MAGNIFIQUE !

Saluons ce mercredi 28 octobre, le lancement réussi d’Ares 1-X !

Superbe vidéo ci dessous :

Il s’agissait là d’un vol expérimental, destiné à tester les capacités de ce lanceur de nouvelle génération de la Nasa, successeur probable de la navette spatiale. Le haut de la fusée était factice, réplique destinée à juste simuler la charge utile de ce lanceur qui est tout de même le plus grand actuellement dans le monde. Seul le premier étage, chargé de combustibles, était destiné à être récupéré à des fins d’analyse. Son vol a duré un peu plus de deux minutes mais a atteint tout de même 45 000 mètres d’altitude ; cette partie a été ensuite freinée par ses parachutes afin de ne pas subir trop de dommages lors de sa chute dans l’océan Atlantique. Précisons qu’au total, il ne s’est écoulé que 6 petites minutes entre le moment du lancement et l’instant où le premier étage est retombé dans les eaux claires de l’océan. Les ingénieurs de l’agence spatiale américaine vont maintenant analyser toutes les données recueillies par les quelque 700 capteurs répartis sur l’ensemble d’Ares 1-X.

Compte tenu du manque de ressources budgétaires de la NASA, les ingénieurs n’avaient d’autre choix que de réussir ce vol, seul argument susceptible de convaincre l’administration Obama de ne pas tirer un trait sur le programme Constellation.

Même si l’on n’y croit pas vraiment, le succès de ce lancement du pas de tir 39B de Cap Canaveral en Floride, constitue tout de même un nouveau pas vers l’adoption de ce lanceur, et par extension un petit pas vers la reconquête de la Lune.

Rappelons qu’au delà de servir à transporter des hommes dans l’espace, Ares 1 est censée, avec son module Orion et sa soeur Ares 5, être l’élément central de l’ère post-Apollo : 4 hommes descendant sur l’astre des nuits, à bord d’un module lunaire baptisé Altaïr… bon d’accord, nous n’en sommes pas là, mais recliquez sur la vidéo ci dessus, c’est quand même magnifique !

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Ares 1-X : une journée à attendre l’éclaircie.

Ce mardi 27 octobre était une journée pour rien à Cap Canaveral.

Une matinée entière à attendre  -du lever du jour à la fin de la matinée heure locale-, que les nuages désertent le ciel de Floride et que le vent se calme…

nuages

Une matinée vraiment pour rien, Ares 1-X qui devait être lancée à 13h heure française, est restée sagement sur son pas de tir 39B, jusqu’à 16h et quelque… heure à laquelle les responsables de l’agence spatiale américaine ont finalement jugé bon qu’il était temps de reporter le lancement.

Le compte a rebours est resté ainsi bloqué à “moins 4 minutes”, pendant des heures. Déprimant.

Allez, on va se coucher. On recommencera peut être demain !

J moins 1 avant le vol « zéro » d’Ares 1 !

Ce mardi 27 octobre, malgré le lot de mauvaises nouvelles apportées par la commission Augustine ( voir article plus bas ), la Nasa va donc procéder au premier vol d’essai de son nouveau lanceur “Ares 1”.

Le lancement d’ “Ares 1-X ” ( X pour expérimental, restons calmes ) est prévu demain à 13h heure française, du pas de tir 39B du centre spatial Kennedy à Cap Canaveral en Floride. Si toutefois la météo joue le jeu.

Sur les 99 mètres et demi de la fusée, il n’y a que peu de contenu : il s’agit de tester le seul premier étage, qui est dérivé des deux fusées à poudre d’appoint de la navette spatiale, future retraitée de l’agence spatiale américaine.  Le reste n’est que “décor” et est destiné à retomber dans l’Océan Atlantique ( attention la tête, si vous nagez dans le secteur ). La partie testée retombera elle aussi dans l’eau, freinée par ses parachutes, elle sera récupérée pour analyse. La propulsion d’ailleurs ne durera que 2 minutes 30, le temps de voir si Ares est stable et sûr.

Ares 1-X au hangar Ares 1-X avant sa sortie du hangar !

Rappelons au passage que cette fusée est censée embarquer des astronautes à bord de la capsule Orion, d’ici à 5 à 7 ans. Sa stabilité est mise en doute par certains, en raison de sa silhouette très effilée, très fine, presque sexy ! Or plus un lanceur est fin, plus il risque d’être soumis à des vibrations au décollage… vibrations qui peuvent lui être fatales…

Si le vol se passe comme prévu, Ares pourra espérer exister un jour. En revanche, un échec serait très malvenu : vu les réticences de la commission Augustine, une défaillance de ce vol expérimental pourrait conduire rapidement à l’abandon de ce lanceur, pour un engin plus gros et plus puissant.

