Face à Obama, Neil Armstrong persiste et signe.

Armstrong

 Le très discret Neil Armstrong l’est de moins en moins. Le premier homme a avoir marché sur la Lune en 1969 poursuit sa croisade contre l’abandon par Barack Obama du programme Constellation de retour à la Lune.

Neil Armstrong s’est ainsi exprimé ainsi mercredi dernier devant le Congrès américain. Précisément lors d’une audition de la commission du commerce, de la science et du transport du Sénat. Selon l’ancien astronaute, le Président américain a été très mal conseillé en décidant d’abandonner le programme de son prédécesseur George W Bush.

Selon le légendaire Armstrong, Obama a pris sa décision en se fondant sur l’avis d’un très petit groupe agissant en secret. Petit groupe qui l’a persuadé qu’il y avait là une occasion unique de mettre son empreinte sur un nouveau programme novateur.  Neil nous dit ainsi : «  je n’ai pas encore trouvé quelqu’un à la NASA, au Ministère de la Défense, dans l’Armée de l’Air, à l’Académie nationale des sciences, dans l’industrie aérospatiale, et dans le monde universitaire qui avait entendu parler de cette décision d’annulation avant qu’elle ne soit annoncée.» Selon Neil, ni le patron de la NASA, Charles Bolden, ni le principal conseiller scientifique présidentiel John Oldren n’étaient au courant…

 Armstrong dans le LM

( Ce bon vieux Neil, dans le LM “Eagle”, à la grande époque en juillet 1969 sur la Lune, photographié par Buzz)

Bref, sous-entendu du premier des Moonwalkers, Barack aurait privilégié sa carrière au détriment de la conquête spatiale. Un point de vue que ne partage pas, rappelons-le, le 2ème des Moonwalkers et ex collègue de Neil, Buzz Aldrin, qui lui soutient le Président américain, et crache haut et fort sur le programme Constellation.  Buzz qui a même accompagné Barack pour le soutenir lors de son récent discours devant l’agence spatiale américaine. Voir plus bas mon post du 16 avril.

Beaucoup de bruit, donc. Et sur la Lune. Comme d’hab. Rien ne bouge.

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Tiens, si vous avez envie qu’ça bouge un peu sur la Lune, regardez “Moon” film britannique de Duncan Jones de 2009. Sortie Dvd Blu-Ray prévue le 16 juin. N’est bizarrement pas sorti en salles en France. Allez comprendre.

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Mieux qu’à la fête foraine, une éjection avec Orion !

La capsule Orion est donc sauvée.

Barack Obama l’a dit lors de sa récente intervention devant le personnel de la NASA, si le programme Constellation de retour à la Lune est annulé, le concept de la capsule Orion est conservé. Le lieu de vie des astronautes ne servira pas à aller sur la Lune, mais devrait servir à terme, de capsule de secours à l’ISS. Cette capsule dans une version sans doute moins grande que celle imaginée pour la Lune, sera amarrée à la station spatiale internationale en tant que véhicule d’évacuation d’urgence.

Cette capsule il faut donc… la construire.

Et logiquement, le travail a repris, avec comme première préoccupation la sécurité des astronautes, qui prendront place à bord du nouveau vaisseau : comment les sauver si un incendie se produisait sur le pas de tir avant le lancement, ou si la fusée porteuse une fois lancée, fonctionnait mal ?  L’agence spatiale américaine a ainsi testé début mai un système d’éjection d’urgence de la capsule Orion. Le test d’éjection s’est déroulé dans le désert du Nouveau Mexique :

Le mécanisme a projeté Orion à 720 kmh en seulement 2 secondes et demi, à près de 2000 mètres d’altitude. ( à cette vitesse là, mieux vaut avoir mis sa ceinture… ). Les parachutes s’ouvrent ensuite permettant à la capsule de redescendre relativement lentement sur la terre ferme ( à une vitesse de 8 mètres par seconde tout de même, là encore mieux vaut rester attaché ! ). Le système est prévu pour que la capsule retombe à environ 1,5 km du pas de tir.

Pour plus de clarté, voyez la vidéo ci-dessous :

Un reportage sur le test du 7 mai 2010 ci-dessous :


Bonne nouvelle, le système a parfaitement fonctionné pendant ce test. C’est une bonne nouvelle pour la poursuite du progamme spatial allégé des Américains.

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La disparition du « Pad Leader » Guenter Wendt

Guenter Wendt est décédé ce lundi 3 mai 2010  à Merritt Island en Floride. Il avait 85 ans.

Guenter Wendt

S’il n’est pas connu du grand public, surtout de ce côté-ci de l’Atlantique, cet allemand d’origine, devenu citoyen américain en 1965 après avoir servi dans la Luftwaffe pendant la 2ème guerre mondiale, était l’une des figures marquantes de la grande époque de la conquête spatiale américaine, et notamment du programme Apollo.

Il fut ingénieur mécanicien pour McDonnell Aircraft, et affecté aux plus hautes responsabilités dans les opérations de lancement des programmes habités, Mercury, Gemini, puis Apollo.

 Ce chef de pas de tir ( Pad leader in english ), connu pour son sens de l’humour, était le dernier homme à voir les astronautes, à leur parler, et à effectuer les ultimes contrôles avant la fermeture de l’écoutille, préalable au lancement. Il a su devenir leur confident et l’homme qui les rassure. Mais aussi l’homme qui leur porte chance.

 ( Guenter Wendt et Wally Shirra, préparatifs Gemini 6 – 8 décembre 1965 )Gemini 6

C’est lui que l’on voit à l’arrière, sur de très nombreux films documentaires de la NASA, dans les grandes années du programme lunaire. C’est lui que l’on voit se pencher au dessus des astronautes pour voir s’ils sont bien harnachés, si tout est « GO » pour le vol. C’était lui le maître absolu de la salle blanche, dernière salle avant l’embarquement des astronautes. Celui à qui il fallait à tout prix obéir au risque de se faire sortir.

L’astronaute John Glenn avait ainsi surnommé Guenter Wendt, « le Führer des pas de tir » !

Rien de péjoratif là-dedans, dit-on : Wendt avait le sens de l’humour, sa sévérité et sa rigueur dans les préparatifs étaient saluées par l’ensemble des astronautes qui risquaient leur vie dans chaque lancement. L’histoire voulut d’ailleurs que ce ne soit pas Guenter Wendt qui soit en poste le jour du drame d’Apollo 1 qui coûta la vie Gus Grissom, Edward White et Roger Chaffee…

Annonce télévisée du décès de Guenter Wendt, en anglais, ici

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