Les petits ruisseaux rouges de Mars

Comment dire…

Depuis que Curiosity est arrivé sur Mars, c’est comme si la conquête de l’espace – aussi modeste soit-elle – a retrouvé un peu de son attrait. On s’ennuie un peu moins, il y a des évènements susceptibles d’intéresser le grand public.  On est très loin de la grande aventure des années 60 et 70, mais bon, un robot roule sur une planète lointaine – Mars qui plus est – symbole de tous les délires d’artistes et d’écrivains, de tous les rêves des hommes. D’auteurs de science-fiction prolifiques comme Kim Stanley Robinson et son épatante trilogie, ou plus simplement de Ray Bradbury et de ses philosophiques chroniques… le site d’amarsissage de Curiosity porte d’ailleurs son nom…

Un robot  roule donc, sur une planète certes rougeâtre, mais plutôt désolée, et apparemment dénuée de toute trace de vie présente… ce robot de la Nasa vient de trouver les traces d’un ancien ruisseau…  « ruisseau », un mot qui charrie avec lui des images qui ne reflètent pas la réalité martienne… là sur Mars, sur le trajet de Curiosity, il s’agit d’un « ancien » ruisseau, totalement sec… en fait, des graviers et des cailloux provenant d’un ancien écoulement…

(Crédit: NASA/JPL)

Ci-dessus, l’ancien ruisseau, photo mosaïque prise par la MastCam le 14 septembre 2012.

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une découverte, puisqu’on sait depuis longtemps qu’il y a de l’eau sur Mars et que des canaux y ont été observés par les différents orbiteurs, mais bon, c’est tout de même la première fois que l’on peut observer des graviers qui ont été transportés par le l’eau martienne… des graviers datant probablement de plusieurs milliards d’années, dont la taille varie d’un grain de sable à celui d’une balle de golf.

A partir de leurs tailles, les ingénieurs de la NASA ont déduit que l’eau s’y écoulait à l’époque à environ 0,91 mètre par seconde, avec une profondeur d’environ 1 mètre. Toujours selon ces analyses,  la forme arrondie des cailloux indiquent qu’ils ont beaucoup voyagé, provenant sans doute de Peace Vallis, un canal situé sur le haut du bassin et qui rejoint l’écoulement alluvial. Pour comprendre mon charabia, regardez la photo thermique ci-dessous.

(crédit: Nasa/JPL)

Curiosity se trouverait ainsi au milieu d’un réseau d’anciens ruisseaux et rivières… sur la photo thermique ci-dessus, le rouge correspond à des zones moins froides que les autres. Le cercle correspond à la zone d’amarsissage-cible du rover, et la croix au lieu d’arrivée effectif de Curiosity, baptisé « Bradbury landing ».  Précisons que Curiosity se dirige vers le site Glenelg qui se trouve vers le bas à droite de la croix.

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L’Amérique rend hommage à Neil Armstrong

C’est aujourd’hui qu’est inhumé Neil Armstrong, le premier homme à avoir marché sur la Lune. Ses cendres seront dispersées en mer.

Et comme tout a été dit sur l’homme, sur l’astronaute, sur le personnage, je vous propose de ne pas en rajouter. La vidéo ci-dessous reprend l’intégralité de la cérémonie qui a eu lieu hier, jeudi 13 septembre 2012 en la cathédrale nationale de Washington. Vous pouvez visionner notamment le discours de Gene Cernan, dernier homme à avoir marché sur la lune en décembre 1972.

Je me contenterai de vous citer cette phrase de Gene Cernan : « Personne n’aurait accepté la responsabilité de cet exploit exceptionnel avec plus de dignité et plus de grâce que Neil Armstrong. »
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Fin des tests martiens pour Curiosity

L’aventure la vraie va pouvoir commencer.

Le rover américain Curiosity posé sur Mars depuis le 6 août 2012 est en train de boucler sa phase de rodage et de vérifications. La dernière journée de tests a lieu aujourd’hui, le robot devrait recommencer à rouler demain, direction Glenelg (voir les posts précédents).

Cette semaine de vérifications a permis de tester le fonctionnement du bras robotisé et du système de prélèvement d’échantillons au sol… et aussi de prendre quelques clichés, dont je vous livre ici une sélection, à commencer par cet autoportrait poétique datant du 7 septembre.

