Service minimum pour Mars !

En ce début de semaine, l’administration américaine a soumis au Congrès son projet de budget pour 2013.
Une fois de plus, dans la liste des coupes budgétaires, figure la conquête spatiale. Ou plutôt la « non conquête »…

Après la fin du programme lunaire Constellation ( il n’y a plus rien à gratter sur le budget lunaire ! ), cette fois-ci, c’est Mars qui trinque : la Maison Blanche propose de réduire de 38,5 % par rapport à 2012, le budget consacré à l’exploration robotique de la planète rouge. Le budget est ramené à 361 millions de dollars, soit 226 millions de moins que ce qui était prévu.

ExoMars à la trappe

Concrètement, cela signe l’arrêt de mort d’un programme prévu avec les Européens : Exomars prévoyait l’envoi de deux sondes , la première en 2016, et la seconde 2 ans plus tard, pour effectuer des forages du sol rouge et ramener d’ici à 2020 des échantillons martiens sur Terre. La NASA devait y contribuer à hauteur d’1,4 milliard de dollars, et l’ESA l’Agence Spatiale Européenne, à hauteur d’1,2 milliard.

Un rover Curiosity, et ça suffit !

L’agence spatiale américaine dit vouloir ainsi « reformuler » son programme martien (C’est pourtant bien de réduction dont il s’agit).  La Jeep Curiosity de son vrai nom  « Mars Science Laboratory » est en route pour Mars qu’elle atteindra en août prochain, et par ailleurs la sonde « Mars Atmosphere and Volatile Evolution Mission », destinée à étudier l’atmosphère de la planète rouge, devrait être lancée l’an prochain.

MSL

Curiosity avant son "emballage" pour Mars (Crédit Nasa/JPL)

MSL

Curiosity sur Mars en août prochain on espère ! vue d'artiste (Crédit Nasa/JPL)

Des scientifiques consternés

Du côté des chercheurs, on est au fond du trou : le professeur d’Astronomie Scott Hubbard de l’Université Californienne de Stanford, parle de tragédie pour le monde scientifique. Pour Bill Nye, directeur général de la Planetary Society  – célèbre association de planétologues – ces coupes budgétaires risquent d’entraîner la perte d’un savoir-faire unique en matière d’exploration de Mars. Selon lui, ces programmes une fois arrêtés, risquent de ne plus pouvoir être relancés, à l’image de ce qui est en train de se produire côté Russe avec l’échec cuisant de la mission Phobos-Grunt. ( La sonde qui devait atteindre Phobos – satellite de Mars – a fini sa course dans l’Océan, après avoir raté son décrochage de l’orbite terrestre… )

Reste le rover Curiosity qui poursuit son petit bonhomme de chemin vers Mars. Seul espoir dans cette désolation budgétaire… rendez-vous en août 2012, ici-même, pour en parler…

Me contacter, cliquez ICI

Publicités

« Mission Lune », le nouveau rêve Chinois

L’information est passée presque inaperçue dans notre actualité de la fin de l’année 2011, à tel point qu’ici même nous n’en avons pas encore parlé, ou du moins… pas reparlé :  il ne fait guère de doute que si dans un avenir relativement proche, l’homme repose son pied sur la Lune, cet homme sera Chinois ( voir mon post intitulé « le 13èmehomme sur la Lune sera Chinois » ).

Le 30 décembre dernier, le China Daily titrait : « Mission sur la Lune à l’horizon »

Le quotidien commentait ainsi l’annonce par Pékin d’un ambitieux programme spatial sur 5 ans, contenu dans un « Livre blanc » consacré au domaine spatial, déjà le 3ème depuis l’an 2000. En voici les grandes lignes :

–          Etablissement d’une base de lancement sur l’île de Hainan dans le sud Chinois.

–          Construction d’une station spatiale permanente d’ici à 2020 ( après le succès, l’automne dernier, du premier rendez-vous spatial).

–          Poursuite du lancement de sondes lunaires ( Chang E2, 2ème sonde sino-sélène est actuellement en orbite, après le succès de Chang E1 )

La 2ème sonde lunaire Chinoise ChangE2 - vue d'artiste

–          Discussions « préparatoires » en vue de l’envoi  d’un homme sur la Lune. Sur ce point, le Livre blanc porte bien son nom, puisque le calendrier reste blanc sur fond blanc ! Une coopération internationale semble inévitable dans ce domaine tant l’entreprise est délicate. Même en terme de lanceur, les Chinois n’ont pas d’équivalent à la Saturn V américaine des années 60 et 70, même s’ils disposeront bientôt de la fusée Longue Marche 5, d’une capacité d’envoi de 25 tonnes en orbite basse ( contre 20 tonnes- par comparaison- pour l’actuelle Ariane V).

 

 

Contrairement aux autres domaines spatiaux, le programme des vols habités Chinois reste contrôlé par l’Armée. Il reste à ce titre à l’écart de toute coopération internationale. On comprend aisément l’enjeu pour les Chinois en terme d’image…

Pour mémoire, le programme habité a été lancé au début des années 90, principalement grâce à des achats de technologie Russe. Depuis 2003, la Chine est le 3ème pays derrière l’ex URSS et les Etats-Unis à avoir réussi à envoyer des hommes dans l’espace par ses propres moyens.

Pour me contacter, c’est ici.