2009 : l’année de la découverte de l’eau sur la Lune.


Benjamin Bova, dit « Ben Bova », est un écrivain américain de science-fiction qui vit à Naples. Cet ancien journaliste, qui fut aussi un scientifique, est présenté comme un visionnaire : Il avait prédit la course à la Lune dans les années 60. On lui doit plus d’une centaine de livres, des romans et des nouvelles, évoquant notamment la conquête de Mars. Certains de ses romans ont été traduits en Français.

( Ben Bova )

Si je vous parle de Ben Bova aujourd’hui, c’est qu’il vient de publier en ligne un article très intéressant dans lequel il évoque l’avenir de la Lune. Précisément, l’année 2009 vue par nos descendants dans plusieurs siècles: les civilisations futures saluant la découverte cette année-là, d’eau lunaire. La notion d’anticipation y prend toute sa dimension, et c’est un beau texte pour tous ceux qui s’intéressent encore à la conquête de notre illustre voisine. Vous pouvez lire son post en anglais ici, ou bien préférer ma traduction intégrale, ci-dessous.

« Dans plusieurs centaines d’années, quand les historiens décriront l’année 2009, que retiendront-ils ?  Je ne pense pas que ce sera les changements politiques ou sociaux, la peste ou les styles artistiques. L’évènement le plus important de 2009 est bien la confirmation de la présence d’eau en grande quantité sur la Lune. Vous ne partagez pas mon point de vue ? Laissez-moi vous conter brièvement la centaine d’années à venir :

Vers le milieu du 21ème siècle, le Japon a mis sur orbite un satellite à énergie solaire. Transformant en permanence la chaleur du soleil en électricité, et fournissant une énergie propre à la planète Terre, le premier « Sunsat » a montré qu’il était plus facile de produire de l’énergie venant de l’espace que de s’approvisionner en hydrocarbures dans les pays du Moyen-Orient. Dans le même temps, les travaux de recherche industrielle réalisés au sein de la Station Spatiale Internationale et dans d’autres laboratoires en orbite ont montré que de nouveaux alliages de métaux, des composants électroniques, des médicaments, et divers produits à forte valeur ajoutée pouvaient être produits en orbite. En l’absence de gravité, les expériences chimiques sont devenues beaucoup plus efficaces. Des produits d’une très grande pureté ont pu être conçus dans le vide de l’espace, libérés de toute contamination potentielle. Par ailleurs, l’énergie pour ces opérations venait directement du soleil, sous forme de chaleur, ou en générant de l’électricité à partir de panneaux solaires.

En raison du coût élevé de l’expédition des matières premières vers l’espace, la rentabilité de tels produits ne pouvait pas être assurée auparavant. Des entrepreneurs-pionniers ont réalisé que la plupart des matières premières nécessaires pouvaient être extraites sur la Lune et transportées dans des usines orbitales à seulement un vingtième du coût d’un lancement de la Terre. La Lune devenant le lieu privilégié de la production spatiale puisque l’exploitation de son sol devenait possible dans cet univers hostile.

La lune sur la mer Baltique

La faible pesanteur lunaire ( un sixième de celle de la Terre ) et l’absence d’atmosphère ont permis de lancer des charges dans l’espace avec des propulseurs électriques, bien plus efficaces que les fusées. L’électricité nécessaire provenait, bien sûr, des grandes fermes à énergie solaire installées sur la surface poussiéreuse de la Lune. La présence d’eau lunaire a rendu bien plus facile l’installation d’infrastructures permanentes sur son sol. La production en orbite est devenue rentable. A terme, des usines seront établies directement sur la Lune.

Vers la fin du 21ème siècle, il y avait suffisamment de personnes travaillant dans l’espace et sur la Lune pour la création de lieux de vie spatiaux permanents. Une fois de plus, l’eau lunaire était une ressource inestimable. Vivre et travailler dans l’espace exigeait des capacités élevées de recyclage de l’air, de l’eau et des autres ressources nécessaires à la vie. Par exemple, l’eau utilisée par les hommes et les machines dans l’espace n’était pas jetée après utilisation ; elle était soigneusement recyclée. Des systèmes de recyclage mis au point pour les habitats lunaires et orbitaux ont été adaptés pour l’utilisation terrestre, contribuant à rendre la Terre des hommes plus propre et plus verte.

Inévitablement, des habitats permanents ont été développés en orbite, et sur la Lune. Les retraités ont été parmi les premiers résidents permanents de l’espace. Ils trouvaient les environnements en faible gravité beaucoup plus confortables comparés à la pesanteur terrestre. Les logements orbitaux devinrent au fil du temps, des villes de l’espace. La population vivant en permanence hors de la Terre a augmenté lentement, mais sûrement.

Pendant ce temps, la recherche de ressources naturelles s’étendit du voisinage de la Terre à la ceinture d’astéroïdes, où des millions de petits morceaux de roche et de glace flottent dans l’espace, entre les orbites de Mars et de Jupiter. Avec des vaisseaux propulsés par des moteurs à hydrogène, l’exploitation minière des astéroïdes commença à remplacer l’exploitation terrestre. L’humanité n’avait plus besoin d’exploiter les métaux et minéraux terrestres, les ressources venaient de l’espace, où elles sont mille fois plus abondantes que sur Terre. Grâce aux ressources énergétiques et aux matières premières spatiales, l’exploitation et la production se sont déplacées hors de la Terre, permettant à notre monde d’être utilisé comme une zone propre et résidentielle. La plupart des habitants restèrent sur Terre, mais une petite minorité travaillant dans l’espace a changé à jamais la civilisation humaine.

Tous ces progrès à venir, auront pour origine la présence d’eau sur la Lune. C’est pour cela que l’histoire humaine se souviendra de l’année 2009 pour les siècles à venir.

Ben Bova – post du 2 janvier 2010 sur Naplesnews.com – traduction A.K.

( pour ceux qui sont séduits, le site de Ben Bova est ici )

Crash LCROSS

( L’expérience du double crash:  ci-dessus, le cratère Cabeus dans lequel la Nasa précipita volontairement le 9 octobre 2009 un étage de fusée Centaur, suivi d’une sonde. Cette sonde L-Cross permit aux ingénieurs de découvrir des quantités importantes d’eau gelée. )

contact A.K.

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