(crédit:Nasa/JPL)

Ci-dessous, cette pièce fixée sur le rover est utilisée pour les opérations de réglage de la caméra et pour mieux se représenter l’échelle des roches observées. Photo prise à 5 cm de distance de l’objectif, on distingue de la poussière martienne sur la pièce, qui remonte à la phase d’atterrissage de Curiosity début août

(crédit:Nasa/JPL)

Ci-dessous, une mosaïque de 9 photos datant du 9 septembre 2012. On y voit l’adhérence du sol martien aux roues du rover

(crédit:Nasa/JPL)

Ci-dessous, le fameux MAHLI, comprenez in english « Mars Hand Lens Imager », la caméra du bras de Curiosity, qui lui sera si utile durant cette mission.

(crédit:Nasa/JPL)

Terminons enfin avec cette jolie photo des 3 roues gauches de Curiosity, photographiée par le bras MAHLI le 9 septembre. Dans le fond, on aperçoit le Mont Sharp, qui sera d’ici environ 2 ans, la destination finale du rover martien de la NASA.

(crédit:Nasa/JPL)

Demain vendredi, Curiosity- 109 mètres au compteur – devrait rouler peut-être une quarantaine de mètres supplémentaires…

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Arrêt technique pour Curiosity sur Mars

Depuis le 4 septembre, Curiosity ne bouge plus sur la planète rouge.

Rien de grave ni d’imprévu, les experts du Jet Propulsion Laboratory de la Nasa précisent que cet arrêt technique va durer environ une semaine, le temps de vérifier tous les instruments embarqués et d’être prêts à faire un bon travail scientifique.
Rappelons que 10 instruments sont à bord.
Il s’agit notamment de tester le bras robotisé et le système de prélèvement d’échantillons au sol. Curiosity posé à jamais sur Mars, n’est pas pressé, les ingénieurs prennent donc le temps.

(crédit :JPL/Nasa)

Ci dessus, le bras de Curiosity vu par l’oeil gauche de la caméra embarquée appelée Mastcam.

(crédit: JPL/Nasa)

Ci dessus, le site d’atterrissage Bradbury Landing, la distance parcourue, et la première destination (Glenelg en rouge).Une image que l’on doit à la caméra HiRise (High-Resolution Imaging Science Experiment) de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter, qui tourne autour de la belle rouge.

Depuis son « amarsissage » le 6 août 2012, le rover martien a parcouru 109 mètres dont 30 mètres et demi le 4 septembre, ce qui constitue son record actuel. Il sera battu prochainement puisque visant sa destination finale – le Mont Sharp – Curiosity devrait rouler pendant au moins 3 mois à raison d’une centaine de mètres par jour.
D’ici là, il y aura moult étapes intermédiaires, la prochaine étant Glenelg ( voir photo ci-dessus, et plus bas l’un de mes posts ) où les premiers forages dans la roche martienne sont prévus.

(crédit : JPL/Nasa)

Ci dessus, autre vue que l’on doit à Mars Reconnaissance Orbiter. Les experts de l’université de Tucson en Arizona ont repéré le site d’atterrissage de Mars Science Laboratory ( qui a libéré Curiosity ). Parachute en bas du cliché.
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Voyager 1 flirte avec l’infini

Elle a été lancée il y a 35 ans, le 5 septembre 1977.

La sonde américaine Voyager 1 est désormais à plus de 18 milliards de km de la Terre. La Nasa vient d’annoncer que Voyager 1 est sur le point de quitter notre système solaire. La sonde devrait se retrouver dans « quelques jours, quelques mois ou quelques années », dans l’espace intersidéral.  Une information qui est d’une imprécision astronomique mais qui nous rappelle que l’échelle de grandeur spatiale n’est pas semblable à la notion de temps et d’espace que nous connaissons sur notre Terre.

Bref, Voyager 1 est déjà  ailleurs … dans un Espace inconnu et totalement inexploré. Cet Espace porte un nom : l’héliogaine qui précède l’héliopause. Il s’agit d’une région de transition entre notre système solaire et l’espace intersidéral. En gros, la sonde américaine est en train de sortir à tout jamais de la zone d’influence du soleil et du vent solaire, pour entrer dans le gaz interstellaire ou galactique, le même à partir duquel se forment les étoiles.

