La découverte historique de Curiosity sur Mars, c’était pour rigoler !

«  Les rumeurs et les spéculations selon lesquelles une  découverte majeure aurait été faite dans le cadre de la mission Curiosity qui est à ses débuts, sont erronées ». C’est par ces mots que la NASA a apporté hier un formel démenti aux propos d’un de ses scientifiques.

Un responsable de la mission qui avait évoqué à la radio il y a deux semaines, une découverte propre à « entrer dans les livres d’histoire » ( voir mes posts précédents ).  La NASA ajoute: « à ce stade, les instruments n’ont détecté aucune indication définitive de matière organique martienne ». Pas de trace de vie sur la planète rouge.

Tout cela était une blague, du « mal dit ».

John Grotzinger, le scientifique qui a "laché le morceau..."

John Grotzinger, le scientifique qui a « laché le morceau… »

Néanmoins, un démenti qui apporte encore de l’eau au moulin des uns… et des autres :

1/ les rationnels qui ( j’en fais partie ) pensent qu’il ne s’agit pas vraiment d’une maladresse, mais plutôt d’une volonté délibérée de provoquer le « buzz » sur l’internet, histoire de faire mousser l’agence spatiale américaine et sa mission.

2/ les illuminés et leurs amis, qui verront sans doute dans le démenti de la NASA une volonté d’étouffer une découverte majeure.  D’ailleurs le communiqué dit qu’il n’y a aucune indication « définitive » de matière organique martienne. « Définitive » laisse supposer qu’il y aurait une indication « non définitive ». Allez hop, on relance les spéculations !

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Pourquoi la Nasa joue-t-elle à ça ? 

Je me permets ici de rappeler qu’avec Curiosity, la Nasa a réussi à réveiller l’enthousiasme de passionnés de tous poils sur l’ensemble de la planète.  C’est entre guillemets la première mission susceptible d’intéresser le grand public à l’échelle mondiale depuis bien longtemps.  Les communicants de l’agence américaine l’ont compris, et alors que la NASA traverse sans doute la plus grande crise budgétaire de son histoire, un coup de brosse à reluire sur un succès scientifique est toujours le bienvenu, quitte à sortir du cadre strictement scientifique.

Les missions Apollo sont très loin, les mission STS c’est fini- les navettes sont au musée -, Curiosity  est la seule vitrine qui vaille pour les hommes qui ont réussi il y a près d’un demi siècle à conquérir la Lune.

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Temps de chien sur Mars !

Même si on le pouvait, mettre le nez dehors sur la planète rouge serait largement déconseillé. Pour des raisons évidentes : irrespirable pour l’homme, froid glacial toute l’année. Température maximale en été et à l’endroit le plus chaud de la planète : 20°c.

Quand en plus, le vent se lève, on en viendrait à se demander ce que l’on fait là.
 Personne ne fait rien là-bas effectivement, si ce ne sont nos amis robots expédiés par la NASA.

Ainsi, l’agence spatiale américaine observe depuis deux semaines la naissance sur Mars d’une vaste tempête de poussière. Observation rendue possible grâce à MRO – Mars Reconnaissance Orbiter – sonde en orbite autour de la belle rouge. MRO a relevé des changements atmosphériques qui prouvent que ça barde au sol : le 16 novembre 2012, MRO a signalé ainsi un réchauffement de l’atmosphère à environ 25 km au-dessus de la tempête. Depuis la température a bondi de 25 degrés C : il s’agit de l’absorption de la chaleur du soleil par la poussière soulevée par les vents qui se déchaînent au sol. Un réchauffement dû à la circulation atmosphérique a également été signalé à des latitudes proches du pôle Nord.

Vue au sol par MRO – La tempête est visible en blanc en bas.
(Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS)

Au sol, les instruments confirment : ainsi le robot Opportunity a bien mesuré ce changement de pression atmosphérique. Le rover américain (sur Mars depuis 2004) se situe pourtant à plus de 1300 km de la tempête. Une sonde qui annonce, et un robot au sol qui confirme, on n’avait pas vu cela sur Mars depuis les années 70 et les missions Viking.

