L’eau lunaire : sous la régolite, la plage !

L’an dernier, on découvrait un peu d’eau sur la Lune, en 2010, cette découverte est à un tel point confirmée que l’on n’est pas loin de s’y baigner ! C’est une récente étude financée par la NASA, et publiée le 14 juin 2010 qui l’affirme : les sous-sols de la Lune abritent plus d’eau que toute l’eau contenue dans la région des Grands Lacs ! ( à la frontière du Canada et des Etats-Unis )

Plusieurs experts américains, dont ceux de l’ Institut Carnegie de géophysique de Washington, ont établi que l’élément liquide était présent déjà au moment de la formation de la Lune. Cela signifie que l’essentiel de l’eau contenue dans le sous-sol ne provient pas comme on le pensait dans un premier temps, d’astéroïdes, de comètes ou d’autres projectiles célestes qui se sont écrasés sur notre voisine au fil des millénaires.

 Pour en arriver à cette conclusion étonnante, l’auteur en chef de cette étude, Francis McCubbin, a analysé notamment 3 échantillons lunaires : une météorite et 2 roches ramenées par les missions Apollo. Sans entrer dans des détails chimiques qui m’échappent ( mais dont vous pouvez trouver des précisions en cliquant ici si ça vous intéresse ), notre chercheur a travaillé plus particulièrement sur l’hydroxyle , un composé avec un atome d’oxygène lié à l’hydrogène, et l’apatite, un minéral contenant de l’eau.

Selon les travaux de cette équipe de scientifiques, l’origine de la Lune serait le résultat de l’impact d’un objet de la taille de Mars, qui aurait percuté la Terre il y a 4 milliards et demi d’années. L’impact a mis une quantité énorme de matière en orbite autour de la Terre. Cette matière s’est progressivement compactée pour former l’astre de nos nuits. Au cours du refroidissement du magma lunaire, l’eau s’est en partie échappée, mais une autre partie a été conservée sous forme de molécules d’hydroxyle dans la cristallisation des minéraux.

Taurus Littrow Apollo 17



Sous cette forme, l’eau est donc présente en grande quantité chez notre sœur. Dans ses roches, dans son sous-sol. Partout. Une fois que l’on saura extraire cette eau, on pourra envisager de s’installer pour de bon au bord de la mer des Crises, dans la vallée de Taurus Littrow ou sur les hauteurs du Mont Leibniz.

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( ci-contre la vallée de Taurus-Littrow photographiée lors de la mission Apollo 17 en 1972 )

Sur la lune, le robot est l’avenir de l’homme

Les Lunokhods Russes vont-ils avoir de la visite ?

Si la NASA et le gouvernement fédéral américain ont abandonné l’idée de renvoyer des hommes sur notre voisine cendrée, une « course » ( j’insiste sur les guillemets, c’est une course d’escargots ) pourrait s’engager entre diverses entreprises privées avec cet objectif plus ou moins précis : poser un engin non habité sur la Lune, et le faire revenir ou non, avec un échantillon. En d’autres termes, 40 années après les « douze » d’Apollo, place aux seuls robots.

 Robot

Au début du mois de juin 2010, les entreprises américaines  « XCOR Aerospace » et « Masten Space Systems » ont annoncé qu’elles faisaient équipe sur un  projet de robot alunisseur. Un robot qui saura en fait se poser en douceur, que ce soit sur Terre, sur la Lune, sur Mars, sur un astéroïde, sur le parking du centre commercial d’en face, ou sur votre balcon s’il est assez grand. Et qui saura aussi en repartir tout seul, sans assistance.

Masten, c’est souvenez-vous ( voir mes posts de 2009 ) la boite qui a décroché un prix de plus d’un million de dollars lors d’un concours d’atterrissages/décollages en douceur organisé par la NASA l’an dernier dans le désert de Mojave. XCOR de son côté a travaillé pour l’agence spatiale Américaine sur la conception du fusée à propulsion au méthane, et maintenant elle se penche sur la conception d’un lanceur à décollage horizontal, qui pourrait atteindre les limites de l’espace.

L’objectif est de développer un système entièrement robotisé, donc non-habité, pour permettre de partir à la conquête de l’ensemble du système solaire. Au-delà de la Lune, cela sous-entend les astéroïdes, Mars, mais aussi Titan, très en vue actuellement.

 Ecusson Armadillo

Sur ce créneau, ces deux boites ne sont pas les seules. Citons la start up américaine « Armadillo Aerospace ». Installée à Mesquite au Texas, elle a des ambitions spatiales à la fois robotiques et humaines. Des géants se disputent aussi le marché du robot, et cela nous rappelle l’époque Apollo : Lockheed Martin, Boeing, et Northrop Grumman notamment, tenteront forcément de décrocher des marchés.