Vue d’artiste (crédit: NASA)

Etonnant voyage que celui de Voyager 1,  et celui de Voyager 2, autre sonde lancée à un mois d’intervalle, également en 1977, sur une autre trajectoire.

Ces 2 sondes ont embarqué des données, sortes de « bouteilles à la mer intersidérales »…  2 disques appelés « Voyager Golden Record ». Ils contiennent des images et des sons représentatifs de l’histoire de notre monde : un graphique positionnant la Terre dans l’Espace, une photo de fœtus, une structure de l’ADN, des cris d’animaux, de la musique… des messages également dans  55 langues.

La sonde et ses « disques »

Pour l’instant, la NASA maintient le contact avec ses deux engins qui continuent à collecter et à transmettre des données aussi précieuses que lointaines. Les ingénieurs espèrent pouvoir maintenir ce lien avec l’infini pendant encore une dizaine d’années…

Ensuite, les sondes poursuivront seules leur voyage…

Ça colle le vertige. Non ?
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Curiosity admire ses propres traces sur Mars

Retour sur l’évènement spatial de ce 2ème semestre 2012 : Curiosity roule sur Mars et nous sommes nombreux à dire qu’il n’y a pas beaucoup de photos qui circulent… le rover martien circulerait-il sur un sol vierge sans se préoccuper de son propre passage ? non, évidemment. Voici quelques photos qui parlent presque d’elles-mêmes, mais je vais me faire un plaisir de vous les commenter.

D’abord, celle ci-dessous, prise le 30 août 2012, un jour où Curiosity s’est déplacé de 21 mètres, voyez le superbe zigzag laissé sur le sol.

(crédit : JPL/NASA)

Continuons ci-dessous avec ce gros plan sur les roues du rover, on voit que le sol adhère aux roues, ce 28 août 2012, Curiosity avait roulé sur une distance totale de 16 mètres, c’est à dire sur une distance plus importante que les deux journées précédentes réunies.

(crédit : JPL/NASA)

 

 

Voyons maintenant ce cliché, pris le même jour que l’image précédente. La qualité est moindre, mais l’ambiance est glaciale. Les traces de Curiosity sont bien visibles. 16 mètres parcourus ce jour-là.

(Crédit : JPL/NASA)

 

Ci-dessous, zoom sur les traces des roues de Curiosity. Observez la constitution de ces traces : il y a des zigzags, et si l’on est un peu plus observateur, on repèrera des bandes droites plus ou moins courtes. Il s’agit là d’empreintes en code Morse, signifiant JPL, à savoir le nom du Jet Propulsion Laboratory de Pasadena en Californie où le rover a été conçu.

(Crédit: JPL/NASA)

 

Quel intérêt ?… eh bien il faut croire que les ingénieurs qui ont bossé sur ce bijou de voiture ont voulu se faire plaisir sans que cela se remarque trop… l’explication fournie est autre, il s’agirait en fait d’une sorte de « référence visuelle » pour aider Curiosity à se déplacer et à évaluer les caractéristiques du terrain : rochers, ombres et autres bizarreries martiennes. Curiosity aidé se son équipement informatique se sert ainsi de ces traces visuelles pour faire le point des difficultés ( patinage éventuel ou autre difficulté motrice sur terrain pentu ou sablonneux, etc…) et  gérer ainsi ses futurs déplacements.

 

Pour le plaisir, terminons avec ce joli cliché, déjà ancien en quelque sorte, puisqu’il remonte au 23 août 2012.

(Crédit : JPL/NASA)

Curiosity effectuait alors ses réglages avant d’entamer son périple. Au premier plan,  la zone d’atterrissage du rover, baptisée « Bradbury landing ». Vers le milieu de l’image apparait une sorte de dépression et s’ensuit un paysage martien couvert de dunes assombries… tout au fond, je vous invite à profiter de la base du fameux Mont Sharp. Un massif dont on n’arrête pas de parler depuis que le rover s’est posé au centre du cratère Gale. Le fond de la photo est à environ 16km de distance.

J’ose espérer que cette escapade martienne vous aura intéressé.

Prochain épisode de ce road-movie martien ici même rapidement, au rythme des révélations de la NASA et du JPL.

 

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