Lune, Mars, et programme Constellation : no budget !

Norman Augustine, ex patron du groupe Lockheed Martin, préside la commission d’experts indépendants qui s’est penchée à la demande du Président américain Barack Obama sur le financement des vols habités américains.
Cette commission a rendu public ce jeudi 22 octobre 2009 son rapport final sur la viabilité du programme Constellation mis en place par le précédent locataire de la Maison Blanche, George W Bush.

Pour l’instant rien n’est fixé – le dossier est à la Maison Blanche – mais comme prévu, le retour de l’homme sur la Lune s’annonce mal :

Le document de 155 pages confirme ce que l’on savait déjà depuis l’été dernier, il manque 3 milliards de dollars par an à la Nasa pour mener à bien le programme Constellation ou d’autres vols humains au delà de la Station Spatiale Internationale. En d’autres termes, le programme de Bush est trop ambitieux, et donc pas réalisable avec le budget actuel.

Néanmoins, la commission Augustine valide le principe de “la poursuite de l’exploration humaine habitée et de l’expansion de la présence de l’homme dans le système solaire” !
Ouf ! nous voilà rassurés ! La commission estime que les Etats-Unis doivent en la matière conserver leur leadership, mais qu’ils doivent aussi élargir leur collaboration à de multiples partenaires internationaux. ( pour des raisons technologiques ou purement financières ? )

Face à ce constat, que propose à Barack Obama la commission Augustine ?

1 – Retarder la mise à la retraite des trois navettes spatiales.

6 vols sont encore prévus jusqu’en septembre 2010. La commission propose de les étaler jusqu’au premier semestre 2011, pour assurer une sécurité maximum aux équipages et au matériel.

Discovery - STS128

(Lancement de Discovery,  mission STS-128 le 29 août 2009)

Elle propose même d’aller au delà de cette date, afin de limiter la durée durant laquelle les Etats Unis n’auront plus aucun moyen d’envoyer des hommes dans l’espace.
Non, non vous ne rêvez pas : les Etats Unis – ceux qui ont envoyé des hommes sur la Lune. Oui oui, les mêmes !  – n’auront plus la possibilité d’envoyer un humain en orbite dans la période comprise entre la mise à la retraite d’Endeavour, Atlantis, et Discovery, et la mise en service de la capsule Orion ( qui sera embarquée à bord d’Ares 1 ) !  Soit au moins 7 ans ! ( Orion est prévue pour 2017 au plus tôt )

Pendant des années, pour la Nasa, le seul moyen de rejoindre l’espace et l’ISS, sera d’accepter les services des Soyouz russes… ou de s’appuyer sur d’hypothétiques vaisseaux commerciaux ! Qui y croit ? quelle rigolade…

2 – Prolonger la vie de la station spatiale internationale.

ISS (L’ISS, station spatiale internationale)

La commission propose de maintenir en service l’ISS jusqu’en 2020 pour optimiser l’investissement dans cette station. Optimiser. C’est le mot que l’on retiendra.

3 – Mars à la trappe !

Fini de rêver les enfants ! Si la planète rouge reste la destination ultime de l’exploration humaine, il faudra la mettre de nouveau entre parenthèses. Ce n’est plus le premier objectif, estime la commission. Vous pouvez toujours vous consoler en lisant des romans d’anticipation ! Je vous conseille l’excellent “On a marché sur Mars” de Robert Zubrin, qui s’appuie sur le programme “Mars Direct”.

Mars direct ( dessin “Mars direct” )

Bonne nouvelle tout de même : les experts estiment qu’il est viable d’aller d’abord sur la Lune. Ouaaouh ! LRO va avoir de la visite !

C’est donc maintenant à Barack Obama de trancher ;  il est fort probable qu’il valide les recommandations de la commission Augustine.
L’homme retournera sur la Lune. Mais certainement pas en 2020.

Et peut-être pas avec les américains !

Les nouveaux conquérants

Doit-on forcément attendre les américains et la Nasa pour retourner sur la Lune ? Très clairement, seul le programme Constellation de l’agence spatiale américaine, possède à ce jour la voilure nécessaire pour assurer dans un délai raisonnable, une mission habitée. Subsiste le problème du financement.

D’autres pays sont pourtant engagés dans cette 2ème course à la Lune. La Chine en premier lieu, mais aussi le Japon, sans oublier l’Inde. Tous trois ont atteint l’astre des nuits, dans le cadre de missions non habitées. Tour d’horizon.

