Mars : Curiosity confirme que l’eau y coulait en abondance

Au fond du cratère martien Gale, Curiosity continue d’explorer. Le robot américain de la NASA se trouve toujours dans la « baie de Yellowknife ».

Admirez ce beau panorama martien…

(Crédit : Nasa)

(Crédit : Nasa)

 

Curiosity donc poursuit ses explorations, avec notamment ce double cliché. Dans la partie gauche, vous avez une vue du sol de « Yellowknife Bay », et à droite le zoom correspondant au rectangle de gauche :

(crédit Nasa)

(crédit Nasa)

Sur l’image de droite, les flèches blanches pointent ce que l’on peut appeler des « veines », et les flèches noires indiquent des concrétions sphériques, autrement dit des agrégations de particules qui correspondent à des concentrations de minéraux. La présence de ces veines et concrétions laisse supposer que de l’eau en quantité est passée par là dans des temps reculés.  Ce cliché a été pris par la Mastcam de Curiosity le 24 décembre 2012.

Et pour le plaisir, voici une autre vue martienne, avec une petite portion de robot :

(crédit: Nasa)

(crédit: Nasa)

Curiosity : des p’tits trous dans les cailloux

Les responsables de la mission MSL le confirment : Curiosity va passer à une nouvelle étape cruciale de son observation de la planète rouge. Le robot américain de la NASA – après avoir photographié et creusé – va mener sa première mission de « perforation » du sol martien.

Curiosity sera dirigé dans les jours qui viennent à proximité de la roche qui a été sélectionnée pour être percée…  un caillou baptisé « John Klein » en mémoire de l’ancien directeur adjoint de la mission martienne, décédé en 2011. Il s’agit de prélever des échantillons à l’intérieur de la roche pour les analyser et en déterminer la composition chimique et minérale. Si un caillou précisément a été choisi, et pas un autre, c’est parce que les caméras de Curiosity ont révélé dans ce lieu ( le lieu photographié ci-dessous ) des caractéristiques géologiques inattendues, dont des veines, des nodules, des cailloux… un site bien différent de celui sur lequel s’est posé Curiosity en août dernier.

Lieu choisi pour le premier percement de roche martienne (credit: NASA/JPL-Caltech/MSSS)

Lieu choisi pour le premier percement de roche martienne (credit: NASA/JPL-Caltech/MSSS)

Selon les scientifiques – et précisément selon Richard Cook chef de projet de Mars Science Laboratory au Jet Propulsion Laboratory de Pasadena en Californie –  percer la roche pour collecter un échantillons sera la tâche la plus délicate depuis l’arrivée du robot sur Mars, tout simplement parce que cela n’a jamais été tenté auparavant.

Comme tout semble réussir à Curiosity, on n’est pas trop inquiet. Et on suivra cette opération inédite avec intérêt.

et voici  un lien super, pour suivre Curiosity en direct, cliquez  ICI

NWA7034 : beauté noire, origine rouge…

Le périple de Curiosity sur Mars est en train de fournir des informations fort utiles. Ainsi , selon une étude publiée le 4 janvier 2013 dans la revue Science, une météorite martienne vieille de plus de 2 milliards d’années – retrouvée récemment en Afrique du Nord – comporte une richesse inhabituelle en eau et des similitudes avec les roches analysées ces derniers mois par les sondes présentes sur le sol de Mars.

Cette météorite la voici, ci-dessous.

Meteorite Mars

NWA7034 (crédit:Carl Agee/AP)

Son nom scientifique, c’est NWA7034 ( NWA pour NorthWest Africa), et son surnom Beauté Noire (Black Beauty in original version). D’un poids terrestre de 320 grammes, Il s’agit d’une roche basaltique ( de la lave refroidie ). Sa composition est similaire à la croûte martienne. Elle contient environ 10 fois plus de molécules d’eau que les autres météorites martiennes retrouvées sur Terre.