Le robot Opportunity, sur Mars depuis 2004

D’ailleurs, si cette tempête s’étend, Opportunity pourrait être affecté car le rover s’alimente par énergie solaire pour son électricité, contrairement au nouvel arrivant, Curiosity, qui lui, est équipé d’un générateur nucléaire.

Une tempête sur Mars, rien d’étonnant en fait. Il y en a déjà eu de gigantesques qui peuvent englober la planète entière. Les dernières observations remontent à 2001 et à 2007. Les scientifiques savent désormais que ces tempêtes de poussière se produisent à certaines saisons, comme actuellement avec le début du printemps dans l’hémisphère Sud.
L’enjeu pour les experts est de comprendre pourquoi certaines perturbations demeurent « régionales » alors que d’autres finissent par se propager sur l’ensemble de la planète rouge.

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MSL Curiosity sur Mars : mission historique, forcément.

Quelle mouche a donc piqué les ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory de Pasadena en Californie ? Après des déclarations mystérieuses il y a quelques semaines sur les explorations de Curiosity ( voir mon post précédent ), voilà qu’ils remettent ça :

Un scientifique de la NASA -John Grotzinger qui dirige la mission Curiosity – a ainsi évoqué hier à l’antenne d’une radio américaine, une « découverte propre à entrer dans les livres d’histoire ».

Le robot américain aurait effectué sur Mars une découverte incroyable, mais les scientifiques seraient contraints de la boucler, avant que les résultats ne soient confirmés par des analyses complémentaires.

Il n’en faut pas plus pour lancer de nouvelles spéculations.  Des martiens sans doute !!!

La NASA a même dû calmer le jeu par la voix du responsable presse du JPL – Guy Webster – qui tempère, voire refroidit tout le monde : « il n’y a rien de spécifique à venir qui soit bouleversant, la mission dans son ensemble est de nature à entrer dans les livres d’histoire ». Point final.

N’empêche que. Le patron de la mission qui balance un début d’info et n’en dit pas plus. Il y a de quoi entretenir une certaine excitation.

Une fois de plus , on se demande si la NASA ne joue pas sur sa communication pour entretenir l’intérêt des internautes.  Réponse bientôt. Enfin, on l’espère.

Panoramique 360° (Crédit : NASA/JPL)

PENDANT CE TEMPS CURIOSITY SUIT SA ROUTE…

En attendant les martiens, voici les dernières nouvelles et les dernières photos :

Tout d’abord ci-dessus, une vue panoramique à 360 degrés réalisée le 5 octobre 2012 au 59ème jour martien. Le sud est au centre et le nord aux deux extrémités. Le Mont Sharp est au sud-est. La future destination de Curiosity – Glenelg ( voir mes posts précédents ) – se situe à l’est. Les traces des roues du robot sont visibles à l’ouest.

Rocher Et-Then (Crédit : NASA/JPL)

Ci-dessus, une photo faite par MAHLI le bras robotisé de Curiosity, le 29 octobre 2012, lors d’un stationnement sur un site martien baptisé Rocknest . La photo est prise à 40 cm de distance, et la taille du rocher est d’une vingtaine de cm.  Ce joli caillou a été baptisé  « Et-Then », reprenant le nom d’une île du nord-ouest Canadien.

Au même endroit, Mahli a réalisé ce zoom ci-dessous sur un rocher baptisé « Burwash ». On y voit de la poussière et du sable dessus. Cette photo est la combinaison de 8 clichés, pris à 11cm et demi de distance. D’un bout à l’autre du cliché, il y a 7,6 cm.

Rocher Burwash (Crédit : NASA/JPL)

Terminons ci-dessous avec ce « grattage » du sol martien réalisé sur le site Rocknest, les zones creusées font 5 cm de large.

(Crédit : NASA/JPL)

Le 5ème coup de pelle ( le plus haut au milieu du cliché) remonte au 9 novembre 2012. Le sable prélevé sur la zone grattée a été amené à l’intérieur de Curiosity pour analyse.

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