L’empire du milieu sur la Lune avec « Chang’E »

Le 24 octobre 2007, au Xichang Satellite Launch Center, la Chine a lancé “Chang’e 1” à bord d’une fusée Longue Marche 3A. Il s’agissait du premier pas des Chinois en direction de notre satellite, la sonde avait pour objectif de cartographier et modéliser la lune en 3 dimensions dans l’objectif lointain d’une mission humaine imaginée pour 2020. Le nom de “Chang’e” faisait directement référence à la déesse de la Lune et à une légende Chinoise très célèbre.

“Chang’e 1” le lancement :

Chang'e 1 - pas de tir

La sonde “Chang’e 1” d’une masse de plus de 2 tonnes était équipée de 8 instruments dont évidemment une caméra. Elle a été placée en orbite lunaire le 5 novembre 2007.

Chang'E 1

( la sonde Chang’e 1 )

“Chang’e 1” s’est écrasée sur la surface lunaire le premier mars 2009, après une mission de 16 mois.

Le Japon a su créer l’évènement avec « Kaguya »

Lancée le 14 septembre 2007 du Tanegashima Space Center au Japon, Kaguya se plaçait le 4 octobre suivant sur orbite lunaire. Lancée par l’agence Japonaise Jaxa ( Japan Aerospace Exploration Agency), cette sonde fait partie de la mission “Sélène” ( ça ne s’invente pas ! ). Sélène pour “SELenological and ENgineering Explorer”. Kaguya s’est stabilisée avec succès à 100 km de la surface lunaire. Dotée d’une quinzaine d’instruments, elle a pu fournir durant plus d’un an et demi toute une série d’informations, et notamment réaliser une cartographie de la Lune, avec une description précise de sa surface d’une résolution de 15 km, sur toute la surface. Beaucoup mieux que la cartographie des américains et de la sonde Clementine.  Le plus spectaculaire restera le travail de la caméra vidéo haute définition embarquée de Kaguya. On ne possédait pas cette technologie lors des glorieuses années Apollo.

Kaguya

( Clair de Terre et surface lunaire par Kaguya )

L’oeil de Kaguya en musique et commentaires “in english”, profitez des instants ci-dessous :

Kaguya permit une meilleure connaissance de la topographie lunaire. Le relief apparait rugueux, indiquant une croûte très rigide. Une rigidité qui implique selon les experts, l’absence d’eau. Information d’ailleurs récemment démentie.

Kaguya infligea également une première claque aux révisionnistes et théoriciens du complot. Elle put filmer le lieu d’alunissage d’Apollo 15. Sans voir les vestiges de la présence d’astronautes en ce lieu, ( ce que fera LRO plus tard l’été 2009, seconde claque, Messieurs ! )  le relief correspondait trait pour trait a celui de la mission habitée américaine menée à l’aube des années 70 par Jim Irwin et Dave Scott.

Le 10 juin 2009, après plus de 20 mois de vol, la Jaxa déclencha volontairement le crash de Kaguya en direction de la région du pôle sud lunaire, région décidément très prisée en matière d’impact d’engins spatiaux ! ( voir Lcross notamment )

Le crash a pu être photographié de la Terre.


L’Inde s’invite sur la Lune avec « Chandrayaan »

L’Inde, 2ème pays du monde le plus peu peuplé après la Chine avec plus d’un milliard d’habitants, se considère comme une grande puissance en soif de reconnaissance. L’Inde veut ainsi sa place dans le cercle restreint des Nations capables d’envoyer des engins en orbite, et plus largement, des Nations engagées dans la conquête spatiale. Et bien sûr, l’Inde elle aussi, veut la Lune.

Premier pas : Chandrayaan-1. Mise au point par l’ISRO ( Indian Space Research Organization), la sonde Chandrayaan a été lancée vers la Lune le 22 octobre 2008 de la base spatiale Sriharikota, à bord d’une fusée Indienne PSLV-C11. Objectif : cartographier la surface ( créer des cartes en trois dimensions ), analyser la composition minéralogique, étudier la croûte lunaire, rechercher de l’eau.

L’orbiteur Chandrayaan-1 embarquait ainsi un appareil de la Nasa chargé de réaliser une cartographie en haute résolution des minéraux, afin d’affiner les informations sur les origines et le développement de la Lune.

chandrayaan

Ci dessus sur l’image de gauche, un paysage lunaire vu à la lumière naturelle du soleil. Au centre, les différences de composition minérale mises au jour par Chandrayaan-1, à droite des détails sur le relief, avec une résolution s’appuyant sur les données thermiques.

