, le robot Curiosity  – en action dans le cratère Gale – a effectué des analyses, dont le résultat crée la surprise : il y a plus d’eau que prévu dans le sable martien.

Une mer sur Mars... délire d'artiste...

Une mer sur Mars… délire d’artiste…

Environ 2 pour cent du sol rouge de la surface est formé d’eau. Pour arriver à ce résultat, le rover américain a chauffé un échantillon de sol à 835 degrés Celsius. Les émanations ont dégagé des proportions significatives de dioxyde de carbone, d’oxygène, et de composés de soufre, mais l’eau était également l’élément gazeux le plus abondant.  On pourrait tirer environ 1 litre d’eau de 0,03 mètre cube de sable martien. On est loin des teneurs d’eau du sol terrestre, mais c’est plus que prévu pour Mars, et cela ouvre des perspectives pour les futurs explorateurs.

Le rover Curiosity - vue d'artiste

Le rover Curiosity – vue d’artiste

Alors évidemment, on pourrait penser que cette teneur en eau ne concerne que certains endroits de la planète, comme le cratère Gale, et que le reste est beaucoup plus sec. Non, disent les scientifiques, car Mars est recouverte d’une couche de sable qui se déplace au gré des nombreuses tempêtes de poussière, sur l’ensemble de la planète. L’échantillon prélevé serait donc représentatif.

MARS privé de Martiens !

Sur Mars depuis août 2012, Curiosity nous avait habitué aux bonnes nouvelles. Confirmation de la présence d’eau par le passé, signes d’écoulements anciens, laissant la porte ouverte à toutes sortes de spéculations. Cette fois ci, le rover américain met un coup de frein à notre rêve commun : celui de découvrir une trace de vie, passée ou présente, sur la planète rouge.

mars

Curiosity n’a détecté aucune trace de méthane dans l’atmosphère martienne. Or, ce gaz est souvent le signe d’activités biologiques. Sur Terre, il est produit à 95 % par des microbes. Rien de cela sur Mars, nous apprend le spectromètre laser ultrasensible embarqué dans le rover de la Nasa.

Les scientifiques ne s’attendaient pas à cela, d’autant que depuis 10 ans, les analyses effectuées soit par les observatoires terrestres, soit par des sondes en orbite autour de Mars, révélaient de présumés panaches de méthane dans l’atmosphère rouge.

De l’aveu même de Michael Meyer, responsable scientifique de l’exploration martienne à la Nasa, « ce résultat va important va aider à rediriger nos efforts pour examiner la possibilité de vie actuelle sur Mars ».

martien

Pas de martiens donc ?

Pas tout à fait. Michael Meyer poursuit : cette découverte réduit la probabilité de l’existence actuelle de microbes martiens produisant du méthane, mais il ne s’agit là que d’un seul type de métabolisme bactérien. Sur Terre, il existe de nombreux micro-organismes qui ne produisent pas de méthane.

Ouf. Merci de nous laisser rêver encore… de petits hommes verts.

Allez, on va essayer de s’en remettre ! d’ailleurs Curiosity ne se pose pas de questions. Le rover a repris sa route vers le Mont Sharp… il lui reste 8km à parcourir… une aventure qui lui prendra encore de longs mois…

Finalement, la Lune a une atmosphère. LADEE part l’étudier.

La lune va avoir de la visite…

Ce samedi 7 septembre 2013 au matin, la NASA a  lancé une fusée Minotaur V ( un missile intercontinental transformé ) du centre spatial de Wallops en Virginie.

Lancement LADEE (crédit:Nasa)

Lancement LADEE (crédit:Nasa)

A son bord, un vaisseau de la taille d’une voiturette de 383 kilos terrestres, baptisé LADEE, comprenez – in english – Lunar Atmosphere and Dust Environment Explorer. Un nom qui parle de lui-même, c’est un engin pour explorer l’atmosphère lunaire (ah bon, il y en a une ? ) et la poussière lunaire, dont on sait qu’elle est omniprésente. Plus précisément, il s’agit de récolter des données détaillées sur la structure et la composition chimique de la très ténue atmosphère sélène ( car il y en a une, oui oui !  ) , et de déterminer si de la poussière y reste en suspension.

LADEE - vue d'artiste

LADEE – vue d’artiste

3 instruments scientifiques dont deux spectromètres sont à bord.  LADEE n’est pas habité, en tout cas, il n’y a pas âme qui vive à bord, c’est rigolo de le préciser.  Coût de la mission : 280 millions de dollars.  LADEE va voyager pendant 1 mois, puis se placera en orbite lunaire pendant 140 jours pour faire son boulot.

Fusée Minotaur - Lancement LADEE (crédit: Nasa)

Fusée Minotaur – Lancement LADEE (crédit: Nasa)

Et alors pourquoi faire cet orbiteur ?  Voici 3 bonnes raisons.

1 – Les scientifiques espèrent recueillir des informations qui pourraient nous éclairer au-delà de la Lune, c’est-à-dire nous apporter des informations sur d’autres objets de notre système solaire, comme Mercure ou les grands astéroïdes.  Bref, mieux comprendre la diversité du système solaire et son évolution.

2 – L’histoire nous ramène aussi très loin en arrière : les experts veulent savoir si des grains de poussière pourraient expliquer le mystère de certaines lueurs observées par les astronautes des missions lunaires Apollo entre 1969 et 1972. Lueurs observées par les astronautes à l’horizon lunaire juste avant le lever du soleil.

3 – Enfin, il s’agit de mieux s’informer sur la Lune avant d’hypothétiques nouvelles missions humaines. Souvenez-vous à l’époque d’Apollo, on disait qu’il n’y avait pas d’atmosphère lunaire. La vérité est ailleurs : aujourd’hui – à la lumière des missions lunaires récentes – les scientifiques sont d’accord pour dire qu’il y a une « espèce » d’atmosphère, mais que celle-ci est si fine et fragile que même l’alunissage d’un nouvel engin pourrait l’affecter !  Or, les Chinois prévoient de faire alunir une sonde d’ici à fin 2014, et ils n’ont pas l’air de rigoler.  Alors, étudier cette atmosphère lunaire avant de reposer le pied, semble plutôt cohérent.