Et si certains évènements avaient modifié l’histoire ?

Il est des dates ancrées dans l’histoire qui nous paraissent immuables. Dans notre histoire personnelle, il peut s’agir de la date de notre naissance. Dans l’histoire de l’humanité, des dates semblent aussi gravées dans le marbre.

Par exemple, celle du premier pas de l’homme sur la Lune, dois-je vous le rappeler ? le 21 juillet 1969, ou le 20, selon les fuseaux horaires. Les américains décrochaient la Lune au terme d’une course acharnée avec les russes.

Et que ce serait-il passé si les évènements s’étaient déroulés autrement ?

L’échec d’Apollo 11

Imaginons un instant. Mission Apollo 11 en juillet 1969. Phase de descente sur la Lune pour la mission Apollo 11. Les Américains Neil Amstrong et Buzz Aldrin à bord de leur module lunaire proche de se poser, sont soudain percutés par des micro-météorites. Tous deux périssent et leur vaisseau s’écrase sur la Lune. Une mission historique tourne au cauchemar et tout l’avenir est à refaire. C’est le scénario choisi par les concepteurs de la Bande Dessinée « Jour J – Les Russes sur la Lune » qui vient d’être publiée aux Editions Delcourt.» 2 mois après la catastrophe, les Russes finalement prennent de vitesse les Américains en posant les premiers le pied sur la Lune !

L’uchronie, ou comment s’amuser avec le passé

Cette façon de changer l’histoire pour construire un autre avenir porte un nom : cela s’appelle l’uchronie. Autrement dit une évocation imaginaire dans le temps, le mot – absent de la plupart des dictionnaires – désigne en quelque sorte un « non temps », un temps qui n’existe pas. On ne le sait pas forcément, mais l’uchronie est bien présente en littérature ou au cinéma, de nombreux exemples sont disponibles en suivant ce lien.

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L’homme autour de Mars dans 20 ans. Chiche ?

Après avoir fait s’effondrer tous les rêves de futures conquêtes spatiales – avec notamment l’abandon du programme Constellation -, Barack Obama tente donc de reprendre la main.

Le président des Etats-Unis d’Amérique s’est rendu ce jeudi 15 avril 2010 au Centre Spatial Kennedy, près de Cap Canaveral en Floride, pour présenter  son approche de la conquête de l’espace, et réagir face aux vives critiques ( voir l’article plus bas).

Mars

« Nous ne sommes plus dans une course pour atteindre un seul objectif comme de se poser sur la Lune »  a déclaré Barack Obama. « En fait, ce qui fut une compétition mondiale est depuis longtemps devenu une coopération globale ». 

Barack Obama avait à ses côtés pour ce discours un allié de taille : Buzz Aldrin ( 2ème homme à avoir marché sur la Lune en 1969 ), Buzz Aldrin qui s’était élevé en termes très durs contre le programme Constellation ( Voir l’un de mes articles plus bas « Buzz dézingue le programme Constellation » )

Mars

Obama déclare donc : « Devrions nous essayer de retourner sur la Lune comme prévu avant ? Je dois carrément dire à ce sujet que nous y sommes déjà allés et que Buzz y est allé ».


Que propose donc Barack Obama ?

Développer et construire une nouvelle fusée, un lanceur lourd  dont le concept sera décidé en 2015. Cette fusée devra permettre l’exploration spatiale habitée vers des destinations lointaines.  « Nous pensons que d’ici à 2025 un nouveau vaisseau spatial nous permettra pour la première fois d’entreprendre des missions habitées au-delà de la Lune, dans les profondeurs de l’espace », déclare le chef de la Maison Blanche. « Nous commencerons ainsi à envoyer des astronautes vers un astéroïde pour la première fois dans l’histoire, et d’ici à 2030, je pense que nous pourrons mettre des hommes sur l’orbite de Mars et revenir en sécurité sur Terre, et ce avant de se poser sur Mars », poursuit le Président.