 

Le robot, plus efficace que l’homme. Oui, mais…


Si vous souhaitez pousser la réflexion plus loin, je vous conseille vivement l’excellent livre de Norman Mailer, intitulé « Bivouac sur la Lune ». Le pavé qui pèse plus de 600 pages nous plonge au cœur de la mission Apollo 11 et de son époque. Norman Mailer y expose notamment sa théorie de la « psychologie des machines ». Des machines qui parfois, réagissent comme les humains…  non. Je n’ai pas bu.

Allez, je m’arrête ici pour aujourd’hui.

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Ticket low cost pour l’espace : SpaceX marque un point

L’entreprise américaine SpaceX dont nous avons déjà parlé dans ce blog, a lancé avec succès le vendredi 4 juin 2010 une fusée Falcon 9.  L’évènement est passé totalement inaperçu de ce côté-ci de l’Atlantique, néanmoins, il s’agissait d’un vol d’essai important dans le cadre du développement d’un futur service de transport spatial privé, une option « privée » sur laquelle parie Barack Obama pour pouvoir réexpédier à moindre coût des hommes et du fret dans l’espace, sans devoir compter sur les Russes. Les Russes devenant, rappelons-le, le seul ticket pour l’espace, après la mise à la retraite des navettes spatiales ( cette année en principe ), et avant la mise en service de la capsule américaine Orion et de son futur lanceur.

Le lancement de la fusée Falcon 9 a eu lieu donc, à 20h35 heure Française, de la base de l’armée de l’air Américaine à Cap Canaveral en Floride. La fusée blanche de 55 mètres de haut au départ, s’est séparée correctement de son premier étage et le véhicule spatial Falcon 9 a atteint avec succès l’orbite terrestre 9 minutes après le décollage.

Rappelons ici que l’administration Obama entend consacrer 6 milliards de dollars sur 5 ans pour aider le secteur privé à développer des lanceurs fiables et moins chers.  La Nasa a déjà passé plusieurs contrats avec la boite SpaceX, une start up lancée en 2002 par Mr Elon Musk, le richissime créateur de la société de paiement par internet PayPal. SpaceX est censée pouvoir expédier du fret à la station spatiale internationale dès l’an prochain.

SpaceX

Parmi les déclarations enthousiastes après ce vol concluant, il y a celle de Russel Schweickart. L’ancien astronaute d’Apollo 9 ( qui pilota le module lunaire en orbite terrestre peu avant le premier pas d’Armstrong ) estime que SpaceX et les autres sociétés de lanceurs commerciaux incarnent l’esprit du 21ème siècle du programme Apollo ! 

Il n’a pas tort :   Une ambition au rabais, une compression des dépenses, des économies tous azimuts, un  désintérêt du public, l’absence totale de rêve.

On est bien au 21ème siècle Mr Schweickart !

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Mars 500 : le voyage martien, version terre à terre

Six volontaires originaires d’Europe, de Chine et de Russie se sont laissés enfermer le jeudi 2 juin 2010 pour près d’un an et demi, dans un espace confiné de quelque 180 m2, dans le cadre d’une opération baptisée Mars 500.

Mars 500

Objectif : simuler le voyage vers Mars et permettre l’étude des effets psychologiques et physiques d’un confinement de longue durée.

L’expérience se déroule à l’ IBMP, l’Institut des problèmes médicaux-biologiques de Moscou, en coopération avec l’Agence Spatiale Européenne.

 

Pour l’italo colombien, le français, les trois russes et le chinois qui participent à cette curieuse opération, il s’agira de faire semblant d’aller sur Mars pendant 250 jours, d’y passer 30 jours avec 3 volontaires qui iront fouler un sol martien de faussaire, et de jouer le jeu encore 240 jours pour le trajet de retour. 520 jours d’isolement.

 

Tout est simulé, y compris le temps de communication avec la Terre. Pas de femme à bord. On se croirait vraiment dans la vraie vie.

( La sympathique résidence de nos amis est sur la photo ci-contre, Mars étant dans le hangar marron, je crois.)


Je n’en rajouterai pas plus. L’expérience me semble bien triste et déprimante, comme l’est la conquête spatiale post-Apollo. 

Allez, un peu de mauvais esprit pour finir : j’irai bien parier que l’expérience n’ira pas jusqu’à son terme.

 

Mais je ne veux surtout pas vous priver du plaisir de cette extraordinaire aventure, voici le lien en Russe pour suivre ce confinement de mâles, rassurez-vous, il n’y a pas l’odeur…

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