Signalons que le 14 novembre 2008, Chandrayaan-1 a largué sur la Lune un impacteur qu’elle transportait, devenant la 4ème puissance à “écraser” un engin sur la Lune. ( après les Soviétiques, les Américains et les Européens ).

Suite à une surchauffe de sa protection thermique, le contact avec la sonde Indienne a été perdu le 29 août 2009. La mission s’est achevée 14 mois avant sa fin prévue, mais les Indiens se félicitent d’avoir mené à bien plus de 90 pour cent du programme scientifique, notamment la réalisation de plus de 70 000 photos numériques.

L’Inde a pris rendez vous pour Chandrayaan-2 en 2012, nouvelle mission avec un alunissage et un rover… nous en reparlerons.

Sauf erreur de ma part, à ce jour, seules deux sondes orbitent toujours autour de l’astre des nuits : l’indienne Chandrayaan-1, hors service,  et l’américaine LRO, opérationnelle. Au clair de la Lune, ayez une pensée pour elles !

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Ares 1 sur son pas de tir.

Le tout premier exemplaire expérimental de la nouvelle fusée « Ares », baptisé « Ares 1-X » vient d’être installé ce mardi 20 octobre sur l’aire de lancement 39B du centre spatial Kennedy de Cap Canaveral en Floride.

Pour l’instant, le premier lancement de la fusée nouvelle génération de la Nasa est programmé pour le 27 octobre. Par ce vol expérimental (non habité est ce nécessaire de préciser ?), l’agence spatiale américaine entend démontrer les capacités de ce lanceur. Il s’agit aussi d’analyser ce lancement pour effectuer des réglages, notamment des mises à jour informatiques. Tester les parachutes, etc.

Ares A Ares 1 (vue d’artiste)

Ares 1 est censé succéder à la navette spatiale pour l’envoi d’hommes vers l’espace. Ce n’est pas rien !  Il s’agira d’aller vers la station spatiale internationale une fois les navettes mises à la retraite, et de ne pas laisser les russes être les seuls à assurer le ravitaillement et le changement d’équipage de l’ISS.

Dans le cadre du programme américain Constellation, le lanceur Ares 1 devrait embarquer un jour ( au-delà de 2020…tristesse… ) ,  4 astronautes à bord du module Orion, pour un rendez-vous spatial avec le lanceur lourd Ares 5. Destination: la Lune ! Nous en reparlerons. Enfin j’espère.

Plus près de nous, l’administration Obama doit se prononcer ce jeudi 22 octobre sur la poursuite ou non du programme Constellation. Mal engagée, car il manque 3 milliards de dollars par an à l’agence spatiale américaine pour mener à bien la nouvelle course à la Lune.

LCROSS : l’invisible crash lunaire

La sonde LRO n’était pas la seule passagère du vol Atlas V lancé le 18 juin 2009 de Floride, dans le cadre du premier pas des américains dans la reconquête lunaire.

Il y avait abord également sa soeur la sonde LCROSS (Lunar Crater Observation and Sensing Satellite). Accompagnée de la fusée Centaur, elle a voyagé pendant près de 4 mois dans l’espace, avant d’être précipitée le 9 octobre dernier sur le pôle sud lunaire.

Lcross-Centaur

( vue d’artiste – “Lcross” sur le dessus et “Centaur” assemblés)

Une opération kamikaze qui consistait à provoquer un double crash dans le cratère “Cabeus”. A 13h31 heure française ce 9 octobre, la fusée Centaur percutait sa cible, soulevant un nuage de débris. Quelques minutes plus tard, la sonde LCROSS subissait le même sort, au même endroit, après toutefois avoir pris des clichés et récolté de nombreuses informations sur les débris projetés par le premier impact. C’était tout l’intérêt de cette mission, qui avait pour premier objectif de déterminer si le fond de ce cratère contenait ou non des traces de glace – donc d’eau – élément essentiel à une hypothétique colonisation de notre satellite.

Lcross avant le crash

( Vue d’artiste – “LCROSS” juste avant le crash )

La mission a atteint son objectif, même si la Nasa n’a rien pu montrer de l’impact, du moins en direct. Pas de trace du crash, pas d’images spectaculaires. Juste une salle de contrôle où quatre personnes applaudissent. Par comparaison aux années Apollo, on est en plein constraste !

La satisfaction viendra peut être des résultats de cette mission. Les experts y travaillent. Et nous attendons avec impatience d’en savoir plus sur les ressources en eau de notre voisine.

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