Ce caillou contient également des isotopes de l’oxygène dont le mélange est différent de celui des autres météorites de Mars. Selon la Nasa, il pourrait provenir d’une « interaction avec l’atmosphère de Mars ». L’eau quant à elle pourrait provenir d’une source volcanique ancienne, ou d’un aquifère proche de la surface. Cette roche passionne en tout cas les scientifiques et les analyses sont loin d’être terminées. Elle peut être une référence importante pour la suite des travaux géologiques du robot Curiosity sur la planète Mars.

Pictured:   MarsPhoto Credit: JPL/NASA/Caltech

Si les météorites martiennes vous intéressent, sachez qu’ au total une centaine d’entre elles ont été retrouvées à ce jour sur Terre. On ne les reconnait  que depuis très récemment : leur origine a commencé à être déterminée dans les années 80 à partir de l’étude des gaz atmosphériques piégés à l’intérieur des roches.

Pour la petite histoire, il est possible d’acheter des particules de météorites martiennes sur Ebay et d’autres sites internet de VPC.  Mais de là à savoir si on ne se fait pas embobiner en achetant du gravier à prix d’or !… je ne saurais vous dire… si vous avez une idée là-dessus, vos commentaires sont les bienvenus !

Sur Mars, Curiosity se fait tirer le portrait !

En ce début du mois de janvier 2013, Curiosity poursuit son  chemin sur le sol de Mars. Le robot américain s’est offert comme cadeau de fin d’année terrestre,  un joli autoportrait « en situation ».

Voyez plutôt.

Autoportrait de Curiosity. (crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS)

Autoportrait de Curiosity. (crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS)

Cet autoportrait est le résultat d’un montage de plusieurs dizaines de clichés haute-définition capturés par le bras MAHLI  le 31 octobre et le 1er novembre 2012. Curiosity se trouvait alors sur le site dit «Rocknest », à l’endroit où a été réalisée la première prise d’échantillon de sol martien. Le massif se dressant au fond est le Mont Sharp.

Mahli, le bras de Curiosity qui prenait les clichés, a été éliminé du montage final de l’autoportrait. Du coup, on a vraiment l’impression qu’un martien prend la photo !

Cet autoportrait, ce n’est pas que de la frime :  la photo permet aux scientifiques de faire un point sur l’état général du robot américain, notamment sur l’accumulation de poussière martienne au niveau des différents éléments du rover.
Profitons également de l’image ci-dessous. Mosaïque réalisée le 22 novembre 2012.

(crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS)

(crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS)

Curiosity se trouvait près du lieu baptisé « Point Lake » pour une prise de vue de la dépression « Yellowknife Bay ». L’image fait 360 degrés, le sud est au centre.

C’est à y perdre le nord !

Décembre 2012 : discret double crash lunaire

C’était le mois dernier, et l’information est passée totalement inaperçue.

Deux sondes de la NASA se sont écrasées ( volontairement ) sur le sol sélène. C’était le 17 décembre 2012.
Les 2 sondes jumelles Grail – au terme de leur mission – ont été précipitées par les scientifiques de l’agence spatiale américaine vers leur destination finale : une zone montagneuse proche du pôle nord lunaire.

Leur orbite très basse et leur déficit en carburant les empêchait de mener toute expérience scientifique complémentaire.

grail 1 et 2

Ebb et Flow en pleine action au dessus de la Lune… (vue d’artiste – crédit : NASA)

Grail A et Grail B surnommées aussi Ebb et Flow avaient été lancées le jeudi 8 septembre 2011, à bord d’une fusée Delta 2, de Cap Canaveral en Floride.  Les sondes jumelles ont effectué des mesures de la gravité lunaire, révélant la répartition des masses, ainsi que l’épaisseur et la composition des différentes strates sélènes jusqu’au noyau. Les scientifiques veulent traduire ces données pour établir une carte haute définition du champ gravitationnel de la Lune.

Si le sujet vous intéresse, allez voir plus bas dans ce blog mon post de septembre 2011, ou tapez Grail dans le moteur de recherche.