Avant cela, lancer des missions automatiques et robotiques d’exploration, en éclaireur, afin d’accroître la sécurité et les capacités des futures missions humaines.

>Obama–        Promouvoir les nouvelles technologies et des programmes d’essais pour augmenter les capacités et réduire les coûts des futures activités d’exploration spatiale.

Petite marche arrière sur le programme Constellation : finalement, on va développer une nouvelle version de la capsule habitée Orion. Elle servira à transporter les américains vers l’ISS et servira de vaisseau de secours à la station spatiale internationale.

A ce sujet, maintenir l’ISS au-delà de 2020, et accroître le nombre de jours que les américains passeront dans l’espace.

Augmenter de 6 milliards de dollars sur 5 ans le budget de la Nasa. Cela devrait permettre la création de plus de 2500 emplois dans la région de Cap Canaveral, où le chômage fait rage ( voir post précédent ).

Moderniser le centre spatial Kennedy.

Promouvoir le secteur commercial de transport orbital afin de permettre d’envoyer des astronautes et du fret dans l’ISS. Le secteur devrait engendrer 10 000 emplois aux Etats-Unis au cours des 5 années à venir.

Le projet est donc sur la table

Barack Obama tente manifestement de remotiver les troupes et a sorti pour cela son artillerie lourde, notamment le pétillant Buzz, plus « fun » que l’effacé Armstrong, qui critique la position présidentielle par courrier, mais qui ne se place pas sur le devant de la scène.

Les américains visent donc Mars. C’est dit.

Reste qu’entre le ferme « nous voulons aller sur la Lune » de Kennedy, et le « je pense que nous pourrons » atteindre Mars d’Obama, il y a une distance astronomique.

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Un petit mot de l’homme,une grande claque pour Obama

Les mots sont durs. Et venant de lui, ils font l’effet d’une bombe.
Neil Armstrong, le discret Neil Armstrong, l’inexistant Neil, celui qui refuse de s’adresser aux journalistes, qui ne signe jamais d’autographes, qui fait semblant d’être muet lorsqu’on lui pose une question, qui à près de 80 ans vit retiré de toute vie publique, est sorti de son silence pour dénoncer l’annulation par Barack Obama du programme lunaire Constellation.

Armstrong à l'époque( Armstrong à l’époque)

Le premier homme a avoir marché sur la Lune en 1969, l’extraordinaire Armstrong dont le petit pas figure dans tous les livres d’histoire et dont le nom est inscrit à jamais dans l’histoire de l’humanité, cet homme donc qui dans l’imaginaire collectif a côtoyé les Dieux, s’insurge contre une décision de Barack Obama, « dévastatrice » pour l’exploration spatiale américaine, condamnée à la « médiocrité » et au renoncement d’un demi siècle de suprématie absolue.

                                         Armstrong en 1999(Armstrong en 1999 )

La lettre ouverte de Neil Armstrong est co-signée par le dernier homme à avoir foulé le sol lunaire, Gene Cernan ( Apollo 10 et 17 ), et par l’astronaute d’Apollo 8 et 13 Jim Lovell. Tous trois se font les porte-parole d’un flot de critiques émanant du Congrès américain et de la Nasa. L’agence spatiale américaine, dont le centre Kennedy près de Cap Canaveral en Floride, doit perdre 60 pour cent de ses effectifs ( soit 9 000 emplois ) avec la mise à la retraite des navettes Discovery, Endeavour et Atlantis, prévue officiellement pour la fin de l’année. Un drame social pour cette circonscription où le taux de chômage dépasse déjà actuellement les 12 pour cent !                                                                  

                                                                                 

(  de gauche à droite, Eugene Cernan et James Lovell )

Cernan et Lovell

Cette lettre des héros de l’espace a sans doute pesé dans le choix du Président américain de se rendre demain au Centre Spatial Kennedy pour détailler la nouvelle approche spatiale des Etats-Unis après l’abandon de la Lune.

Abandonner la Lune… comment cela peut-il être possible ? Barack Obama aurait-il des regrets ?  réponse demain.

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