Nouvelle mission en 2020 : le succès martien de Curiosity donne des ailes à la NASA

L’Amérique est le leader mondial de l’exploration de la planète Rouge. Ce n’est pas moi qui le dis mais Charles Bolden, patron de la NASA.

Effectivement, dans ce domaine – il y a peu – voire pas de concurrence… il y a bien les européens qui essaient de travailler avec les russes sur un projet baptisé Exomars, mais concrètement, les américains sont bien les seuls à balader  leurs engins radioguidés sur le sol de Mars la rouge.  L’agence spatiale américaine forte de l’impressionnant succès de la mission Curiosity annonce ainsi son intention de lancer un nouveau robot d’exploration scientifique sur Mars en 2020.

Il viendra s’ajouter aux autres projets déjà en préparation : le robot InSight attendu sur la planète rouge en 2016 pour étudier la formation de Mars et la structure de son noyau.  Plus près de nous,  dès l’année prochaine,  la sonde Maven  devra se placer en orbite martienne afin d’étudier la haute atmosphère.

Tout ce matériel viendra s’ajouter à ce qui est déjà sur place :  Curiosity – le plus gros des robots – arrivé sur Mars en août 2012, Opportunity toujours actif depuis son amarsissage en 2004, ( Spirit et Sojourner ayant quant à eux rendu l’âme ). Enfin 2 sondes américaines sont en orbite autour de la planète rouge.

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Ci-dessus, une image du film « Mission to Mars » de Brian de Palma (2000)

Et l’objectif de ce déploiement de force ?

Rions un peu. Non, je vous jure que ce n’est pas moi qui le dis : l’objectif de toutes ces missions robotisées serait ( je cite Charles Bolden ) de  répondre au défi du Président Obama d’envoyer des hommes sur Mars dans les années 30 …  2030 évidemment !… encore que… on pourrait penser 2130, sans trop se tromper…

Un peu d’histoire enfin

Les Américains sont bien les patrons sur Mars, mais ils ne sont pas les premiers à avoir touché son sol. L’URSS avait réussi à poser une sonde en mars 1971. « Mars 3 » – c’était son petit nom- avait fonctionné 20 secondes ! C’est peu… quelques années plus tard en 1976,  juste après la grande aventure lunaire, la NASA investissait le sable rouge avec les robots Viking 1 et Viking 2

Curiosity a bien détecté un élément organique sur Mars. Explications.

Un pseudo-scoop il y a deux semaines.

Un démenti la semaine dernière.

Et enfin des explications cette semaine. 

La NASA a donné une conférence de presse ce lundi 3 décembre 2012, pour remettre les pendules à l’heure sur les analyses faites par le robot Curiosity sur le sol martien :

Une fois encore, non. Le robot n’a pas découvert de traces de vie dans le cratère Gale. Mais l’un des instruments de Curiosity a bien mis la main sur un élément « organique » simple dont l’origine reste à déterminer.

Essayons d’expliquer les choses simplement, dans la mesure du possible

L’instrument SAM ( Sample Analysis on Mars ) a analysé des échantillons du sol de la planète rouge, en les chauffant afin de déterminer la composition des gaz qu’ils contiennent. Ainsi ont été trouvées des molécules d’eau, du soufre, et peut-être du perchlorate formé d’oxygène et de chlore. La NASA confirme lors de cette opération, la détection d’un élément organique simple à base de carbone, mais aucun composant complexe à base de carbone nécessaire à la vie microbienne. En d’autre termes, il y a bien un indice mais pas de preuves.

Cet élément organique simple pourrait ne pas être martien

C’est le 2ème élément qui fait relativiser cette découverte …. Cet élément organique a pu être apporté d’ailleurs, comprenez il a pu tomber sur Mars après avoir voyagé dans l’espace. Notre expert John Grotzinger, de l’Institut de technologie de Californie, nous rappelle ainsi que des matériaux cosmiques de composition organique tombent régulièrement sur la surface de nombreuses planètes. Il n’est pas exclu d’ailleurs que cet élément provienne de la Terre, apporté tout simplement par notre ami Curiosity !

A ce stade, rappelle le scientifique, la probabilité de trouver des signes de vie sur Mars demeure très faible. Et si découverte il y a, elle sera rendue publique. Ouf, nous voilà rassurés, la NASA promet de ne pas faire de cachotteries !

Selon les experts, c’est sur le Mont Sharp – destination finale du robot américain – que les chances de trouver des composés complexes nécessaires à la vie, seront les plus importants. D’ici là, Curiosity a du pain sur la planche et au moins 8 kilomètres à crapahuter !