Quand l’Europe dit vouloir la Lune…

La reconquête de l’astre de nos nuits n’intéresse plus les Américains. On le sait. Restent les Chinois, les Japonais, et dans une moindre mesure les Indiens. Tous ont envoyé des sondes ces dernières années, à des fins de cartographie principalement. En attendant qu’un jour , un homme y retourne.

Le retour de l’homme, on y croit encore…

Préparer des missions habitées. Cela semble intéresser aussi les Européens. L’ESA, l’Agence spatiale européenne vient ainsi de confier à la société Astrium ( groupe EADS ) une étude pour l’envoi d’un robot sur le pôle sud sélène. Préalable (dit-on) à des missions humaines.


Alunisseur ESA

( ci-contre, ce que pourrait être l’alunisseur européen)  Le contrat actuel s’élève à 6 millions et demi d’euros. Il doit déboucher d’ici à la fin 2011 sur la conception détaillée d’un véhicule d’alunissage, et d’un robot d’exploration. La société Astrium va s’appuyer sur les technologies de l’ATV (Automated Transfer Vehicle), vaisseau ravitailleur européen de l’ISS,  la station spatiale internationale. Il faudra cependant créer les systèmes de navigation et de propulsion.

Pourquoi le pôle sud ?

C’est un peu toujours la même histoire. Si les européens visent une région polaire, c’est pour les même raisons que les américains ou que tous les autres : on cherche une zone exposée en permanence aux rayons solaires, source d’énergie. On cherche aussi une zone contenant de la glace, donc de l’eau. Et de ce côté-ci, le petit copain de LRO -L-Cross -précipité sur un cratère polaire l’an dernier, a découvert ce que l’on cherchait. ( voir mes nombreux posts précédents sur l’eau lunaire )

http://www.dailymotion.com/swf/video/xeue7v_future-mission-europeenne-vers-la-l_tech?additionalInfos=0

Ci dessus, ce à quoi pourrait ressembler la mission (merci Sciences et Avenir )

L’Europe veut donc la Lune, mais ne nous emballons pas. Pas la peine de chausser les moon-boots, le contrat qui vient d’être signé ne concerne qu’une phase d’étude. La mise au point, la conception et les tests, sans parler du vol proprement dit, c’est pour bien plus tard. Dans le meilleur cas, le vol aura lieu… en 2018 !

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Somptueuses falaises lunaires

Non loin de la surface de la Lune, la très solitaire sonde américaine Lunar Reconnaissance Orbiter, LRO pour les intimes, poursuit son systématique travail orbital de cartographe de la surface. LRO

Nous lui avons déjà rendu hommage à maintes reprises sur ce blog, car LRO est bien la pièce maîtresse de la plupart des récentes découvertes concernant notre voisine, dont vous le savez, toute reconquête est mise entre parenthèses pour cause de crise économique mondiale.

Une fois de plus, je dis merci à LRO et aux experts qui l’entourent et la bichonnent, pour leurs enseignements, dont le dernier porte sur certaines « pentes raides » – ou petites falaises – présentes sur la surface, qui semblent nous confirmer que la Lune se « contracte ».

Explication

Selon un article de la Nasa publié le mois dernier, l’analyse d’images prises par LRO, révèle la présence de nombreux escarpements. Selon les experts ( notamment selon Thomas Watters du centre d’études de la Terre et des planètes, Smithsonian’s National Air and Space Museum, Washington ), ces pentes raides souvent arrondies – que nous appellerons « escarpements lobés » – sont relativement récentes dans l’histoire géologique de la Lune : moins d’un milliard d’années, peut être « seulement » quelques centaines de millions d’années pour certaines, contre 4 milliards d’années pour la Lune dans son ensemble.

Il y a une façon simple de s’apercevoir que ces escarpements sont plus jeunes que certaines régions lunaires : parfois ils traversent et « coupent en deux » en quelque sorte, de vieux cratères. Ces escarpements, dont certains peuvent avoisiner les 100 mètres d’altitude, sont la preuve d’une contraction de notre satellite, une lune qui n’est plus « morte » comme on le pensait encore récemment, mais qui est en action, en l’occurrence, en contraction. En évolution en somme. Comme nous tous.

(ci-dessus, l’explication du phénomène, in english. )

Pas une découverte proprement dite

On savait déjà que ces falaises existaient. Une expédition humaine a même pû s’en approcher, à savoir Gene Cernan et Harrison Schmitt qui s’étaient posés en décembre 1972 dans la vallée de Taurus-Littrow, dans le cadre de l’ultime mission Apollo. La 17. Ainsi le basalt contenu dans cette vallée s’est contracté pour former l’escarpement Lee-Lincoln. Lieu situé juste à l’ouest du site d’alunissage d’Apollo 17, site indiqué par la flèche ci-dessous. L’escarpement lobé est visible sur le centre-gauche. (photo Nasa)

En fait, la découverte proprement dite des « escarpements lobés » remonte à l’analyse des photos haute résolution panoramiques réalisées dès la mission Apollo 15. Observations confirmées par les missions suivantes. Cependant, comme toutes les missions Apollo se sont posées près de l’équateur, on pensait que ces petites falaises pouvaient être liées à une activité tectonique propre aux régions équatoriales de la Lune.

Ce n’est que très récemment – grâce aux observations de LRO – que l’on a pu dire que ces « escarpements lobés » sont présents sur toute la surface sélène, ce qui accrédite la thèse d’une contraction du corps céleste dans son ensemble. A ce jour, LRO a détecté 14 falaises que l’on ne connaissait pas jusqu’ici.

Ces escarpements ne sont pas propres à la Lune. Ils ont aussi été observés dans des proportions plus importantes sur Mercure, la planète du système solaire la plus proche de notre Soleil.

Aujourd’hui les chercheurs de la Nasa poursuivent leur travail d’observation, et cherchent notamment à voir si certaines de ces formations connues pendant les périodes Apollo il y a une quarantaine d’années, ont évolué depuis. Il suffit de les comparer avec les observations de notre amie LRO.

On recherche aussi les raisons de la création de ces failles et de ces falaises, notamment dans quelle mesure l’attraction de la Terre y contribue. La Lune par son influence nous offre bien les marées, il est raisonnable de penser que nous lui faisons quelque cadeau en retour…

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41 ans après, le premier pas fait toujours vendre

Juste un clin d’oeil aujourd’hui, celui que j’adresse à l’hebdomadaire Courrier International qui lance sa nouvelle formule et qui a choisi pour sa campagne de communication le thème de l’uchronie.

On y voit notamment JF Kennedy se déplaçant en voiture derrière des vitres pare-balles, et du coup échappant à son destin tragique.

C’est évidemment l’image ci-dessous que je retiens :

La reprise d’une photo légendaire de Buzz Aldrin lors de la mission Apollo 11, joliment détournée : ce sont les russes qui sont arrivés avant les américains.

Apprenez à anticiper, nous invite le slogan. L’évènement historique de demain se joue aujourd’hui, c’est l’évidence, mais nous l’oublions souvent.

En tout cas une belle campagne, pour un hebdo de qualité. Je salue ce travail.

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